‹ Histoire des variations des églises protestantes, suivie des avertissemens aux Protestans, sur les lettres du Ministre JurieuChapitre 39 sur 55 · LA' RÉPONSE DE È. BÀMME · texte numérisé non relu

LA' RÉPONSE DE È. BÀMME

ifc^i^^h%^>>A^.>«A^-*4^**h«.*«^Ah«'iJAiL«.»rf.«^4Vj^V4^^-^^-.,^^^^^ 1 > 4 . . / I

PR^lflilEft' DtStîOeR^:,

Les ré^Ues de la^ Réfanrie* riùd eœctméé}sf\: Twlfies récriminations sw le- mariage *dk Landjgrapé. M. Burnet r^ai. • ]'

Ummm^t*^^

AUX BRÉTENSUjS fiÉFORMl^St

deM. Jurieir et de se8> discours emportésr;fla ré-^ee^b^f* pibBse que MvBuniet avoit aaxfôactfç cnrocRs tentons:; ipourquoi on dw^f^pans^sgu^ohprépare'ààf.r^Méauitii) 7P"'««?^

'^ ^ f ' * ^^*^ ' ''^ re des revoi-

ent venue avec toutes* les^ duretés qpi'ili nioûs a : tes de ia Ré-

• - fonoe»

CO ^£ir/i. Crif. <fe« Far. p. 3a, n.' lù ' . '-' '

promises; et s'il ne faut que des malhonnétetëk poui* le satisfaire , il a sujet d'être conteut : M* Basnage a bien répondu à son attente*. Iffais savoir si sa réponse est solide et ses raisons soutenables, cet essai le fera connottre. Nous reviendrons , s*il le faut, à M. Jurieu : les écrits où Ton m'avertit m'il r^and sut* mot tout ce qu'il a dç, vem9> n6 iout pas encore venus à ma connoissance ; je les attends avec joie , non-seulement parce que les injures et les calomnies sont des couronnes à un chrâien et à un évéque, mais encore comme un témoignage de la foiblesse de sa cause. Quand j'aurai vu ces discours , je dirai ce qu'il convien- . dra, non pour ma défense , car ce n'est pas de quoi il s'agit, mais pour celle de la vérité, si on lui oppose quelque objection qui soit digne d'une réplkpe : en attendant commençons à parler à m B«snége> qui vient avec un air plus sérieux; nous pourrons le Suivre pas à pas dans la suite ^ avec toute la promptitude que nous permettront nos autres devoirs ; mais la matière où nous a conduits le cinquième Avertissement, je veux dire celle des révoltes de la Réforme si souvent armée contre ses rois et sa patrie , mérite bien d'être épuisée pendant, qu'on est en train de la traiter. Vous avez vu, mes chers Frères, dans cet! Avertissement , sur un sujet si essentiel , les excès du ministre Jurieu c ceux du ministre Bas* nage ne vous parottront ni ikioîns visibles , ni ^ moins '.odieux; et puisque sa réponse parott juste^ ment <feii$ le t^nps qu'une si grande aiatièr^ Bous occupe , nous la traitei*pns la première.

DES TÀRIÀTIOKS. A.9^

Void Comme ce ministre commence : « tià n. » guerre n'a rien de commun avec rHistoiré dés njatiére^apl 3» Variations : mais il plaît à M. de Meaux de partenoîtàU » trouvèrqu*eUe est lisiblement de son suiet (>)'»'. ^«^jc'^l'Hw-

. - toirc des Va-

M. Jùrieu en a dît autant : ces Messieurs vou- nations : ildroient bien qn^on crût que ce prélat , embarrassé l"»"o» de M. à trouver des variations dans leur doctrine, èè . KJ^T jette saiis' cesse à Técart^ et né songe qu*à grossit* mination. son livre de matières qui ne sont pas de Son sujet; mais ils ne font qu'amuser le inonde. La soumi»sion due au prince ou au magistrat , est constam- 'tnent une matière de religion , que les Pi*otestans • > • 'ont traitée dans leurs Confessions de foi, et qu'ils «e vantent d^àvoir éclaircie. Si afu lieu de l'éclair- -eir» ils l'ont obscurcie; si contre Tautorité des ScritttrèSy ils ont entrepris la guerre contre leur ^prince et leur patrie , et qu'ils l'aient fait par maxime^ par principe de religion , par décision expresse de -leurs synodes ^ ct>mme l'Histoire des iVariaticms l'a fait voir plus clair que le jour ^ qtd peut dire que cette matière n'appau^cnne pas à la rdigion> et que varier sur ^ce6iii}et, comme on leur démontre qu'ils" ont fait, non pas en particulier, niMs en corps d'Eglise, ce ne soit paff va* rier dans la doctrine? Voilà donc, dès le premier mot, M. Basnage convaincu <le vouloir faire illusion è son lectear< • Poursuivons. Ge ministre se jette d'abord sur la récrimination, et il objecte jà l'Eglise qu'elle persécute les hérétiques. llsufSroitdedire que ce reprodie est hors de propos; c'est auti*e chose que les souverains puissent punir

(0 /. 2*. //• parif eh, vi* f»* 49'*

486 DÉF^JIS.E DJB ^'bISXOIRB

ïefiTS si^ets héçeticiyes , .^lop Texig^c^ >du eas ; a^tre chose .<{qe ,les gujçts aient^dipi); 4^ .pi;fta(ire ^les.annes contre lei;jr^:$p^y^aias, sçf jis p^ét^xte

