XXVI. L'Idolâtrie a eu plusieurs formes , et s'est ac
Sonrce de i**^--i* i^
ridolâiric ^^'^®. ^" diminuée par divers degrés; mais parmi d'où nous ces Variétés^ c'est une chose constante que tous sommes cioi- ^^^^^ ^^ ^j^ ^ jamais vu rendre sérieusement à la
gnes jus^à ^ * '
FinHai. créature quelque partie des honneurs divins., ont
erré dans la pensée qu'ils ont eue de Dieu. Les fausses idées qu'on a de Dieu, comme dit souvent
sua LE &EPEOCHB DE L*I]>OLAT&IE. fZ'JQ
Saint Augustin > sont les premières idoles que les hommes se sont forgées, et c'est 1^ le vrai principe de Fidolàtrie. Que si nous remontons jus-^ qu'à la source de l'erreur, nous trouverons que ridplâtrie vient au fond de n'avoir pas bien connu la création.
Elle n'étoit connue que du peuple Hébreu» Parmi tous les autres peuples on croyioit que la substance et le fond de l'être étoit indépendant de Dieu , et que tout. au plus il n'étoit auteur que de l'ordre , ou que sans avoir fait l'univers , il n'en étoit que le moteur.
C'est de là qu'est venue l'eireur qui a fait adorer le monde , soit qu'on le regardât comme Dieu lui -même, ou qu'on le considérât comme le corps dont Dieu étoit revêtu. On en adoroit le tout , on en adoroit toutes les parties , c'est - àdire, le ciel, la terre ^ les astres, les élémens, les rivière et les. fontaines, et enfin on adoroit toute la nature. Tout avoit part à l'adoration , parce que tout en un certain sens avoit part à rind^>endance : tout étoit coétemel à Dieu : tout étoit une partie de l'être divin : l'ame étoit dérivée delà, selon quelques-ims (0. C'est pour« quoi ils le regardoient comme étant ingénérable et incorruptible en sa substance. C'étoit une portion de la divinité. C'étoit un Dieu elle-même , dîspit cet empereur philosophe (^) , après plusieurs autres. C'est ce qui a donné Ueu. à l'erreur qui a consacré tant de mortels, et qui leur a fait rendre
(«) FUaon. — (») Marc-Auréle,
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les honnanrs divins. Les biens qcLÏh avoient procurés au pionde ont fait regarder lear ame comme ayant quelque chose de plus divin que les autres ^ et tout celai enfin étoit fondé sur ce que rien n*é<toit regardé comme absolument dépendant d*iine volonté souveraine , ni comme tenant d'autre que de ^oi le fcmd de son' être, xxvn.^ Le ministre y qui nous parle tant de ce& natures toit , selon niédiatrtces y et de ces esprits médiateurs , introles Platoni- duits par le platonisme y ne sait pas, ou ne songe
^*ëdiat?on * P^^ > ^^ ^^ ^^^^ P^ avouer de bonne foi , qu'on des démons , les y faisoit médiateurs de la création de lliomme, et combien comme ils Tétoient de sa réunion avec Dieu.
nous sommrs
éloignés de Ainsi la nature divine étoit inaccessible pour les cetu doctri- hommes , et ils n en pouvoient approcher que par les demi - dieux , qui les avoient faits , qu on appeloit aussi démons. U est certain que ces démons ou ces demi -dieux de Platon (0, furent adorés sous le nom de& anges , par un Simon le Magicien, par un Ménandre, par cent autres , qui dès Topigine du christianisme, mêloient les i^ veries de& philosophes avec une profession telle quelle du christianisme W. Mais si ces hommes^ aussi mauvais philosophes que mauvais chrétiens ^ avoient conipris que Dteu tire également du néai^l toutes les natures intelligentes , et les anges comme les hommes , ils n'auroient jamais pensé que les uns eussent besoin d'aller à Dieu par les autres, ni que , pour approcher de lui , il fallût mettre
(«) PlaL in Tint, — (») TertulL de Prœser. ». 33. Hieron, mdv. Lucif, Epiph. hœr. 60. Theod. fuer, Fab, lia* y, c. vu.
ne-.
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tant de dîffërencQ entre ceux qu'il avoit fonnés de la même main. La religion chrétienne ne counolt point ces entremetteurs , qui empédient Dieu de tout faire , de tout gouverner ^ de tout écouter par lui-même; et s'il a donné aux hommes un médiateur nécessaire , qui est Jésus- Christ , ce n^est pas qu'il dédaigne leur nature qu'il a faite ; mais c'est que leur pédié y qu'il n'a pas fait y a besoin d'être expié par lé sang du juste. C'est parlà que nous avons besoin de médiateur. Mais afin' que nous connussions que c'étoit notre péché et non pas notre nature qui nous éloignoit de Dieu ^ il a voulu que ce médiateur fût homme ; et il a si peu dédaigné la nature humaine y qu'il l'a même unie à la personne de son Fils.
