‹ Histoire des variations des églises protestantes, suivie des avertissemens aux Protestans, sur les lettres du Ministre JurieuChapitre 23 sur 55 · XI. Ce raisonnement du ministre, «« que la rela · texte numérisé non relu

XI. Ce raisonnement du ministre, «« que la rela

Fautses t^ tion de mari à ftmme ne peut non plus être *4*** gu™iô * «in^antie que celle de fils à père , à cause qu'elle divorce et 9 «st fondée sur des actions trèsHréeUes, qui nr Mw u sëpa- ^ peuvent pus n'avoii^ pas été faites (») », est - ^ mariés. pTfeuve constaute qu'il n-éniehd pas ce ']t H ait : car pour peu qu'il l'eût entendu , il auroit pu épargner à son lecteut* la peine de réfléchir sur èette action si réelle à laquelle il donne tant de fbrie; puisqn'après tout, ce n'est pas celle qui fait le mariage : autrement elle marieroit tous le» impudiques. Ijc mariage consiste dans la f(à*y dans le Reh , dans le droit mutuel qu*on a

0) £êtt. Txii,^. 49*

Tan sur l'autre ; et quand ou ô te ce droit , quand il ny a plus de foi conjugale^ et qu*oa résout le contrat de part et d*autre y on n'est non plus mari et fenuae que si on ne Tavoît jamais été.

Quand le ministre alloue ici la siparatiam ' de eorps et de biens (0 , il ne fait que confirmer de plus en plus qu'il parle sans entendre de quoi il s'agit; puisque si le mariage subsiste dans cet étal, ce n'est pas^ comme le dit ce docteur , pmree qme cette relation fondée sur une action si réeOe ne se peut jamais anéantir : c'est à cause que ce qu'on appdle la foi, le contrat, en un, mot y le lien du mariage subsiste toujours : ^utre-; ment chaimn des conjoints auroît la liberté dç b^ pourvoir; ce que la séparation de corps et d^ biens constamment n'opère pas.

A quoi servent donc tons ces détours , et tous ^n. les vains raîsonnanens de la lettre vni de M. Ju- vt! "

gre M. Ju-

rieuy si ce n'est à éblouir le& ignorans, et à se rieuses efaeâ donner un air de savant par des distinctions £ri-i ^® ^ Réforvoles? C'a été manifestement k ce ministre une rentcouverts foibksse digne de pitié, de prétendre faire ac:^ <^^^ étemel croire aux gens de bon sens y soit Protastans soit ^^^^ '^' Catholiques y que des docteurs qui ont permis exr presséaaentla polygamie^ ne se sont trompés que dans, le bit y et n'ont pas détruit un dogme cer* tain de la religion chrétienne , ni établi une er* reur judaïque et mabométane ; et tout cela pour qiieUe fin ? Pour prouver , en tout cas y que ci^ docteurs n'étoient pas des scélérats W ^ oar c'est tout ce qu'il prétend. N'est-ce pas là un beau fruit

0) Lett. nu, p* ^g. -^ (*) ihUL 5^, o. a.

3o8 QUATElèME AVERTISSEatBNT

de son travaU , et un bel éloge pour les Réfor-* mateurs du genre humain 7

Mais puisqu'U nous pousse jusque-là , comment veut-il donc que nous appellions , et comment veut-il appeler lui-même des gens assez corrompus, pour flatter Fintempérance d'un prince^ jusqu'à lui permettre la polygamie dont ils rougissoient en leur cœur , puisqu'ils prenoient tant de précautions pour la cacher (0^ des gens qui^ ayant honte de ce qu ils faisoient , le font néanmoins , de peur de choquer ce prince qui étoit Fappui de la Réforme ; qui leur déclaroit ouvertement qu il pouri'oit bien s'adresser à l'Empereur pour ,cettê affaire ; qui leur faisoit aussi entrevoir qu'on pourroit bien y mêler le Pape; qui leur faisoit craindre par-là qu'il pourroit bien échapper au parti; qui pour ne rien oublier, et gagner ces âmes vénales par les intérêts les plus bas , leur propose de leur accorder pour prix de leur iniquité tout ce qu'ils lui demanderoient ; soit qu^-cefûl les biens des monastères,- ou d*au^ ires choses semblables W 7 C'est ainsi que les traita le landgrave , qui assurément les connoissoit ; et au lieu de lui répondre avec la vigueur et le désintéressement que le nom de Râbimar teur demandoity ils lui répondent en tremblant (5) '.'Notre pauvre Eglise, petite, misérable et abandonnée a besoin de princes régens i^er- Uteux; tel qu'étoit sans doute celui-ci, qui vouloit bien tout accorder à la Réforme et lui de-

(0 Féir. liy, vi , it. 4 ^ 'kû'* — * ^*) ^"^ au Land, Vw. Uêf, ri, n.^.'^ {?) ContuU. de Luth. Far, li^, Ti« n. 7.

Sun LES LETTRES DE M. JVRIEV. JoQ

meurer fidèle , pourvu qu'on lui permit d^avoir plusieurs femmes en sûreté de conscience, à Texemple des Mahométans ou des Païens , et de contenter ses dësirs impudiqueSé ' Voilà ceux que votre ministre tâche d'excuser ; et « pour ce qui est du landgrave, à Dieu ne n plaise, dit-il (0, que je le justffie d'avoir eu un » désir si déréglé que .celui de prendre une se« » conde feihme avec celle qu'il avoit déjà ». Mais si ce prince est inexcusable , Luther et les autres cfae6 de la Réforme le sont beaucoup davantage, de lui trouver des excuses dans son crime et d'au-* toriser ^n impénitence. Au lieu d'être des Réformateurs, on voit par-là qu'ils ne sont que de ces conducteurs at^eughs dont le Fils de Dieu a prononcé non-8euI'ement.^V& tombent dans l'a-' èimCj mais encore quils y précipitent ceux çui les suivent i^). Je n'ai pas besoin d'exagérer da* Tantage une si grande prostitution de la théologie réformée : la chose parle d'elle-même; et quelque étrange qu elle paroisse dans^ la déduction qu'on en vient de voir, j'ose assurer qu'elle parottra plus odieuse encore et plus horrible quand on en verra l'histoire entière, comme elle est fidèkmentVapportée dans le livre des Variations.

