‹ Histoire des variations des églises protestantes, suivie des avertissemens aux Protestans, sur les lettres du Ministre JurieuChapitre 40 sur 55 · X. Et puisque nous sommes tombés sur saint Au · texte numérisé non relu

X. Et puisque nous sommes tombés sur saint Au

Doctrincde gus^j^ ^ pour ne m'en tenir pas ici seulement à ce sar robéis- que j'en avois rapporté ailleurs ; vous sei^z bien sancedcssa- aises, mes Frères, de remonter aveclui jusquaa principe qui P^^n^ipe qm peut rendre les guerres l^itimes , rend les afin 4'entendre à foiul combien sont injustes celles tim"** que l^s ministres ont fait entreprendre à vos pères j et qu'ils voudroie^t encore aujourd'hui vous faire imiter.

(0 F'.^ Ayçrt. /i. 3, 12, l3, elc, fusquà 21.

DES VARIATIONS. 5o5

' Saint Augustin , attaqué par diverses objections des Manichéens y qui condûmnoient beaucoup de pratiques et de lois de Fancien Testament, comme contraires aux bonnes mœurs ; pour connoître la règle des mœurs, consulte avant toutes choses, la loi éternelle , c'est-à-dire , comme il la définit, la raison divine et l'immuable volonté de Dieu , qui ordonne de conserver Vordre naturel^ et defend de le troubler (0. Puis venant à parler des guerres entreprises par l'ordre de Dieu sous Moïse et les autres princeç du peuple saint , il montre aux Manichéens, qui les blâmoient, que si Ton peut entreprendre justement la, guerre par Tordre des princes, à plus forte raison le peut- on par Tordre de Dieu, pour punir- ou pour corriger ceux qui se rebellent contre lui {^). Par ce moyen il entre nécessairement dans le principe qui rend les guerres légitimes parmi les hommes ; et là en considérant la loi éternelle qui ordonne de consei-ver Tordre naturel, il donne cette belle règle : « L'ordre naturel , dit-il (5)^ sur lequel est établie » la tranquillité publique , demande que Tauto- » rite et le conseil d'entreprendre la guerre soit » dans le prince , et en même temps que Texécu- » tion des ordres de la guerre soit dans les soldats » qui doivent ce ministère au salut et à la tran- » quillité publique ». Ainsi selon Tordre de la nature, que la loi éternelle veut conserver, saint Augustin établit dans le prince , comme dans le

(0 Cont. Faust, lih, zzii , cap. 37 j tom. viir , coL SjS. — {*)Ibid. €ap. 74 ) coL 4o4 et sttjf, — « O lUd* cap, *jS,

5oS OÉFEUSB AB l'hISTOIKC

jdief y la raison et rautoiitë ; et dan» les soldats , comme dans les membi^es, un ministère qui lui eft soumis : d*où il s'ensuit ^ que quicqnque n'est pas le prince ne peut commencer ni entreprendre la guerre. Autrement contre la nature il ôte à la tête Tautorité et le conseil , pour les transporter aux membres qui n ont que le ministère et Texécution: il partage le corps de TEtat : il y met deux princes et deux chefs : il fait deux Etats dans un Etat; et rompant le lien commun des citoyens ^ il introduit dans un Empire la plus grande confusion qu'on y puisse voir , et la plus prochaine disposition à sa totale ruine , conformément à cette parole de notre Sauveur : Tout rojnmme divisé en lui-même sera désolé ^ elles maisons en tomber roni l'une sur l'autre (0.

Il ne faut donc pas sV tonner , si saint Augustin^ n a laissé aux soldats de Julien autre parti à prendre dans la guerre , que celui d'obéir à leur Empereur, lorsqu'il leur disoit. Marchez : s'ils marchent sans son ordre, et encore plus s'ils marchent contre son ordre , de membres ils se font les chefs , et renversent Tordre pj^blic : ce qui va si loin, que qui combat même l'ennemi sans l'ordre du prince, se rend digne de châtiment: combien plus s'il tourne ^e^ armes contre le prince lui-méipe , et contre sa patrie , comme oo fait dans les guerres civiles ? .

Et de peur qu'on ne s'imagine qu'en combat^ tant sous un prince injuste , on ait part à Tinjus-

{}) Mauh, XII. a5. Zuc. xx. 17.

