CIJErQUlkME AVEftTISSEMENT
ministre Ju- forêt, après avoir long- temps tournoyé parmir neu; que e j^g g^mi^i^ embatrassés . se retrouver au point
peuple n a ' ^
pas beaoin d*où on étûit parti* Mais examinons encore ce d'avoir rai- ^^f^ prfncipe de M. Jurieu : ic il faut qu'il y ait
son pour va- '^ * . . ,
lider ses ac- » dans les sociétés une certaine autorité qui n ait tes :1e peuple ^ pas besoiu d'avoir raison pour valider ses acveK • *^' ^** cette autorité n est que dans le peu-
A pie (^ ». Cest par où il tranche ; cest la finale résolution de toutes les difficultés. Un de ses confrères lui a objecté cette téméraire maxime : et notre ministre lui répond W, comme on va voir : « Cette maxime ne peut avoir de mauvaise cou- » séquence y qu'en supposant qu'<m veut dii'e que » tout ce qu'un peuple fait par voie de séditioa D doit valoir; mais c'est bien peu entendre les » termes. Qui dit un acte, dit un acte juridim que y une résolution prise dans une assemblée n de tout un peuple^ comme peuvent être les 9 parlemens et les Etats. Or , il est certain que si 4» les peuples sont le premier siège de la souve^ <) i^ainetéy ils n'ont pas besoin d'avoir raison » pour valider leurs actes , c'est-à-dire , pour les « rendre exécutoires. Car , encore une fois , les « arrêts soit des coni-s souveraines , soit des sou- « verainSy soit des assemblées souveraines , sont » exécutoires, quelque injustes qu'ils soient »• Je le prie, si ses pensées ont quelque ordre,' s'il veut nous donner des idées nettes , qu'il nous dise ce qu'il entend par exécutoire. Veut-il dire que tous les arrêts justes ou injustes des s'ouve^ rainset des assemblées souveraines sont exécuta CO Lcu. XTiii, p. i4o« — W I««. XXI, p. 167*
suit LES LETTRES DE M. JXTRIBt:. 4^^
«n efiet ? Men certainement cela n'est pas. Veut* il dire qu'ils le doivent être y et enfin qu'ils le sont de droit? Voilà donc selon lui r même un «Irott de mal* faire; un droit contre la justice , qiii est précisément , comme on a vu ^ ce qu'il 9 voulu éviter; et néanmoins par nécessité il y retombe.
Qu'il cesse donc de nous demander quel droit 9 un prince d'opprimer la religion ou 1^ justice : ear il avx>ue à la fin que ^ sans avoir droit de mal ordonner ou de mal faire , (car personne n*a un tel drpii; , et ce droit même n'est pas ) il y a dans la puissance publique un droit d'agir, de manière qu'on n'ait pas droit de lui résister par la force , et qu'on ne poisse le fidre sans attentat.
Que s'il dit que selon ses maximes ce droit n'est que dans le peuple , et que le peuple a seul cette autorité de valider ses actes sans raison : il est vrai qu'il l'a dit ainsi dans la lettre xvin* ; mais il n'est pas moins vrai qu'il s^en est dédit dans la lettre xxi*, où nousavpns lu ces paroles : que> non-seulement les arrêts du peuple , mais encore ceux des cours souveraines ou des souverains , ou des assemblées souveraines sont exécutoires de droit : et ainsi cette autorité n'est pas seulement d^s ie peuple, comme il Tave^t posé d'abord.