Toute la Réforme est armée contre ce livre , et M. Bumet a interrompu ses grandes occupations pour y répondre, ou plutôt pour dire qu'il y répondoit Car on n'appellera pas une réponse quarante ou ' cinquante pages d'un pelit volume

W Leu. viir , p. 59. — W 9tatt. ir. 14.

3rO QUATRIÈME ÀTERTISSEUEirT

qu'il vient d opposer à cette histoire , sans avoir osé, attaquer aucun des faits quelle contient. G*est une nouvelle manière de combattre une histoire, que d'en laisser tous les faits en leur entier. Tous les 'autres qui se soulèvent contre celle-ci^ la laissent également inviolidale. On blâme , on gronde > on menace ; mais pouir les faits ^ on n'en a pas encore marqué un seul qu on accusé de Êiusseté; et en particulier M. Bumet a laissé passer tous ceux qu'on a avancés' sur son Cranmer et sur les autres Réformateurs* Ainsi on peut dorénavant tenir pour certain que Luther ^ Bucer et Melancton ne sont pas les seuls <|^ui aient flatté les princes intempérans. Il faut mettre encore en ce rang le héros de M. Burael^ et le chef de la Réformatîon- anglicane, M. Bumet continue bien à l'égaler aux Athanases y aux Cyrilles, aux Grégoires et aux autres grands saints ; mais pour le purger de sa perpétuelle lâdieté^ et de la honteuse prostitution de sa conscience , livrée à toutes les v<Jontés d'un mauvais prince; il n'y songe seulement pas. Nous parlerons à lui une autre fois , il ne faut pas mêler tant de matières, - lorsqu'on en veut donner l'intelligence. XIII. Au reste je suis bien aise de voir que les maxi-

Un miaia- mes dont M. Jurieu tâche de souiller l'a sainteté

tre tache vaî- j . . ^ • ii -^

ïiementàré- "" mariage, ne soient pas universellement ap-

primerM Ju- prouvées dans la Réforme. Pendant que nous

'^^^' • écrivions ceci, nous avions devant les yeux une

lettre, dont nous avons déjà dit un mot, d'un

ministre qui trouve aussi mauvais que nous, que

M. Jurieu « soit assez inaccessible aux conseils

. SUE IfBfl LETTABS DE M. JUEIEUi 3ll

» modérés ,1 pour oaer dkequwi mari dont la y fesunè éslcapûiie^atreles mains des Barbares, -^saiû espÉcanoe.de.'laipoiiyoir retirer, peut se » reianâer ; paroeqi» la'Hiéçessîié na point de » Ibiv ét.qne ie iacbeiut Dennèi^ de la polygamie j> eet^lus soute&able, «pie.les impuretés iné^*- 1» tables dans une perpétuelle séparation à ceux ji qai> n ont pas le tempénunent tourné du câté ji' de la continence (<) »• Ce ministre rougit pour fion confrère de ces néoessités contre l'ETangile, et de ofis impuretés ù^Mtnkhs^mxks que la prière, ni le |eùne y puissent apporter de remède. U Toit comme nous Tinconvénient de cette impure doctrine , qui introduirait le divorce et même la polygamie y aussitôt que Tun des conjoints seroit travaillé de. maladies , je ne dis pas incurables, mais longues; ou quil se trouvât d'ailleurs quelque empêchement qui les obligeât à demeurer séparés. Si cette doctrine avoit lieu, qu'y au<^ roit-îl de plus inhumain ni de plus brutal que la société du mariage ? Mais , en permettant de quitter sa femme , ou ce qui est bien plus détestable d'en prendre une autre avec elle en ca< de captivité; s'il arrivoit par hasard, que contre Tespérance du mari , sa femme fût délivrée , laquelle des deux demeureroit? Ou bien seroit- il permis à un chrétien d'en avoir deux ? M. Basnage en a honte , et il voudroit bien qu'on ne souffrit pas de tels excès. Mais M. Jurieu a pris le dessus et le traite d'ignorant. La Réforme ne

(0 J?^. ds Bf,,.. Ministre, *ur U sujet des prA, Proph, du Dauphin^, etc, p. 3, c. i.

3ia QUATRIÈME ÂVBATlSSBMBlTTy etC.

permet pas qu'on abandonne ses chefe^ ni qa^on en fasse les plus corrompus et les plus inâmes de tous les hommes. On aimera toujours mieux M. Jurieu qui les excuse, quoique pitoyablement, que 'M. Basnage tout prêt k les condamner. Aussi se tait «-on' dans les consistoires ^ les synodes sont muets : 'Mk Basnage lui-même ne reprend Terreur qu'en tremblant, et connue un homme qui craint la col^e envenimée d'un adversaire toujours prêt à se venger à toute outrance : car c'est ainsi qu'il en parle. M« Jurieu iriomphe, et la vérité est opprimée*

SUR

cobtre' ïi'HISTOIRE DES VARIATIONS.

LB foudement des empires rezitersé

PAR CE ministre.

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