\ . dei^Çio^:x:etjtq4!?iW^?^a^^^

DOVJS trftitop;^ , et l'autnç AfiHPfti'.ti^ R^s à ço^re . : . ,s^jet,.yprtà cpffipi? M.,Bfl^îï6ç^ .qui m>qcu$p

HÇ^tpa^Jcir cpiUnî k drqp* Qu'ont ]e& ^rj^ç/^s de j^^ùr l^rs ;su jete ^étii}M.es : , ^coutpij^ m. Jl y ja,içi^ua ,e^<iLrpit fâcheîijc à JaRéforme qui

dlservlt'lr*. M^s^i^r? »ç\^s.i:çprocheiiit laj?^E5^cution des héponse de M. v^ti^ws : c'çsjb r.^ucjempLe ,4^ Serr.eî^ dçs autres ,

fécrimina- .de fG^è)^, Avec Ji'fijpproljartJWin e^ppessc^ ^ toftt ^"' Je parti , çoxaip^ pf> le peut .V4>ir ça#s aJlev.jAiii

^^s rijisj^re 4es[yawtiws (0, I^ repose dç Bjl, B^$nagc e&t^^wyfeflkante : i<^ ue pejvkt^4itr ;v il (9^ , ^egiiifçher^X:^vifk jffoe j^ ç^pFt ^dm aevl ^» bppu^e, fu^ ^j|; ^^p impie b)9S{A^n»atjeiir> <)t M ail jUf^ de Je. ji4§t^i|çr^ <^n «v.p«i^ qve ccf^toii là » yp.r^t^ dup^isme f,. Il ft^tivisii : .c'^stJà um b<3^fla^ 4e'M.>Ju5iBtti ^xi^ i^y^MipU «dmlrai)J^d'Attrjah!\ieir(^#p^pi|^e |l,9tM^ «sfijqvk'pa vomdr» 1)1 jùp^r .dafîs ÇalvJA- C^* .ÇÇ|t ]ti4p^&»|Me étpii A flë^ 4e ic^gpip.l^fkce ffifiv jUp^ol^, qa*à i^elqne pr^ .^^ ^ £()it ^ ji ^«t vi^ttHofeMBur quelque chose : ,^o^ qu'il m mf^f M* Bifsaftgie> qui peut-être na pas tpi^PiUrs p^oiiF H* Juj^iei» toute la cooiplaisaDce ppss^le , a pris de Im €« boa mot

(») Tor. &V. X, n. 56. — W /&Vf. 499» \

DES V'àA'IATXOfIS. 4^

Mais vous 'n'y rpenséz pas, M. BasBOge*: permettez-imoi de vous -adresser Ja, parole : Servit ait Wi ^impie Biasphémaieur : ee ^sont ^ee .propres fiaix^es; et néanmoïkis >, telon ipous^ c'est loi reste de .papisme de le. punir : c'eét donc un. des fi^uits de la Réforme^ de laisser rim^fîttft^ et le fclas{ihéme impunis; de désarmer .4e magistrat conb:e les blasphânateors et les impies : on peut fclaaphémer sans craindre , >à 4^lemple de Ser^ vet : nier la divinité de Jëso^Gluist anrec la simplicité et la pureté infinie de TEtre divin^ et |>référer la doctrine des Mahômétiaiis à fCéUe des durétiens. Mais écoutons tout de suite le discours de notre miftbtre^ et la 'belle idée qu'il •nous donne 'de 4a 'Réforme* « On neipeùt aconser « Gahin <{ne 'de la dnorl de Senret, qoi ^toît un 4». impie bla^rfiânateur , et au lieu de justifier jè cette action de Qdvin , on avoue ^e c'étoit là a» itu reste idu papisme : rhérétiquén'a pas besoin 30 d*édits pour vivre en a*qpô6 dans les Etats réfor- » mes; et si on lui en a^oniié quelques- uns , fl « n*est fKttnt troublé (yar la tarainte de les voir » abolis : -on -est tranquille quand bh vit sous la » domination des IVotestans ('•) ». Après cette pompeuse description où M. Basnoge prend le ton dotit on célèbre Fâge d*or , il ne reste plus qu'à s'écrier : Heureuse contrée , ôà rbérétique est en repos aussi bien que Forthodcjee., <^ l'on conserve les vipères ^ comme les colombes et les animaux innocens*, oii ceux qui composent les poisons, jouissent de la même tranquillité que

CO Basn, ibid.