Par ce mystère , l'idolâtrie devient comme îm- XXvm. possible au chrétien, et il ne peut y tomber Moy«Mque qu'en oubliant jusqu'aux premiers principes de vëspourfersa religion. Il ne peut plus y comme fa^soient les °>^ P^i^^ Païens^ égaler les hommes à Dieu; puisqu'il voit ^^^ ^^j^ ^^ que le genre humain étoit si éloigné de Dieu par Fidolàuie. n sonpécfaé^ qu'il avoit besoin d'un médiateur pour fj' «™pof »en approcher. Mais ce médiateur est homme; et égalera Diea quand il ne seroit que cela , aux! merveilles qu'il ^^ * itsùsr a faites et aux grâces qu'il répand sur nous, le genre humain, porté à diviniser ses bienfaiteurs, auroit tenté d'en faire un Dieu, et de lui rendré les honneurs divins. Pour prévenir cette erreur. Dieu, en incarnant son Fils unique, etf le faisant homme comme nous, a su faire de ce médiateur, qu'il nous donne , un Dieu égal à
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lui ; en forte (}u*on do se trompe pa$ de Tadorer comme tel. Mais de peur qu'on n étendit le même honneur à d'autres hommes excellens, on apprend tjae pour faire un Dieu de Jésua«> Christ ^ il a fallu lui donner outre la nature humaine , une nature plus haute ^ et qu il ne fût rieu moins qu'une des Personnes divines ^ à laquelle on rendit avec Dieu en unité un même culte suprême. Car si Ton avoit attribué notre rédemption ou notre réconciliation à la nature angélique. Ton auroit pu adorer leè anges; mais on ne le peut plus depuis qu'on adore en Jésus-Christ celui-là même qui a fait les anges , et que les anges adorent. Il n'y a donc plus moyen de lui rien égaler dans sa pensée , ni par conséquent de rien égaler à son Père et aU Saint-Esprit , auxquels seuls on le rend égal. Mais ne peut-il pas arriver qu'en le regardant en sa qualité de médiateur ^ qui l'approche si fort de nous, on lui donne des égaux par cet endroijt-là, et des médiateurs à même titre? Point du tout, puisqu'on ne le fait médiateur qu'au titre d'un mérite et d'une dignité infinie : ce qu'il ne pourroit avoir , s'il n'étoit Dieu et fils unique de Dieu , de même nature que lui. Gar s'il exerce sa médiation par une nature humaine, et par des actions humaines^ on cecon- Bott tout ensemble que tout cela seroit inférieur à cet emploi y si tout cela n'étoit élevé par la divinité même de cette personne ; et c'est ce qui nous est déclaré dans le mystère de l'Eucharistie , où Jésus- Christ exerce très -parfaitement son ofiice
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de médiateur f puisqu'il nous y consacre et nous y sanctifie par son coi*ps et par «on ^àng. Mais en même temps nous voyons qu'on ne nous sanctifie dans ce sacrement ^ ni par le corps d'un apôtre, ni par le corps d'un martyr , ni par le corps de la sainte Vierge, ni enfin par le corps d'aucun autre saint, si ce n'est par le tx)rps de celui qui est reconnu pour le Saint des saints. Ainsi TEucharistie jnéme nous dévoue et ,nous consacre à Dieu seul; non-seulement parce que l'objet à qui nous nous dévouons est Dieu, mais encore parce que le moyen qui nous y unit, en même temps qu'il s'approche de nous en tant qu'hommef, consomme notre unité en tant que Dieu. Cela eât cru dans l'Eglise, et y est cru très-distinctement, et y est soigneusement enseigné à tous les fidèles, dès l'enfance jusqu'à la vieillesse et jusqu'à la mort. Tous vos ministres le savent ; et si vous savez les presser , vous leur en arracherez l'avetf , malgré qu'ils en aient. Qu'on s'imagine, aprèé cela, par quel endroit l'idolâtrie pourroit s'intro^ duire dans un tel culte, et comment il seroit possible de rien égaler ou à Dieu , ou à Jésus- Christ , qui seul est un avec Dieu même. A cela qu'oppose-t-on ? Des chicanes que j'ai honte de rapporter, tant elles sont vaines, et qu'il faut néanmoins encore que je réfute ; puisqu'on ne cesse de les objecter, quoique cent fois réfutées.
Vous égalez , dit-on, vos saints à Dieu , puisque XXIX. vous leur érigez des temples , puisque vous leur ^;^^ ^^ *^ consacrez des jours de fêtes. Quoi ! n'y aura-t-il c'est : doctri-
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ne de l^Egli- point qujelque ministre assez officieux pour nous *rotettanu** décharger de Fennui de répéter cent fois la même chose, sans qu'on veuille nous écouter? Mais je n ai pas besoin d'un ministre officieux. Toute r Angleterre plaide notre cause , puisqu'elle célèbre comme nous les fêtes. des saints ; et pour ne manquer à aucua, même la fête de la Toussaint. Le calendrier où elles sont marquées , et l'office qu'on y fait ne sont pas encore abolis. Ils pourront l'être avec le temps , et tout cela peut devenir une ido^trie, s'il plaît au vainqij^eur C"^) (car il faudra bien subir la loi) ; mais on ne fera jamais qu'on ne les ait célébrées , ni que Bumet ^ qui ^ sans doute, n'eut jamais dessein de aousobliger, n'ait écrit qu'on devoit les célébrer , même par, principe de conscience ; « parce qu'aucun.de ces » jours n'est proprement dédié à un saint ; mais » qu'on les consacre à Dieu , en la mémoire des » saints, dont oa leur donne le nom(0 »; c& qui est de mot à mot notre doctrine , comme il paroit en tout et partout , par nos catéchismes ; et tout ce qu'on nous impute au-delà est une manifeste calomnie.