S'il' répond qu'à la vérité elle peut être dans ^es souverains ou dans les cours de justice, mais qu'elle n'est en sa perfection que dans le peuple ; et encore, non pas dans un peuple séditieux, mais, comme il l'a défini, dans une assemblée oh il fiût, un acte juridique et légitime j ne voit-il
468 cmQuiisMB avc&tissemjsiïi?
pas que la question revient toujours? Car qu'estce qu'une assembla , et qu'est-ce qu'un acte juridique 7 L'acte qu'on passa sous Cromwel pour supprimer l'épiscopat et la chambré'-haute , et attiûbuer aux communes la suprême autorité de la nation, jusqu'à celle de juger le roi, n'étoit-ce pas l'acte d'une assemblée qui prétendoit représenter tout le peuple et en exercer le droit? Car qu'est-ce enfin que le peuple selon M. Jurieu, â ce n'est le plus grand nombre? Et si c'est le petit nombre , qui peut lui donner son droit se ce n'est le grand? L'a- 1 -il par la loi de Dieu ou par la nature? Et s'il l'a par l'institution et la volonté du peuple y le même peuple qui l'a donné ne peutil pas llôter ou le diminuer comme il lui platt? Et quielles bornes M. Jurieu pourra-t-il donner à sa souveraine puissance? Sera-ce les lois du pays et les coutumes déjà établies? Comme si M. Jurieu ne les fondoit pas sur l'autorité du peuple f ou que le peuple n'en fût pas autant le maître sous Cromwel, qu'il l'est à présent , et autant cette puissance suprême qui n'a pas besoin d'avoir i*aison pour rendre ses actes valides et exé« cutoires de droit. Dira-t-il enfin. que Cromwel agissoit par la force , et avoit les armées. en sa main ? Quand donc on a une armée ^ l'acte n'est pas légitime; ou bien est-ce peut -être qu'ime armée de citoyens, telle qu'étoit celle de Cromwelf annulle les actes, et qu'une armée d'étrangers rend tout légitime? Avouons que M« Jurieu nous parle d'un peuple qu'il ne s;auroit définir ; et.cela, qu'est-ce autre chose que ce peuple, sans loi et
..SUR LES LETTECS DE M. JUEIEU. ^6q
sans règle , dont il a été parlé au commencement de ce discours 7
M. Jarieu ne rougit pas de flatter un tel peu- LX. pie , et il appelle ses adversaires les flatteurs des J^^""^"^ rois. Mais puisqu û trouve plus beau d'être le sont les flau flatteur du peuple ^ il doit songer que les gens ^™dç»<^yd'un caractère si bas , sons prétexte de flatter les "blVasOTt* U peuples y sont en effet des flatteurs ^ des usurpa- tyrannie: leurs et des tyrans. Car en parcourant toutes les n^"o^g ^^ bistoires des usurpateurs , on les verra presque toujours flatteurs des peuples. Cest toujours ou leur liberté qu^on veut leur rendre , ou leurs biens qu'on veut leur assurer , ou leur religion qu'on veut rétablir. Le peuple se* laisse flatter et reçoit le joug. Cest à quoi aboutit la souveraine puissance dont on le flatte ; et il se trouve que ceux qui flattoient le peuple, sont en effet les suppôts de la tyrannie. C'est ainsi que les Etats libres se font des monarques absolus, et deviennent insensiblement ; mais que dis-je? ils deviennent manifestement l'annexe d'une monarchie étrangère. C'est ainsi que les Etats monarchiques se font des maîtres plus absolus que ceux qu'on leur fait quitter , sous prétexte de les affranchir. Les lois qui servoient de rempart à la liberté publique s'abolissent , et le prétexte d'affermir une domination naissante rend tout plausible. Deux peuples se lient l'un l'autre , et concourent ensemble à rendre invincible la puissance qui les tient tous également sous sa main : on a fait cet ouvrage en les flattant.