488 DÉFBKSB DB l'aiSTOIRE '

ceux qui préparent lesVemèdes ; qui. n admirerpit la clémence de ces Etats rëfomiés? On disoit dans Tancienne loi : Chasse le bletsphémateur du camp , et ijfue tout Israël Vaccable à coups de pierre W. Nabuchodonosor est loué pour avoir prononcé dans un édit solennd : Que toute langue ifui blasphémera contre le dieu de Sidrac, Misac et Abdenago, périsse, et que la maison des blas^ phémateurs soit rem^ersée (^). Mais c*étoit là des ordonnances de l'ancienne loi ; et TEglise romaine les a trop grossièrement transportées à la nouvelle : où la Réforme domine , l'hérétique n'a rien à craindre , fût-il aussi impie qu'un Servet , et aussi grand blasphémateur* Jésus-Christ a retranché de la puissance publique la partie de cette puissance qui faisoit craindre aux blasphémateurs la peine de leur impiété ; ou si on perce la langue à ceux qui blasphémeront par emportement y on se gardera bien de toucher à. ceux qui le feront par maximes et par dogme; ils n'ont besoin d aucuns édits pour être en sûreté ; et â par force , ou par politique ^ ou par : quelque autre considération on leur en accorde quelquesuns y ce seront les seuls qu'on tiendra pour irrévocables, et sur lesquels la puissance des princes qui les aui*ont faits ne pourra rien. Que le blasphème est privilégié ! Que l'impiété est heureuse ! IV. Voilà sérieusement où en viennent les fins Ré-»

jç ni Bjj^^j,.. formés : us prononcent saps restriction que le gedaascetie piînce n'a aucun droit sur les consciences, et r cruBuia- ne peut faire des lois pénales sur la religion : ce

(>) Leviu xxiT. i4* *- (*) Dan, iv. 96L

DES VÂHiATions. ^Bg

iCesi rien de Texhorter à la clémence; on le flatte , si on ne lui dit que Dieu lui a entièrement lié les mains contre toutes sortes d'hérésies, et que loin de le servir, il entreprend sur ses droits, dès qu'il ordonne les moindres peines pour les réprimer. La Réforme inonde toute la terre d'émts, où Ton établit- cette maxime, comme un des articles les plus essentiels de la piété. C'est où alloit natm*ellement M. Jurieu , après avoir souvent varié sur cette matière. Pour iA. Basnage, il se déclai*e ouvertement, non-seulement en cet endroit, mais par tout son livré : telle est la règle qu'il prétend donner à tous les Etats protestons : Vhérétique , dit-il,^ est en repos : il parle en termes formels / et de l'hérétique indistinctement, et des Etats protestons en général : il n'y a qu'à être Bronniste , Anabaptiste , Socinien , Indépendant , tout ce qu'on voudra ; Mahométan si l'on veut ; Idolâtre , Déiste même . ou Athée : car il n'y a point d'exception à faire, et tous répondront également que le magistrat ne peut rien sur la conscience ,<\ii obliger personne à croire en Dieu , ou empédier ses sujets de dire sincèrement ce qu'ils pensent : aveugles, conducteurs d'aveugles, en quel aMme tombezvous? Mais du moins parlez de bonne foi : n'attribuez pas ce nouvel article de réforme à tous les Etats qui se prétendent informés. Quoi ! la Suède s'esta elle relâchée de la peine de mort . qu'elle a décernée contre . les . Catholiques ? Le bannissement , la confiscation et les autres peines ont -elles cessé en Suisse ou en Allemagpe, et

490 DÉFEHSB DE L HISTOIRE

.dans les autres pays |)rotegtans7 Les Luthëriens du moins o(u les Calvinistes «ontrils résolu de s^ac- . corder mi:^tueUemqnt le libre exercice de leur religion partout où .9s sont'les maîtres ? -U Angle- .terre est-elle bien résolue de renoncer à ses lois pénales envers tous les non-conformistes? Mais la Hollande eUe^méme, d*oii nous viennent tous ces écrits, s'est -«elle bien déclarée en faveur de la liberté de to^tes les sectes , et •même de la sodr .nienne ? Avouée de l>oDae *foi^ qu il n*étoit pas encore tei^ps «de nous ^lire indéfiniment : £'Mrétiffucna rien à craindre 'dans 4es Etats proêts^ 'tans, m de nous donner vos'âéûrs-pourle dogme .de vos Eglises. Mais quoi 1 il ISaUcût conserver aux xéfogiés d|e .Ftw^oe ,oe he»u ftâire ii'ordtodoxie, .<)utm iait 7C#a0ifiter.à souCEHr pour la rdtgion : il vaul m^nx laisser «et Fpp^s Jes sectes les plus iippîes,, qi)^ de .leur 4QQPer la moindiv part \ la .p^rséoii%Î9n «^bn «eut «ous faire fMsser .pour le çsLVdÉc^^ lie plus ^ettsibjie 'de la vérité ; tX afin que Rome soit la seule |>ei^ctttrice , il faut que tous. les Btafjs ^BAf^mis ià^ Rome ouvrent leur sein à (oiiis les is^Mes^ «t jks mettent à l'abri dies lois.

y* , Apiès quelques auti*es récrifliinalioiig qui ne

mire en ma- sonJt piis plus 4u sujet^ «t 4oiit uous parlerons tière : exein- aiUeurs , M* Ba£|Aage vient au fond y et il rap^

cÎLtE-îi^ê 1'^*^ ^^ paroles des Vaiiations ^ 4èii M. de qu'il produit Meoux j dît^il-CO^ oppose notre eondmêà àeelle tu fayeur de j^ tmncieme Eglise. Pour déiruire une epposicombien ib ^'on si ^dieuse , il «nti^prend d'af^orter des

fi^Vlltii^,^^ jl*i^^mmm J^glisey f^^ allègmB^ce- «ont absur-

ImJeMm fr^po^t, M^i^oe qWil ,p.r^wd, JrproU'"