DES VARIATIOIfS. Soj

tice de ses entrepnsea ^ saint Augustin établit un autre principe (0^ ou plutôt do premier principe qu'il a établi , il tire Cette conséquence ^ « qu'un » homme de bien qui en combattant suit les ordres » d'un prince impie ^ et ne Toit pas manifestemetit » l'injustice de ses desseins , ni une expresse dé«> » fense de Dieu dans ses entreprise j peut inno- » cemment faire la guerre en gardant l'ordre » public et la subordination nécessaire au coi^s » de l'Etat » : c'est-à-dire, en sd soumettant à Tordre du prince y qui seul en fait le lien : « en » sort&5 continue-t-'il^ que l'ordre^de la sujétion » rend le sujet innocent ^ lors même que l'injustice y> de l'entreprise rend le prince criminel » : tant ^ il importe à l'ordre , dit le même Père^ de savoir ce qui convient à chacun W : et tant il est véri* table que l'obéissance peut être louée , encore même que le commandement soit injuste et con-^ damnable.

Par-là donc on voit clairement que dans les guerres on n'est assuré de son innocence, que lorsque l'on combat sous les ordres de son prince; et qu'au contraire loi*sque l'on combat , ou sans son ordre , ou , ce qui est encore pis, contre son ordre et contre lui , comme dans les guerres eu viles, la guerre n'est qu'un brigandage, et on commet antant de meurtres qu'on tire de fois l'épée.

Mais parce qu'on pourrait imagine!* d'autres XI. règles à suivre lorsqu'on est injustement opprimé ^".^^ *^* par son prince légitime , saint Augustin fait voir g. Auçuaiin,

(») Btatth. XII. 25. Luc. xi. f^. — (») ibid, cap, 73.

5o8 DÉFEHSB OÏL HISTOIRE

ei qu'elle dans la suite, par Texemple de Jésus- Clirist (0, nés autre q^»gJ|CQJpe q^'^ fj^^ rinaocence même, et tout

chose qu une ^ * '

fidèle inter- ensemble le plus parfait et le plus indignement ^^Zl^' opprimé de tons les justes, « U ne permet pas à » saint Pierre de tirer Tépée pour le défendre , et » répare par un miracle la blessure qu*il avoit » faite à un des exécuteurs des ordres, injustes » qu on a voit donnés contre lui » : montrant en toutes manières à ses disciples y et par ses exemples aussi bien qu*il avoit fait par ses paroles , qu il ne leur laissoit aucun pouvoir ni aucune force contre la puissance publique y quand ils en seroient opprimés avec autant d'injustice et de violence qu'il Favoit été lui-même.

Ainsi loin de conclure, comme a fait M. Ju* rieu, que Jésus-Christ en commandant à ses disciples d'avoir des épées y avoit intention de leur commander en même temps de s'ai servir pour le défendre contre ses injustes persécuteurs W f saint* Augustin remarque au contraire (^)y « qu'il » avoit bien ordonné d'acheter une épée, mais » qu'il n'avoit pas ordonné qu'on en ft*appàt y et » même qu'il reprit saint Pien^e d'avoir frappe » de lui-même » et sans ordre : afin de lui faire entendre qu'il n'est permis aux particuliers d'employer l'épée qu'avec l'ordre ou la permission de la puissance publique, et qu'il est encore bieii moins permis de l'employer contre elle-même dans quelque abus qu'elle tombe. C'est aussi manifesILement ce que Jésus- Christ nous fait voir^ lorsqu'à l'occasion de ces épées et des coups que

(•) IbiJ. cap. 76, 77,— (») iT/ At^ert, n. a3. — v^) IMJ. cap, 77.

DES VARIÀT10If$. 5o9

ses disciples en donnèrent : Il faut, dit -il (0, çue cette prophétie soit encore ticcomplie de moi: Il a été mis au nombre des scélérats : mettant manifestement au rang des crimes y la résistance que voulurent faire ses disciples à la puissance; publique y encore que ce fdt dans une occasion où Tin justice et là violence furent poussées au dei*nier excès , ainsi que nous Favons plus ample^ meut expliqué ailleurs (^).

