‹ Histoire des variations des églises protestantes, suivie des avertissemens aux Protestans, sur les lettres du Ministre JurieuChapitre 25 sur 55 · X. On y accorde par décret exprès la Cène à un · texte numérisé non relu

X. On y accorde par décret exprès la Cène à un

Décret d«- ^])j)^ réformé à la nouvelle manière , parce que, node natio- sans se défaire de son abbaye dont le revenu naldeLjon, Taccommodoit , « il en avoit brûlé les titres, et

quicontraint ^ -^ • j • • v i

M Juriea à ^' ^ avoit pas permis depuis six ans qu on y cnan* se dédire. » tât messe ; ains s'étoit toujours porté fiïïèle-

» UEJXT , et avoit porté les armes pour MAINTE2IIR

» L EvÀifoiLE W ». Ce n'est pas ici un prétexte : ce sont les armes portées ouvertement pour TEvangile réformé, et cette action honorée dans le parti |usqu à y être récompensée et ratifiée par la réception de la Cène.

Oser vous dire après cela que ce n*est pas. ici une guerre de religion , c'est vous déclarer , mes Frères, qu'on n a besoin ni de raison ni de bonne foi , ni même de vraisemblance , pour vous persuader tout ce que Ton veut. Mais voici un cas bien plus étrange , et un décret bien plus surprenant du même synode national. Un ministre t/ui autrement s'était bien comporté, c'est-à-dire , qui avoit bien fait son devoir à inspirer la révolte ^ pour. réparer cette faute « avoit écrit à la Reine 3» mère , qu'il n'avoit jamais consenti au port des » armes, jaçoit qu'il y eût consenti et contribué ; » fut obligé à un jour de Cène de faii^ confession y> publique de sa faute devant tout le peuple » . et, pour pousser l'audace jusqu'au bout , à faire

(0 Var. ÛV. X , n. 36, 37. — O Far. ihid.

fllTft LES LETTRES DE M. /UlIVU. S^Q

entendre à la Reine sa pénitence ; de pear que cette princesse , qiii étoit alors régente y ne s^ima^ ^inât qu^on fût capable de garder aucune mesure avec eUe et avec le Roi. N*est-ce pas là déclarer la guerre y et la déclarer à la propre personne de la régente y et de la part de tput un synode national, afin qu'on ne doute pas que ce ne soit une guerre de religion ^ et encore de tout le parti? Mais on n'en demeure pas là. Pour éviter le scandale que ce ministrjs avoit donné à son Eglise en se repentant de son crime y et marquant ses soumissions à la Reine y on permet au synode de sa province de le changer de lieu ; en sorte qu'on ne le voie plus dans celui qu'il avoit scandalisé en se montrant bon sujet. Loin de se repentir d'avoir pris les armes ^ la Réforme ne se repent que de s'être repentie de les avoir prises ; et au lieu de rougir de ces excès y M. Jurieu répond hardiment : <c M. de Meaux doit savoir que nous » ne nous faisons pas une honte de ces décisions 3» de nos synodes ».

Mais si la Réforme n'avoit point de honte des XT. guerres qu'elle avoit faites pour la religion, pour- . ^^^f^ *?" quoi donc M. Jurieu ne les osoit-il avouer il y a Réforme : M. quelques années? Et pourquoi écrivoit-il que la ^""c»» «<"*religion s y etoit trouvée purement par accident ? tenirlcsgucr- C'étoit une espèce de réparation de ces attentats, res civiles que de tâcher de les pallier comme il faisoit : ^ , "**^''

* r condam-

mais maintenant il lève le masque. En parlant nées. de ses Réformés en l'état où ils sont en France, il déclare « qu'il faut être aveugle pour ne pas » vour que des gens à qui on renfonce la vérité

33o CINQITIÈME AVERTISSEMENT

n dans le coeur à coup de barre , ne se relèveront

» PAS LE PLUTÔT qu'ils POUEROHT ET PAE TOUTES

» SORTES DE VOIES (0 ». D'où U couclut que ft dans 3» peu d'années on veiTa un gi*and éclat de ce feu » que Ton renferme sans Fétoufler ». Ce n*est pas fieolement prédire , c est souffler la rébellion , que de parler de cette sorte. U ne dissimule point que les Prétendus Réformés n aient la fureur et la -rage dans le cœur : et c'est, dit-il W , ce qui for-tifie la haine quÙs affoient pour t idolâtrie ; dont il rend cette raison j que les passions humaines , telles que sont la rage et la fureur , sont de grands secours aux vertus chrétiennes. Voici un nouveau moyen de fortifier les vertus et des vertus chré" tiennes , que les apôtres ne connoissoient pas. Saint Paul a fondé sur la charité toutes les vertus chrétiennes : mais qu'a-t-il dit de la diarité, sinon , « qu'elle est douce , qu'elle est patiente , » qu elle n'est ni envieuse ni ambitieuse , qu'elle » ne s'enorgueillit point, ni ne s'aigrit point (3) » ? Et notre docteur nous dit qu'elle est furieuse. Quelle vertu, quelle vérité, quelle religion est celle-là, qui emploie jusqu'à la rage pour se maintenir dans un cœur? C'est ainsi que sont disposés les Réformés selon M. Jurieu , et c'est ainsi qu'il les veut. Car il n'oublie rien pour nourrir en eux ces sentimens qui les portent à la révolte : et pour les y exciter il fait une lettre entière (4), où sans pallier comme auparavant le crime des guerres civiles, il entreprend ouvertement de les

(0 jlcùomp. des Proph. Avi* à tous tes ChréL -— C*) IhiJ^ — C'j /. Cor, XIII. 4> -^ Cl' Jur. LeU. ix.