On a fait beaucoup davantage , et on a changé • »£ if ' les maximes de la religion. M. Jurieu en convient ; gUcane co»*
47^ CIHQUI^MB ÀVE11TI88EME1IT ,
vaincue par ^ ^^ défendre la convention , ii attaque direo
le ministre * * / i -i / \ • •
Jurieu d'à- tement 1 Eglise anglicane. « Cest, dit-u(»), ici voir cbangé ^ ^^ endroit à faire sentii* à FEglise anglicane
les maximes v i . i • . t n ' i v*. i i«
de sa reli- ^ combien les principes qu elle a touIu établir gion. » depuis le retour du roi Charles II , sont incom-
^ patibles avec la droite raison et avec la liberté » d* Angleterre ». C'est donc TEglise anglicane qu'il prend à partie directement ^ et il va lui découvrir ses variations. Il commencé par la flatterie ; car c'est en la caressant qu'on veut Im faire avaler le poison d'une nouvelle doctrine. « La 39 mort de Charles I" y continue notre ministre , » leur a fait horreur; et ils ont eu raison en cela. 9 Ils ont cherché une théologie et une juiîspru- » dence qui pût prévenir de semblables attentats; » en quoi ils n'ont pas eu tort. Ils ont reconnu que 9 les ennemis des rois d'Angleterre étoient aussi 9 les leurs; car les fanatiques et les indépendans s n'en veulent pas moins à l'Eglise anglicane qu'à • a la royauté. Ils ont cherché les moyens de mettre )» à couvert l'Eglise anglicane : on ne sauroit les » blâmer là*dedans. Us ont voulu mettre la souii vcraine autorité des rois et leur propre conser- I» vation sous un même asile : c'est la souveraine y indépendance des rois, enseignant que^ sous M quelque prétexte que ce soit , soit de religion , » soit de conservation de lois ou de privilèges, il a n'est jamais permis de résister aux princes , et » d'opposer la force à la violence ». Voilà donc les maximes qu'avoit établies l'Eglise anglicane , de l'aveu de M. Jurieu; des maximes directement opposées à celles qu'on a suivies'dâns la convenez) Lêttxtm,p, i4i.
SUR LES LETTRES DE X. lURIEU. /^^l
tîon, directement opposées à celles que M. Jurieu
a établies pour la défendre. Voici maintenant la
décision de ce ministre : « Ils ne se sont pas apep-
» çus » (les évéques et les universités qui ont éta«-
bli par tant d'actes la maxime de la souveraine
indépendance des rois, si contraire aux maximes
de la convention et de M. Jurieu qui la défend)
« ils ne se sont pas aperçus premièi^ement , que
» cela ne pouvoit leur servir de rien ; seconde*
;i ment , qu'ils se mettoient dans un état de con-
» tradiction ^ et renversoienl toutes les lois d'An-
» gleterre 9. C'est à quoi en vouloit venir ce
ministre, avec tout ce beau semblant et cet air
flatteur : Ils ont eu raison ^ ils n'ofU pas eu tort,
on ne sauroit les blâmer. Que veut-il conclure
par-là? Que ces docteurs , qu'il faisoit semblant
de vouloir louer y se sont mis dans un état de conr
tradiction^ et ont renversé toutes les lois de leur
pays.
Mais après tout, que veulent dire ces fades louanges qu'il donne à l'Eglise anglicane : ce Elle » n'a pas eu tort y elle a eu raison , on ne sauroit » la blâmer d'avoir cherché les moyens de se » mettre à couvert des fanatiques , qui n'étoient 31 pas moins ses ennemis que ceux de la royauté , 9} et de mettre sous un même asile la souveraine . 9 autorité des rois et sa propre coniervat^on » ? Que veulent dire, encore un coup , tous ces beaux discours , si ce n'est que les décisions de VËglise anglicane n'étoient qu'une politique du temps, qu'il fattoit maintenant changer, comme con* traires aux vrais intérêts de la nation?' Il n'en faut pas davantage pour enrichir l'Histoire des
47^ CINQUIÈKE AVEKTI8SEMEHT
Variations d'un grand exemple /de Faveu même
1 de M. Jurieu. L'Eglise anglicane a voit posé comme
une maxime de religion ^ la souveraine indé*
peitdance des rots (0 ; en sorte qu'il ne fût ja«
mais permis de leur i*ésister /?ar la force, sous
qu^que prétexte que ce fût^ pas même sous celui
de la religion, ou de la consen^ation des lois et des
priifilèges. L'Angleterre agit maintenant par des
maximes contraires; l'Angleterre a donc changé
les miaximes de religion qu'elle avoit établies.
M. Jurieu l'avoue, et l'Histoire des^ Variations est
augmentée d'un si grand article.