Selon ces paroles de Jésus- Christ ^ il rie reste pluis aux fidèles/ opprimés par la puissance publique, que de souilHr à lexemple du Fils de Dieu y sans résistance et sans murmure , et de répondre comme lui à ceux qui voudroient combattre pour les en empêcher : Ne voulez-vous pas, que je hoive le calice que mon Père rna préparé (3)? Cest ce qu'a fait Jésus-Christ, et c'est ce qu'il prescrit aux siens : .// leur présente , dit «aînt Augustin (4) y le calice qu'il a pris ; et sans, leur permettre autre chose , il les oblige à la pa^ tiencepar ses préceptes et par ses exemples. C'est pourquoi y dit le même Père (S), « quoique le » nombre de ses martyrs fût si grand, que s*il » avoit voulu en faire des armées, et les protéger » dan^ les combats, nulle nation et nul royaume » n'eût été capable de leur résister » : il a voulu qu'ils souffrissent, parce qu'il ne convehoit pas à ^es enfans humbles et pacifiques de troubler l'ordre naturel des choses humaines, ni de renverser,

(0 Lue. xxii. 37. — W ^.* ^»'«/t. II. a3. — (?) Joan. XTiii. 11. -V W Jiug. ihid. cap. 76. — (5) lJ,id,

5lO BéFEirSG DE L HISTOtRE

avec rautorité des princes ^ le fondement des empires et de la tranqi^iUité publique.

Telle est la doctrine de saint Auçastin , qui se trouve renfermée toute entière dans ce seul mot de saint Paul : C0 n'est pas en omu/i t/ue le prince porta Vépée comme ministre 4e Dieu , çt comme vengeur des crimes (0 : par oà il montre que le prince est seul armé dans un Etat : qu'on n*a nulle force que sous ses ordres : que c'est à lui seul à tirer l'c^pée que Dieu lui a mise en main pour la vengeance publique ; et que Tëpée tirée contre lui est celle que Msus^llhrist ordonne de remettre dans le fourreau. Ainsi les guerres civiles^ sous prétexte de se défendre de Toppi^ssion y sont des attentats ; et saint Augustin, qui a établi cette vérité par de st beaux principes , n*a été que rinteiprète de saint Paul.

"Xn. Selon ces lois étertielles qui ont réglé durant

les dc*M™ ^^ persécutions la conduite de l'Eglise* et qu elle Basnuge rë- n'a Constamment jamais démenties , elle n'a voit prouvés par g^rde d'approuver le soulèvement du peuple de ne de s. Paul Coustantînople contre l'empereur Anastase, où et de aaint ce bel ordi^ et si naturel des choses famnainês "^ * étoit si étrangement renversé , que les membres mettoient en péril non-seulen^ient l'autorité, mais encore la vie de leur chef: encore moins êût-^e approuvé ce [x^tenda attentat d'un soldat diretien contre Julien , qui , selon les règles de l'E* glise, quoi que Sozomène en eût pu dire, eût passé pour une entreprise contre la jloi éternelle,

(0 Rom, XIII. 4*

DES VARIÀTIOMS. 5ll

et même pour un sacrilège contre la seconde majestë.

Pour ce qui regarde les Arménien^ sujets à la xm. Perse, ou comme on les appeloit, les Pers-Ar* Exameoparmeniens, qui maltraités pour leur religion par rexemp]«aeâ le. roi de 'Perse, se donnèrent à Fempereur Jus* Pers-Armétin; il faudroit saToir pour en juger, à quelles /**«^- A»conditions le royaume d'Arménie étoit sujet à trîne des celui de Perse. Car tous les peuples ne sont pas ^^^rëtiens de sujets à même titre ; et il y en a dont la sujétion fidélité qn on tient autant de Talliance et de la confédération , doitaaprmque de la parfaite et Téritable dépendance : ce ^*' qui se remarque principalement dans les grands «mpires , et surtout dans leurs provinces les plus éloignées, au nombre desquelles étoit la Pers^ Arménie dans le vaste royaume de Perse. Elle avoit été détachée du reste de rArménie, et tout ce royaume avoit autrefois appartenu au^^ Roumains , mais k des conditions bien difiiîrentes du reste des peuples sujets; puisque l'Empire romain n*exerçoit aucun droit sur ceux-ci , que celui de leur donner un roi de leur nation et du sang des Arsacides, sans au surplus en- rien exiger, ni se mêler de leur gouvernement.