SUR LES LETTRES DE M. JtJRIEr. 33l

justifier. Lui qui faësitoit auparavant , ou plutôt qui sans hësiter décidoit, comme on vient de voir, que ces gueiires contre son pays et son prince légitime y étoient contraires à l'esprit du christianisme et aux règles de rEvansïle , trop heureux de pouvoir les excuser par les règles de la morale con^ompue du monde , dit maintenant à la face de l'univers et au nom de toute la Réforme : Nous ne nous faisons pas une honte des décisions de nos synodes , qui ont soutenu qu^on est. en droit , pour défendre la religion , de faire la guerre à son roi et à sa patrie. Cest la femme prostituée qui ne rougit plus, qui après avoir long- temps déguisé son crime et cherché de vaines excuses à ses infidélités^ à la fin étant convaincue, se fait un front d'impudique, comme parle FEcriture sainte, et dit hardiment: Oui^ foi aimé des étrangers , et je marcherai après eux U).

H ne faudroit rien davantage que sa honte d*un côté , et sa hardiesse de l'autre pour la confon* dre. Que nous dira donc M. Jurieu, qui après avoir condamné ces guerres, aujourd'hui en entreprend la défense ? Et n est-il pas confondu par ses propres variations ? Mais ne laissons pas d'écouter SCS foibles raisonnemens.

{*)J€r. lî. a5.

33l CIKQITlkMS AT»TIftftEME9T

Réponses de M. Jurieu a l'exemple de Van^ cienne Eglise. Question : si la soumission des premiers chrétiens n'étoit que de conseil^ ou en tout cas un précepte accommodé à un certain temps.

"^y Les réponses de ce ministre sont prises d^an

des martyrs- ^î^^?^® de Buchanan qui a pour titre : Du droit ce queM. Ja« de régner dans V Ecosse. Les sentimens en sont si ricii y a ré- excessifs, qu'il a été détesté par les plus habiles gens de la Réforme : mais aujourd'hui M. Jurieu en prend Tesprit ;. et aussi ne lui restoit-il que ce moyen-là de sapper les fondemens , et de renverser le droit des monarchies.

Il faut écouter avant toutes choses ce quUls répondent à Texemple des martyrs. 11 n y a personne qui ne. soit touché , quand on les voit dans leur "" passion , entre les mains et sous les coups^des pe]>

sécuteurs, les conjurer par le salut et la vie de l'Empereur (0 , comme par une chose sainte, de contenter le désir qu'ils avoient de souffrir pour Jésus^Christ. ce A Dieu ne plaise y disoient-ils W , 3) que nous offrions pour les empereurs le sacrifice » que vous nous demandez pour eux : on nous apr » prend à leur obéir, mais non pas à les adorer »« L'obéissance qu'ils leur rendoient , servoit de preuve à celle qu'ils vouloient rendre à Dieu. « J'ai été , disoit saint Jule {}) , sept fois à la » guerre : je n'ai jamais résisté aux puissances^

(0 Act, Jul Act. Mare, et IVicand. etc. — C*) AcL Phil. EpuL Herad. etc. — (') Act. JuL

SVft L£S LETTRES BB H. JtAIBU. 333

* ni recule dans les combats^ et je m'y suis mêlé » aussi avant qu'aucun de mes compagnons. Mais » si j'ai été fidèle dans de tels combats , croyez- » vous que je le sois moins dans celui-ci , qui est » bien d'une autre importance » ? Tout est plein de semblables discours dans les actes des martyrs : la profession qu'ils faisoient, parmi les suppliceSy de demeurer fidèles à leurs princes en tout ce qui ne seroit point contraire à la loi de Dieu y faisoit la gloire de leur martyre ; et ils la scelloient de» leur sang comme le reste des vérités qu'ils annonçoient. Mais écoutons ce que leur répond M. Jurieu. « Â Dieu ne plaise, dit-il (0^ » que je voulusse diminuer le mérite des martyrs, » et rien rabattre des louanges qu'on leur donne : » mais je voudrois bien qu'on me fit voir qu^ils » ont été en état de se pourvoir contre les viom lences des empereurs romains. Que pouvoit o faire y bontinue-t-il, un si petit nombre de gens » épars dans toute l'étendue d'un grand empire , I» qui avoit toujours sur pied des armées nom- » breuses pour la garde de ses vastes frontières ? a» Ce n'étoit donc pas seulement piété , mais c'é- » toit prudence aux premiers chrétiens de souf-< 3» fnr un moindre mal pour en éviter un plus I» grand ». C'est sa première raison , qu il a tirée de Buchanan son grand auteur : mais voyons celles dont il la soutient (^). « Outre.cela , on ne » sauroit tirer un grand avantage de la conduite

• des premiers chrétiens au sujet de la prise des

C*) Jur. LçU* u , I?. 67 , 0. a el #ittV. — W Ibid. p. 68.

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