J^s.fjtreim »tfj!» jp€!*fJi*. Wwle^é; let. çeliv..4qp ^rvt^nmns^^m ^om^m^pt^ par iCho^fi^s ^'da<^

Jj»i ^Qt inulïUQS ffmF 4wx frfiN$0M- X-a ipvewéne^ ^u ite)De prpÀYfint. xim ; Jiar^onde > ,qu'îk. prpiir y^nt ^txi^pé Uâne prtOni^Bjt :i^^ mi^ :en >fcÙ8^i&t

4i^ peppk^ fit. }fis jobréd^i^s pa^l^puljyers impeccables. Pour nous produire des exemples de Ï^/X" jtÀwm £fi^ , . %m ;est iwtiîç ^i^^stipu^ il ae ^uf- AtpaSidfB qïi»trpr4esrfeite,a|ïGW>*.,,4.4^ .

fçpdiprie, ivMiDti^er .qne l'Eglise Ji^ ait .^pprroujvés^ ^

JBglUi9s.eii Cftrpp looit f|i|ii*|0¥>^ ^ep^ iréircdlespar ] ' \

lencDat à. ««a» doRMr ><;ett0 pr^ep^ ,. parce ,^iii*il «ait Uèn en sa oonsçienoe i^'e^e esit iinpos$U4e^ . .SecoÀ&Nneat , jie;» i»its iqm'î} ^lèg^e prouvée* ix>iàit Isof»^^ puîsqn'ils prous^erpient , «on . qu'il

armes ppurdexiffaBiire, 4|ai.estle ppi|3!t: dpnt il s*agît; i;âB(is qu'il .est perans 900 r seulement >de changer jde mattne et.se domoer à lU «fttre roi f à rexew^jdes ArraéBtens, oi que dm BdâanDés protestosent 4aiis toutesleuiSigiieDres caFilos ^ ^uîls ne youlpieikl j^nais fidre ; majs enoore ^ ii l'exemple de ce prétendu soldat chnétiei^, et du peuple

49^ DÉrBUSV BE L*flrXfl^OtH8

de Gonstantinople , d*atteiiter sur la pértMAe da : prince, et de tremper ses mains dans son sangs ce qui est si abomiilable ^ que nos adversaires n'ont encore osé rapprouvér, puisqu'ils font encore semblant de détester Cromwel et le cromwéiisme (0. Que prétend donc aujourd'hui M. Ba&nage de nous alléguer des temples manifestément exécrables ^ qu'il auroH honte de^snivre ^ et qu'on voit bien aiussi que Tan^ien^àe Eglise ne |>eut jamais avoif apjprouvés , ài moins d'avoir approuvé qu'on attentlt sur la vie dés princes; ce que \e ne crois pas quie ce ministre lui - même , quelque méprt» qu'il ait pour eltei ose lui impûtêrî "Vï- Vous voyez , tacs chèrs Prèreç , qu^il n'en fira^-

cul^let d1! ^^^ V^ davantage pour lui fermer la bouche. BwbtRT, et Mais afin que vtms connoissiez coimmeM on vou^ preoM^r». mène , et avec auelle mauvaise fw on traile avec

ncnc de ce- '

lui de Fem- VOUS y il faut cu descendant au particulier de son percorÂiias- disGouts , VOUS y montrer sans exf géMr plu^ de faussetés que de paroles. Je commence par T'^xeoir pie de l'empereur Al(^astase, qui est le plus ap» parent des trois qu'il produit. Car voki comme il le raconte C^) : « M. xie Meaux ignore ou dissi- » nnile ce qui s'est fait «sous Ânastase, où Macé* s> donius, patriarche de rConstantinople, homme n célèbre par ses jeûnes et par sa piâé ^ voyant » que les Eutydbiens vouloient insérer cfons le » Trisagion quelques termes qui semUoîent fa* 4> voriser leur opinion , se servit de scm dergé » pour soulever le peuple : on tna, on bi*âla ; et

• (») Vcyez F^ Aven, m 6a. — (»)-P. 4g0.

©BS VàEIATIOnSI 4g3

» rSmpereur^ qui n*étoit plus en sûffeté dans son » palais y fut obligé de paroitre en public sans » couronne , et d'envoyer un héra«t pour publier » qu'il se d^mettoit de TEmpire ». Voilà le peuple, lé dergé, les moines émus, et le patriarche à la têtç,.et encore un saint patriarche^ qui autorise la sédition , ou plutôt qui l'excite lui-même : cela parolt convain,cant. Mais pour ne point répéter que .cet exemple prouve trop , puisqu'il •prouve qu'pn peut attenter sur' la personne du prince, et encore sans qu'il y paroisse de persécution , il y a bien à rscbattre de ce que le mi* nistre avance ^ et d'abord il en faut 6ter ce qu^il y a de plus essentiel , c'est - à - dire tout ce qu'il raconte du dergé et du patriarche Macédonius. Car voici ce qu'en dit Evagre (0 : « Sévère écrit » dans la lettre à Soteric que l'auteur et le chef » de cette sédition fut le patriarche Macédonius 3» et le clergé de Constantinople ». Telles sont les paroles de cet historien , le plus entier des anciens auteurs qui nous restent sur celte matière. Il ne dit pas que cela soit , mais que Sévère l'écrit ainsi dans la lettre à Soteric. Mais qui étoit ce Sévère? Le chef des Euty chiens, qu'on appelle Sévériens de son nom, c'est-à-dire le c^f du parti qu' Anastase soutenoit : par conséquent l'ennemi déclaré du patriardie Macédonius, du concile de Chalcédoine et des orthodoxes. Et à qui est-ce qu'il l'écrit 7 A Soteric , du même parti ^ à qui il ne faut point s'étonner qu'il fasse un récit qui ne pouvoit que lui plaire , puisqu'il ten-.