Après même qu'ils eurent cessé d'avoir des rois, ils consei^oient de grands privilèges, et prétendirent en général devoir vivre selon leurs lois, et en particulier, d'être exempts de tous impôts(0 : en sorte qu'en étant chargés, ils se don* nèrent au roi de Perse. Si la partie de ce royaume, . qui fut depuis sujette à la Perse , en s'unissant à

WProc. Pers. /. i, <?. 3.

5l2 DÉFENSE DE l'hISTOIRE

ce gi^and empire s'ëtoit reseive ou non quelque droit semblable , et avoit fait ses conditions sur la religion chrétienne qu'elle avoit presque reçue -dès son origine y cest ce que les historiens de M. Basnàge ne nous dirent pas (0 , ni aucune des circonstances qui pourroient nous faire juger jus* qu'à quel degré on pourroit condamner ou excuser la défection de ces peuples. Mais comme ces historiens nous racontent dans Iq même temps , et pour la même cause , une semblable action des Ibériens y nous pouvons juger de Tube par lautre • Or constamment les Ibériens , quoic^ue sujets de la Perse ^ ne Fétoient pas si' absolument qu'ils n eussent leur roi, et n usassent de leurs lois. Cest •Procope qui nous Tappren^l (^)y et que le roi des Ibériens qui se retira d'avec le^ Perses pour s'attacher aux Romains , s'appeloit Gurgène ; ces peuples y qui avoient leurs rois, ordinairement étoient bien sujets du grand roi de Perse pour certaines choses ; et dévoient le suivre à la guerre : mais dans le reste lé roi de Perse n'exerçoit sur eux aucune souveraineté (^). Ainsi on peut croire que les Ibériens et leur roi étoient soumis à Tempire persien à peu près aux mêmes conditions que les Laziens leurs voisins (c'étoit l'ancienne Colchos) l'étoient au)c Romains ; et tout le droit des Romains consistoit à envoyer au roi de Colchos les marques royales y sans en pouvoir exiger d'autres services. Telle étoit la condition^de ces peuples. Mais, après tout y que nous importe, puisque dans le

(0 JEyag. lib- Y. Thtoph. Bjrzanc. apudPhoL Joan. Bialar. ùt Chron. — C») Proc. Pers. i. 12 ^ ii. 8, i5. — (}) Ihid. 11. i5.

fond,

DES VARIATIONS. 5l3

fond y et quoi qu il en soit j si les Pers*Annéniens étoient sujets aux mêmes conditions que Jes Perses; leur sentence est prononcée dès le temps de la , j^rsécution de Sapor, oîi nous avons vu; les ëvéques et les chrëtiçns accusés dintelligcnce.avec les Romains, s'en défendre comme d'un crime , et re-; , pousser cette accusation comme une -manifeste calomnie (0. On sait aussi que Constantin ne fit autre chose que d'écrire en leur faveui*/ comme nous l'avons fait voir par Sozomène (^) ; et nous y ajoutons maintenant le témoignage conforme deThéophane, qui assure en termes formels qu'ils furent calomniés par les Juifs et par les Perses (5). Ainsi les Fers - Arméniens , s'ils étoient sujets comme les autres et à même condition, ne peu-, vent qu'augmenter le nombre des rebelles que la loi éternelle condamne.

..On voit clairement par^là que les exemples.de M. Basnage , à la manière qu'il nous les propose , sont des exemples réprouvés. Ce ne sont donC' pas des exemples de l'ancienne Eglise , dont aussi on ne. nous fait voir aucune approbation.

• Ainsi ceux qui nous les proposent , au lieu d'autoriser leurs attentats, en prononcent la condamnation, et montrent qu'il ne leur^reste plus aucune ressource.

On s'imaginera peut-être que la Réforme , si XIV. souvent livrée au mauvais^ esprit qui la poussoit , ^"**^°"' à la révolte, n'aura qu'à la désavouer et tous ceux me et de ses qui l'ont excitée.Mais non : . car on a vu , par des «c"^«"»" ^^

les révoltes.

(>) F",* AverL n. ao. — W *$b». ii. 8. — \^j Thtop, Chronogr,

BossvhT.. Avert» aux Prot. i. / 33 .

