XXI. Ainsi l'opposition entre les premiers chrétiens
le ^diT *^ ^^ chrétiens réformés est inOnie. Lés premiers cours précé- chrétiens n'avoient rien que de doux et de soudent : oppo- jjyg . jjjj^jg ^^ jjg yQij. rigjj qu^ ^g violent et d'im-
«lion entre ^ v v.- • *. ,
les premiers pétueux daus ces chrétiens qui se sont dits réchrëtiens et formés. Leurs propres auteurs nous ont raconté
Prétendus*"* 9**® ^^^ ^^ Commencement ils étoient pleins de Réformés, vengeance , et se servoient dans leurs entreprises de gens aiguillonnés de leurs passions (t) ; et leur ministre nous les représente encore à présent comme gens en qui la rage et la fureur fortifient l'attachement qu'ils ont à leur religion. Mais les premiers chrétiens n'avoient rien d'amer ni d'em- ^^ porté dans leur zèle. Aussi disoient -ils haute-
ment, sans même que les Infidèles osassent le
(>) Vai. £tV. X, n. 3a, 39.
sur
nier, iqu'ils n'^xcitoient point de trouble, ni n'at- ' troupoient le peuple par des discours séditieux (") : au contraire les premières prédicatïons de nos Réformés furent suivies partout de sédition et de pilleries. Les Infidèles avouoient eux-mêmes que les premiers chrétiens ne blasphémoient point leurs faux dieux (^), encore qu'ils en découvrissent la honte avec une extrême liberté; parce qu'ils parloient sans aigreur et ne disoient que la vérité sans y mêler de calomnies : au contraire tout a été aigre et calomnieux dans nos chrétiens réformés , qui n ont cessé de défigurer notre doctrine, et ont rempli Funivera de satyres envenimées, pour exciter la haine publique contre nous. Les premiers chrétiens n'ont jamais été ni orgueilleux ni menaçans : nos chrétiens réformés, non contens de violentes menaces, en sont venus aux effets dès le commencement de leur Réforme. Il est vrai que nos chrétiens réformés ont eu a souffrir en quelques endroits, et la Réforme à tâché d'avoir le caractère des martyrs. Mais, comme BOUS avons vu , les martyrs soufiroient avec humilité ; et les autres, de leur aveu propre, avec dépit ; les uns soutenus par leur seule foi , et les autres par leur, passion : c'est pourquoi de si difi*érens principes ont produit des effets bien contraires. Trois cents ahs de continuelle et implacable persécution n'ont pu altérer la douceur des premiers chrétiens : la patience a d'abord échappé aux autres , et leur violence les a em*portés aux derniers excès. Â peine nomme-t-on
(») Aci, XIX, XIV. I a. — » ^t, XIX. 37.
368 « CINQUIÈME A.VERTISSEM£lfT
en Allemagne trois ou quatre hommes punis pour
le luthéranisme ; cependant toute TAllemagne
vit bientôt les ligues , et sentit les armes de nos
Reformés. Ceux de France furent patiens durant
environ trente aiis à différentes reprises^ sous les
règnes.de François V et de Henri II. Us ne furent
pas à répreuve d'une plus longue soiiffrance ; et
ils n'eurent pas plutôt trouvé de la foiblèsse dans
le gouvernement,, qu'ils en vinrent aux derniers
efforts contre l'Etat.