494' DÉPENSE' bE L*H'lSTOiaE

doit à' rendra odiense la conduite de leur énneitit comtnnn et^ dellé die VEglise Gafiioli()*u^ dont 3s s*étoient sëjpai^s^. Àxisà: û-ajouta-t-on^ Aucune ibr ' à uni témoignage si'suspèct ; et après rkvoir rapporté , Evagi-e ajoute* ces mots : « Ce fut , à » mon^avi», par ce^ calomnies' , ottti*€r lés* raisons » que nous arons i^pportées, (|ué'Macédoniuâ »- fut chasse* dé son siëge )> ; Ce cette sOrte Sévère , auteur de d^ rédt, étoit un' odomùiateUr qui vouloîtTendrte le patriarche odieux àlTEmpéreur,afin qu'il' le dhàsisât | et lie! ministre a fondé^ tout son discours' sur -uiie calètamie. Après cela que lui reste-t-il* d'une histoire qu'il fhit tant valoir, si ce n'est- une émotion populaire , oîil^glisê nV aucune part ? Voilà l-exemple de Taticiebile Éjglise que M^ Bamage nous a promis ; voilà comme il lit les livres d'où il emprunté ce qu'il nous oppose, vn. Il n'a pas nfieux examiné le fait de Julien TA-

f£r/iûiï ^^^' " ^- ^^ ''féaux', dit^il, est trop crédule, r Apostat : » s'il est persuadé que le tfait qui le perça, fot^ témoijfiiage „ laucé de la main d'un' ange ; lès" historiens ecrieiu du' ^ clésiastiques, mieux instk^its de ce fait que lui , temp8,etpre- » ne nieUt pas que ce fut un chrétien irrité des nuerement ^ ^ desseihs que Cet' empereur avoit formés contre de rarien » là rdigioncfarétieime, qui lé tua ». Quel raison- PhUostorge. nement'! Cei/est pas un ange : s'ensuit - il que ce ' soit uri chrétien? Les historiens ecclésiastiques ne lé nient pas^ dbnfc cdâ esti Pour tirer cette conséquence , irfaudroSt^aUparavautnous faire voir que les historiens païens Font assuré'; et ce seroît quelque chose alors /qu'un fait 'avancé par les historiens païens ne fût pas nié par les historiens ec-

DES VARIAT'IORS. 4^5

dësiastiques* Mais nous allons voir qu il est bièti' certain queni les Uistoriens païens , m les histo* riei^sr ecdésîastique&nele rapportent pas^.et.mânte qu'ils rapportent le .oontraii«. Ne voilà>-t'*il' pas une belle preuve,, et.^*y}-a^t^i^pas bien* de quoi me reprocherici ma^crédulitéy en supposant! ^e' je pourrois croire qu'un ange auroit fiiit ce coup? Tavouerai pourtant ftanchement que si^j'ien: avois de bons témoignages ^ sans faire ioi Fesprit fort j ni me soucier des railleries de M4 Basnage, je le cix>iroi&de bonne foii Car je sais .non-senle«ment. que Dieu a des':anges,. mais encore quilles emploie à punir Içs rois impies; et' je ne vois pas que depuis Hërode > qui fut - frappé d'une telle main (0, Dieu se soit: exdus' de s*en servir. Ge. qui m'empéèhe de croire déterminément que Ju-f lien ait péri de la main d'un range , c'est, que je n^en ai pas de témoignage snflSBant. Mais^ par la mémeraîsQA, je crois encore moins quil ait péri delà mam d'un chrétien 4 parce qu'encore y*eut^ il des gens > et :niénie quelques-Païens domestiques' de cet empei^eur , pat* exemple , un nommé iGaifliste, qui crurent que cefi^t un ange, ou. comme' ,^ parloient les Païens, .un démon éou iqnelqaeiaut«6:> puissance céleste qui frappa cet apostat (3); ft qu'il ne s'est- trouvé personne qui assurât d^^ bonne foi et comme un fait positif , que ce fût un* du*étien. « Mais> continue le ministre (3), il'y »^eD a qaetques-uoSy (des -historiens^ ecolésias*