Sl4 DÉFEirSE DB L^HISTOIRE

pièces qui ne souffrent aucune réplique , que ceux qui ont excite la. révolte , et qui Font autorisée par leurs décrets ^ sont les ministres eux-mêmes ^ sans en excepter les Réformateurs , et que le peuple réformé a été porté à prendra les armes contre son roi et sa patrie par les décrets des synodes les plus authentiques.

Telle a été Taccusation que f ai intentée à la Réforme ; et il ne faut pas s*étonner si elle est tombée, en se défendant, dans de manifestes con* tradictions. Car voici la juste sentence du souverain Juge : ceux qui combattent la loi éternelle de la vérité sur laquelle est établi Tordre du monde , par une suite inévitable de leur erreur sont forcés à se contredire eux - mêmes ; et c*est ce qui a causé dans la Réforme les variations in« finies qu'on a vues dans cette matière. La loi de la vérité gravée dans les coeurs Tavoit forcée à ne montrer au commencement que douceur et que soumission envers les puissances. Aussitôt qu'elle s'est senti de la force, elle a mis en évidence ce qu'elle portoit dans le sein ; elle a changé de lan« gage comme de conduite : et le même esprit de vertige et de variation , qui a paru dans tout le parti , s'est fait sentir en particulier dans les au* teurs qui ont écrit pour sa défense*

Nous avons vu dans l'Histoire des Variations (') que la Réforme si souvent vaincue et tellement désarmée ,. que la révolte étoit impossible , s'est tournée à faire voir, si elle pouvoit, que ces guerres qu'on lui ^reprochoit étoient guerres de

i,*) Var, Uv. z y n. a6 0t /imV.

DSS ¥ARIATIOH0. 5l5

politique , où la religion n'avoit aueune part ;.et ceat à quoi les meilleures plumes du parti, les BayleSy les Burnets, les Jurieux mime ont eon<* tnmé leur esprit ; mais on ne veut plus mainte*nant s'en tenir là : on veut que la Ré£i^m|e arme de nouveau , si elle peut ; et le mâu^e Jurieu qui a condamné les guerres civiles, coo^mecoi^traires à Fesprit du christianisme , lionne niaintçqiJit le tocsin, et B*oublie rien pour montrer q^e c^^ guerres sont légitimes : il méprise Tanoicnne Eglise ; il profane l'Ecriture en cent endroits ; il ^dogmatise ; il prophétise ; tout lui est bon , pourvu qu'il vienne à son but de potter le flambeau d^ ia rébellion dans sa patrie qu*il a renoncée.

Qu'on ne s'imagine pas que le ministre Basnage xv. aoit moins aiâté de cet esprit de la secte, bous ^•^^^«e^

^ * cfntratné par

firéteste qu'il parott fha modéré. Il a fait plus Ki même f que le ministre Jurieu , puisqu'il n'a pas craint P"* • on le d'attribuer non-seulement des révoltes , mais en- ^^ j^ ^^ core des panricides à l'ancienne Eglise, ce que moyens de m l'autre n'avait osé. Il ne faut pas s'étonner après '^p^«« ^

* * se cootredi*

cela, s'il excuse tontes les guerres civiles, et jus- sentrunrw 4]u'à la conjuration d'^mboise (0 ; mais il ne peut ^^* pas demeurer ferme dans un sentiment si ipsoii^ tenable : en même temps qu'il trouve justes tous jce$ attentats, il fait les derniers efforts pour eâ défendre la Réforme et ses synodes ; c'est-à-dire ^e toutes ces bonnes actions au fond lui paroissent dignes d'être désavouées; et pendant que sa l^nme les justifie , sa oonscirace lui dicte au dedans que ce sont des crimes- C'est ce qui jette l'esprit

(0 r. 1,^11, cA. 6,^.512,5x3.

5l6 b'ÉFËNSE bE L*BIStOIR£

de vertige et de contradiction dans sa défense, puisqtie les deux moyens qu'il y emploie ^ se com-> "battent Tun Fautre : il soutient que toutes les guerres des Prétendus Réformés sont justes ; et en même temps il fait violence à toutes les histoires , pour nous faire accroire que la religion n y a point de part. Mais quelle difficulté de lui donner ^art à ce qui est juste? G^est ce quon ne corn- "prend pas; et cependant y sans nous contenter de cet avantage , nous montrerons dans le reste de ce discours non-seulement que ces deux moyens sont incompatibles , mais encore que chacun des deux est mauvais en soi. >

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