‹ Histoire des vicomtes et de la vicomté de LimogesChapitre 102 sur 130 · Î HISTOIRE DES VICOMTES · texte numérisé non relu

Î HISTOIRE DES VICOMTES

pour protéger ses concitoyens contre la fureur des soldats et les exactions des chefs. La Morie, sans respect pour ses cheveux blancs, le fit arrêter, le retint cinq jours dans une prison sombre et étroite, coudhé sur la terre humide, et presque sans nourriture. Il ne lui rendit la liberté qu'au prix d'une rançon de deux cents écus d'or. Ce chef, barbare et rapace, voulut forcer aussi les officiers de l'élection, Pierre La Fagerdie, Martial Ghassaing et Guillaume de Maruc, à percevoir le montant des tailles de l'année suivante et à le lui livrer, menaçant de les étrangler de ses propres mains, ou de les faire pendre, si dans quatre jours ils n'avaient pas obéi. Les malheureux prirent la fuite. L'un d'eux, réfugié dans son château de Pontmartin, y fut attaqué; mais, aussi courageux que fidèle à ses devoirs, il força les assaillants à la retraite. La Morie ne sortit de la ville, pour se retirer au château de Turenne, qu'à l'approche du duc de Mayenne, qui venait de s'emparer de Beaulieu, où les ligueurs, aussi avides de butin que les prolestants, pillèrent l'abbaye *. Tulle, pour perpétuer le souvenir de la délivrance , prit cette devise : Fide et fidelitate semper immota, t inébranlable dans sa foi et dans sa fidélité. »

L'armée des ligueurs, commandée par Mayenne, eut des succès sur plusiéurs points du Bas-Limousin. Saint-Chamans, un de ses chefs, établit son quartier général à Astaillac, s'empara du château de La Roque; d'Authefort força Cavagnac, lieutenant de Turenne, à sortir de Beaulieu.

Pendant ce temps-là, les protestants n'avaient pas cessé de parcourir le Haut-Limousin et de menacer Limoges, où les consuls faisaient toujours bonne garde. Le château de Cromières, propriété héréditaire de l'ancienne et illustre famille de Bermondet, tombait en leur pouvoir (1586)*.

1. Voir pour plus de détails mon Hist. du Bas-Limousin, T. II, p. 351.

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