(«) jieL XII. a3. «- (•) iSbc. m. ai. So». vi. a. Theodor, lu. a5*

49$ Dé^EirdE DE L HISTOIIIE

» tiques) qui louent celui qui fit le coup. On ne 30 doit)>as/ditSozoinène, condamner un homme » qui pour Famour de Dieu et de la religion, a » feit une si belle action ». D'où M. Basnage conclut aussitôt après : « Voilà des mouvemens » fort violens de TEglise sous Julien » . Ainsi ce particulier qu'on fait auteur sans raison de cet attentat , c'est TEglise : Sozomène , un historien qui n'est qu'un laïque, et qui n'est suivi de personne , c'est l'Eglise : et on ne ci*aint point d'assurer, sur de si foibles témoignages, que l'Eglise, non contente de se révolter contre l'Empereur (ce qui n'avoit jamais été) a même trempé ses mains dans son sang : ce qu'on ne peut penser sans horreur. Tel est le raisonnement de notre ministre. Mais pour enfin venir au détail que j'ai < promis, tout est faux dans son discours : il est faux d'abord qu'un soldat chrétien soit coupable de la mort de Julien. Aucun historien , ni païen ni chrétien , ne le dit. Zozime , l'ennemi le plus déclaré du christianisme et des chrétiens, ne le dit ni à l'endroit où il raconte la moK de Julien, ni en aucun autre (0. Il eût eu honte de reprocher aux chrétiens un crime que pei^onne ne leur * imputoit. Âmmian Marcellin, auteur du temps, et Païen aussi bien que Zozime , en rapportant avec soin tout ce qu'on a su de la mort de Julien (^), ne marque en aucune sorte cette circon*^ staace, qu'il n'auroit pas oubliée; au contraire on doit* juger par son récit que le coup partit d'un

(0 Zos. m. — . (*) Lib. jxn

escadron

DES TÀRIÀtlOlVS» ^ 497

escadron qui fuyoit devant TEmpereilr, et ne assoit dé tirer en fuyant : ce qui faisoit qu*OQ crioit de tous côtés à ce prince, qu il prit gardei à lui. Et quand on le vit tomber, toute Farmée ne douta pas d'où veooit le coup , et ne songea plus qu'à venger sa mort sur les ennemis. Eutrope^ qui revoit suivi dans cette guerre , dit expresse^ ment que « cet Empereur en s'exposant incon^ ^) sidérément , fut tué de la main d'un ennemi ^ )> hostili manu (^) ». Aurélius Victor ajoute quf ce fut ft par un ennemi qui fuyoit . devant lui » avec les autres (^} ». C'étoit pourtant un Païen ^ussi bien qu Eutrope^ Voilà trois Païens , auteurs du temps au des temps voisins, qui justifient les chrétiens contre la calomnie de M. Basnage ; et 'Rufus-Festus, pareillement auteur du temps, et apparemment Païen comme les autres, confii'nive teurs témoignages : « Comme il s'étoit , dit-il (^)y M éloigné des siens, il fut peixré d'un dard par un » cavalier ennemi qui vint à sa rencontre ». Loin qu'on pût soupçonner les siens d'avoir fait 1$ t:oup, on voit par cet histor'en qu'il en étoit éloi* mé lorsqu'il le reçut. Philostorge raconte aussi ^ te qu'il fut tué par un Sarrazin qui servoit dans 9» l'armée de Perse, et qu'après que ce Sarrazin eut » fait son coup, un des gardes de l'Empereur lui i> coupa la tête (4) ». Quoique cet historien soit Adrien , il est aussi bon qu'un autre , hors les inté-^ rets de sa secte , surtout étant soutenu par tant

C») Lib. X, n. i6. — *) jéur. in JuUano. — (3) Ruf. FesU Bret>* ad Val Aug. — (4) Philost, lib. yii, c. i5.

BossuET. AverL aux Prot. u 3'J

498 DÉF]3:!fSE DE L HISTOIRE

d autres historiens aussi peu suspects. Toute Tar^ mee^ comme on vient de voir^ n^en eut pas une autre opinion : Julien même^ qui nauroit pas ménagé les Galiléens , ne les accusa de rien ( 0 , encore qu'après sa blessure il ait eu de longB entretiens avec ses amis , et même avec le philosophe Maxime , qui Faigrissoit le plus qu il pou voit contre les chrétiens; mais il ne fut rien dit contre eux en 'cette occasion. Le seul qui attribue le coup k un chrétien, c'est Libanius, que M. Basnagen'a ose citer ^ parce qu il sait bien que ce n'est pas un historien y mais un dédamateur et un sophiste , et qui pis est , un sophiste calomniateur manifeste des chrétiens y qui porte par conséquent son reproche dans son nom; qu'aucun historien ne suit; que les historiens démentent; qui ne fait pas unehist<Àv%y mais une déclamation» où encore il ne dit rien de positif , et nous allègue pour toutes preuves ses conjectures et sa haine. IVlajs encore quelles conjectures? « Personne , dit'-il (^} , ne s'est vanté » parmi les Perses d'un coup qui lui auroit attiré )) tant de récompenses ». Gomme si celui qui Je fit en fuyant, comme on vient de voir, a a voit pas pu le faire au hasard , et sans le savoir luimême y ou quHl n'eût pas pu périr aussitôt après, . à la manière que dit Pliilostorge ^ ou par cent autres accidens. Mais quand Libanius auroit bien prouva que Julien fut tué par un des siens ; pour en venir à un chrétien , il n'avoit plus pour guide que sa haine : a On ne peut, dit-il, accuser de

