CIUQUlitME ÀVCRTiaSEXENT
3» armes. Il y eo avoit plusieurs qui ne croyoient 3» pas qu il fût permis de se servir du glaive eu » aucune manière, ni à la guerre ni en justice a> pour la punition des criminels : c'étoit une se- 1» vérité outrée , et une maxime général^nent » reconnue pour fausse aujourd'hui; tellement 9 que leur patience ne venoit que d'une erreur » "et d*une morale mal entendue »• Voilà donc la seconde cause de la patience des martyre : la première étoit leur foiblesse; la seconde étoit leur erreur. Voilà d abord comme on traite çenx dont on dit qu'on ne voudroit diminuer en. rien le mérite.
Mais le ministre sait bien en sa conscience, que le sentiment de l'Eglise n étoit pas celui de ces esprits outrés qui condamnoient universellement Tusage des armçs. Nous venons d'ouïr un martyr qui fait gloire d'avoir bien servi les empereurs à la guerre : cent autres en ont fait autant ; et l'E^glise ne les met pas moins parmi les saints. Ter* tuUien, dont on auroit le plus à craindre ces maximes outrées n'hésite point à dire au sénat ' et aux magistrats de Rome au nom de tous les chrétiens (0 : « Nous sommes comme tous leg » autres citoyens dans les exercices ordinaires ; » nous labourons , nous naviguons , nous faisons » la guerre avec vous. Nous remplissons la ville , n le palais, le sénat, le marché, le camp et les » armées ; il n'y a que les temples seuls que nou$ » vous laissons ». C'est-à-dire, que, hors la reli«
(>) jipol. c. 37» 4o*
SUft LES LETTRES DE V. lUEIEU. 335
gioa f tout le reste leur étoit commun avec leura concitoyens et les autres sujets de l'empire. Il y avoit même des légions toutes composées de chré*^ tiens. On connott celle dont les prières furent si favorables à Marc Aurèle (0, et celle qui fut immolée à là' foi sous la conduite de saint Mau«rice : on entend bien que je parle de cette fameuse légion thébaine, dont le martyre est si fameux dans Tempire de Dioctétien et de Maximien.
M. Jurieu a*Sgnoroit pas ces grands exemples ; et c'est pourquoi il ajoute : « Dans le fond ce M n*ét(Mt jpoînt cette délicatesse de conscience qui jt a empêché les premiei^ chrétiens de se défendre 9 contre leurs persécuteurs : car ces dévots , dont » la morale étoit h sévère , étoient en petit nom- « bre en comparaison des autres (^) » . U eût donc mieux fait de supprimer cette raison, qui lui parolt sans force à lui-même. Mais c'est qu'il est bon d'embrouiller toujours la matière , en entassant beaucoup d'inutilités , et à la fin d'alToiblir un peu l'autorité de l'ancienne Eglise dont les exemples l'accablent.
Il poursuit ; et pour montrer que le nombre de ces faux dévots , qui croyoient les armes défendues aux dirétietis, étmt petit, il nous dit ceci pour toute preuve : « Par les plaintes que » les Pères nous font des maux des dirétiens de 9 leur siècle , il est bien aisé à comprendre que n des gens aussi peu réguliers dans leur conduite, v qu'étoient plusieurs chrétiens d'alors , ne se
0) jépOG, c. 45- — C*) Jur, ibid.