(0 yfmm. Marc. Aid, — («) Uhan. JuL Epîtaph,

DES yJLKlkTlOJXB^ 499

» cette mort que ceux à qui aa vie n'étoit pas » utile y et qui ne vivaient p^s 3^1on les lois 3»^. C'est ainsi qii*il désig^oit 1q$ çhr^li^nSy ce qui^ » dit^^il y ayant déjà attenté $ttr ^a pei^ouue , tiç i> la manquèrent pas dan$ Toçca^it^ii ». Il o$e dir? que Ug clu^tiens avoient déjà souvent att^iiji^ s^y la via de FEmpçreur ; okose dont fkucwo auti"^ auteur ne £ait mention/ et di3iit pi^rspn^ç» ni Ju^. lien même, ne s^est jamais plaint; au eontrdi'e nous avons va qu encore qu*U liait TEglise a« point que tout le mouxie aait C')^ |àiuai9 il neiEt a tenu la fid^ilé pour suspecte. 11 e^t donc aussi vrai qu'il a été tué par on dirâiany qu'il est vrai que les chrétiens avoient déjà attenté sur sa vie. Libanius a dit Tun et Fautre ^ -et u*est pas moins calomniateur dans l'un que dans Tautre.

Pour ce qui est de& historiens ecdésiastiqueâ > Vïit. dont il semble qm hè liiâsiistr^ veuille 6 appuyer, Tcinoigiiaà cause seulement qu os n oott pas mé |è fait , il riens ecclése trompe encore^ cai* il cî)te en mai^e Socrafce- et sMAûques. Sozomèiie; mais voici ce- que ditSpcrate •(9).{ ce Pendant qu^il combat sans arnles^ae fiant à sa ^» bonne fortune, le coup dont il qnourut vint pu » ne ^ait d'où/ Cai' quelques-uns disent quun » transfuge p^^se le donnai et d'autres t. que ce » fut un scJilat rpmaia : et c'«st le bruit le a plua i^paadu p y ajoute cet bistoi^kw ; ce qui pourtant ne paroSt pas véritable puiaqu'on vo^it ^

tout le contraire dbuis plus d'hiatoii^as et âam$ ceux mêmes qui étcàeot pn&eiMt» ^ Ma^X£* » liste y poursuit Socr^te y un dçs gardes de l'Em-*

(«) y^ Awertiss. /i. 1 7. — W S09, m. a /.

5(M> DÉFlENSt DE L HISTOIKB

» pereur , et qui a écrit sa vie en vers héroï- » qiies, dit qu'il fut tué par un démon : ce qu il » a peut-être inventé par une fiction poétique, » et peut être la chose est-elle ainsi »• Voilà tout ce que dit Socrate, et il rejette assez clairement ce qu'on dit de ce prétendu chrétien; puisqu'il ne donne aucun lieu à cette opinion parmi les bruits incertains qu'ils racontent tous , sans même faire mention du sentiment de Libanius, que personne ne suivoit. Théodoret en use de même (0, sans rien décider sur le fait , et sans même daî« gner répéter ce qu'avoit imaginé Libanius^ comme chose qui ne méritoit, et en efiet û^avoit trouvé aucune créance.

Il ne reste à examiner que Sozomène , dont le ministre fait son fort , mais sans raison. Car il raconte seulement, <c qu'un cavalier en courant » fort vite avoit frappé l'Eûipei'eur dans l'obs- *> curitéy sans que personne le conn&t : qu'on ne ^> sait point qui le frappa : que les uns disent » que ce lut un Persan , et d'autres un Sarrazin : » d'autres un soldat romain indigné conti^ l'Em- I» pereur, qui jetbit l'aimée romaine en tant de »' périls (^) ». Si cela est, ce ne fut donc pas le christianisme qui le poussa à faire ce coup : et tels étoient, selon Sozomène, les bioiits populaires : après quoi il rapporte encore , pour ne riei> omettre, le discours du sophiste Libanius : puis en disant son avis, il se déclare pour l'opinion qui attribue cette mort à un coup du ciel, dont il

(>) TVieoàor. kisL Uh. m. ao. €dU. 164a, p, 6Ô7. -< (*) iSbc^ VI. I • a.

BBS TARIATIONS. Soï '

donne pour garant « une vision ^ où dans une 3» glande assemblée des apôti^es et des prophè^ » tes y après les plaintes qu*on y fit contre Ju- » lien y on vit deux de l'assemblée partir soudain-, » et peu après revenir comme d'une gi^andeexpé- » dition y en disant que c'en étoît fait, et que Ju* » lien n'étoit plus ». Il raconte à ce propos beau-* coup d'autres choses, qui tendent à confirmer que Julien étoit mort pai^ un coup miraculeux ; et ainsi le parti qu'il prend est directement opposé à celui de M. Basnage, qui ne craint rien, tant, que de voir les esprits célestes mêlés dans; cette mort. Il est vrai , qu'en récitant le discours de Libanius qui accusoit un chrétien , quoique ce ne soit pas là à quoi il s'en tient, il reconnoît que cela peut être : car en efiet , on ne prétend, pas que tous les chrétiens soient incapables de faillir : et Sozomène excuse l'action par rexemple< de ceux qui ont été tant loués , principalement parmi les Grecs , pour avoir tué les tyrans : dis-', cours^ qui peut avoir lieu contre Libanius et les. Païens qui élevoient jusqu'au ciel de tels atten-. tats, mais que le christianisme ne reçut jamais.

Voilà ces exemples de l^ancienne Eglise qu'on rxnous avoit tant vantés. Tout se réduit dans le; ^ *''^'°f

«ur Sozomé-

fait à la V conjecture du seul Libanius>, mani-- ne : Témoifeste calomniateur et ennemi juré des chrétiens \ g°*S« ^^^

Pcrcs de ce

et dans le dogme , au sentiment du seul Sozomène , ^^^^\^ ^ ^t en à qui sans lui dénier dans les faits l'autorité qu'il particulier peut avoir comme historien, nous refuserons har- ^„^J^^° diment celle qui peut convenir à un docteur. Car enfin , s'il est permis de mettre la main sur un

5oa DÉFENSE DE l'hIS^OIRE

etnpereur y àous prétexte qu il pei*sécute l'Eglise , que deyieniient ce» dédaratioas qu'elle faisoit durant la persécution dans toutes ses apologies, lorsqu'elle y protéstoit solenzlelleiaent qu elle i^gardoit dans les princes une seconde majesté ^ que la première màjeité^ c'est-à-dire celle de Dieu, avoit établie ; en sorte qu'lionorer le prince , c'étoit un acte de rdigion , conune en violer la ma* jestécétoit un sacrilège (0? Que si M. Basnage a voulu penser que TB^lise du quatrième siècle , et sous Jiilien l'Apostat^ eût dégénéré de c^tte sainte doctrine y il e&t fallu tious alléguer un saint Basile y un sàitit Grégoire de Nazianxe , un saint Ambroise , un saik^t Chrysost4>m6 ^ un saint Augustin et les autres saints évéques qu'elle reconnoissoit pour ses docteurs^ dont aussi le sentiment unanime regloit celui de tous les fidèles. Mais le ministre n'a pas o^ seulement les nommer \ car il savoit bien qu'en parlant souvent contre Julien l'Apostat^ et contre les ^autres princes persécu^* teurs, ils n'ont eu et n'ont inspiré à tous les peuples qu'un inviolable respect pour leur autorité. Je ne répéterai pas tout ce que î'ai dit sur cette matière dans le cinquième Avertissement (^), où il parott plus clair que le four., que loin de rien attenter contre la personne des princes , l'Eglise, quoique constamment la plus forte dans ce siècle, a persisté dans l'obéissance par majume , par piétét pardevoir, autant que dans les siècles où elle étoit plus foible. Seulement pour fei^mer la bouche à

(«) Voyoi F* Avertis*, n. i3 e< suiv* — (») V.* AverL n. i^

DES YÀRlATIOirS. 5o3

notre ministre , je le ferai souvenir de ce témoi^ ' gnage de saint Augustin (0: <t Quand Julien disoit » à des soldats chrétiens ^ Offrez de Fencens aux i> idoles y ils le refusoient : quand il leur disoit: » Marchez y combattez , ils obéissoient sans héA- » ter ». Mais c*étoit peut-être pour trooTer plus commodément dans la mêlée l'occasion de Tassas^ ziner. Laissons •- le croire à M. Basnage , à lÀbsu^ niuSf et aux autres ennemis de la piété. Saint Augustin dit toute ftutre chose de ces religieux soldats: « Ils distinguoient, dit- il ^ le Roi étemel M du roi temporel y et demeuroient assujettis au » roi temporel pour Famour du Roi éternel : 39 parce que y poursuit le même Père^ lorsque les » impies deviennent rois, c*est Dieu qui le fait » pour exercer son peuple »• Coiounent Fexercer ^ si ce n est par la persécution 7 D*oii ce grand homme conclut que, loin de rien entreprendre contre Fautorité et encore moins contre la per^ sonne du prince , on nt peut pas refuser à ôette puissance établie de Dieu , comme il vient- de le prouver, l'obéissance qui lui est i/ue. Saint Au*gustin fait deux choses en cette occasion , toutes deux entièrement décisives : la première , il pose le fait constant et public^ c*est»à«dire , Fobéissance que les soldats chrétiens rendirent toujours à Ju*« lien, sans s'être jamais démentis: secondement^ . il va au principe selon sa coutume , et il mbntre qute eette pratique constante et universelle des soldais chrétiens étôit fondée sur les maximes iné«

(») F'^ Avert» m 1 7 cr ««V. JÉug. in Psal. cxxiv^ n. 7 j tom. IV, ce/. i4i^'

!>o4 DÉFENSE DE l'hiSTOIRE

branlables de TEglise, en sorte « qu on ne pon- 3» voit pas refuser à cette puissance Fhonneur qui » lui étoit dà. Non poteral non reddi honos ei de^ » bituspotesiatiit.Cesi d'un si grand évéque qu il lalloit apprendre la pratique inviolable aussi bien que la doctrine constante de TEglise sous Julien> et non pas de Libanius, ou même de Sozomène. -Car outre la différence qu il y a entre un docteur si autorisé et un simple historien , Sozomène rai* sonne sur un récit en Tair, que lui-même croycût faux ; et saint Augustin rapporte un fait constante dont il avoit pour témoin tout l'univers ; Sozomène répond à un Païen selon les principes du paganisme ; et saint Augustin propose les plus sûres et plu& saintes maximes du christianisme ; et ce qui seul emporte la décision , Sozomène parle seul sans qu'on puisse alléguer un seul -chrétien qui ait parlé comme lui ; et saint Augustin est ■soutenu^ comme on Ta fait voir (0, par la tradition constante de tous les siècles passés , et par le consentement unanime de.tous lesévéques de son temps.

Page 1