‹ Histoire des vicomtes et de la vicomté de LimogesChapitre 104 sur 130 · Commune de Saint-Denis-des-Murs, canton de Saint-Léonard · texte numérisé non relu

Commune de Saint-Denis-des-Murs, canton de Saint-Léonard

3. Deui nobles pèlerins de Venise, venus à Saint-Léonard pour honorer les reliques, au XII e siècle, fondèrent à l'Artige un ordre religieux dont le monastère fut construit en 1165. (Mss. ArtigijE, ap. Biblioth. nationale.) Des extraits de ce document ont été faits par Nadaud (mss. au séminaire de Limoges).

ville, on entendait les plaintes de ces pauvres éprouvés que la charité publique ne pouvait plus secourir/ Plusieurs mangeaient des herbes crues et mouraient ensuite dans d'affreuses tortures; cependant la peste faisait les mêmes ravages à Belac et dans d'autres localités. On disait partout qu'elle avait été portée de Lyon à Limoges par un homme au service du marchand Bouty. Les chroniqueurs ajoutent qu'en effet, toutes les fois qu'elle avait sévi à Lyon, Limoges en était atteint avant les autres villes, sans doute par suite des nombreuses relations de commerce entre les deux cités.

Rien n'arrêtait cependant les hostilités. Les protestants qu'on était parvenu à chasser du château de Cromières s'étaient saisis de .celui de Saint-Victurnien et s'y étaient fortifiés 1 . Attaqués par le capitaine Puymolinier, ils furent forcés de se retirer dans l'église, d'où l'on ne put pas d'abord les déloger. D'autres, commandés par les capitaines Delagne, de Borie et de Garbonnière, occupaient le bourg d'Ambazac, établissant leur principal poste dans la vieille église, qui jusqu'alors n'avait retenti que des chants sacrés 2 . Dans le même temps, les chanoines de Saint- Étienne, que la peste avait forcés de fuir, mais qui ne trouvaient ailleurs ni ressources ni sécurité, rentraient dans leurs cloîtres. Alors la haine des catholiques devenait plus que jamais implacable, poursuivant quiconque était soupçonné de servir le parti des huguenots. L'ex-

1. Ce bourg doit son nom à un solitaire, venu d'Ecosse au vu» siècle. Son tombeau attire encore de nombreux pèlerins. Jacques Merlin, savant très-distingué, chanoine de Notre-Dame de Paris en 1525, naquit à Saint- Victurnien. On lui doit des éditions d'Origène, de Pierre de Blois, et une collection des conciles.

2. Cette église possède une riche chasse byzantine, revêtue d'or, de pierreries et d'émail. (L'abbe Texiee : Essai sur les émaiileurs, p. 118.) Devant la porte est un grand bassin en granit qui servit peut-être à donner le baptême par immersion.

communication frappait en même temps Henri de Navarre, qui traversait la vicomté de Limoges, pour aller à Goutras relever l'honneur et la fortune de sa maison. Ses vassaux n'accoururent point au-devant de lui, pour lui faire hommage. Les principaux étaient encore dans les rangs des ligueurs; les autres se cachaient dans leurs petits manoirs. Tous, se rappelant à combien d'humiliations les avaient soumis ses prédécesseurs, croyaient qu'en combattant contre le roi il avait perdu tous ses droits de suzerain. L'ennemi du catholicisme était l'ennemi du grand nombre, dans ce pays profondément attaché aux croyances de l'Église. Malheur aux adhérents de la réformel Maurice Lescure, fils d'un marchand de Limoges, et quelques autres, accusés de favoriser ce parti, furent décapités à la grande joie du peuple.

Après la bataille de Goutras (1587), la guerre continua avec le même acharnement, alors que la modération du vainqueur eût dû disposer les partis à plus d'humanité. Le chapitre de Saint-Étienne fit de la cathédrale un poste militaire en y mettant une garnison, et alla faire ses cérémonies à Saint-Martial ou à' Saint-Pierre-du-Queyroix. La Morie, chef calviniste, surprît Châteauponsac, y séjourna quelques mois avec sa troupe, y leva de l'argent et des hommes 1 pendant que d'autres de son parti étaient chassés de Maraud par La Guiche, qui conduisait un détachement de catholiques. Le prince de Dombes assiégea le château du Dorât, occupé par les ligueurs, qui se rendirent aux premiers coups de canon (1589). Les habitants, depuis longtemps sous le coup des menaces de cette position qui dominait leur ville, demandèrent alors qu'elle fût rasée*.

Peu de temps après les troupes royales, sous la conduite du

!. Joullieton ; Hist. de la Marche, t. I, p. 333.

2. Eugène Lecointre : Mémoires sur Pierre Robert, p. 9» . . .

vicomte de Ventadour, prenaient leur revanche en s'emparant du fort Saint-Anne 1 et du château de Béchadie*.

Les hostilités continuaient aussi dans le Bas-Limousin; le vicomte de Tu renne, «cet homme qui ne fut animé que par l'esprit de faction 3 ,» excitait ses détachements à ravager les champs. Gavagnac, son lieutenant, étant venu attaquer le château du Pescher, les habitants accoururent au secours de cette place au moment où les seigneurs de Pompadour, de Gimel et de Marcillac y arrivaient aussi dans la même intention, avec un renfort venu de Tulle. Les protestants levèrent le siège et rejoignirent ceux des leurs qui, maîtres du château de Voutezac, exerçaient dans les environs les plus odieuses violences et attachaient souvent aux créneaux des tours les cadavres de leurs prisonniers. Le seigneur d'Aubeterre, sénéchal du Périgord, chargé de rétablir dans le pays l'autorité du roi, ne tarda pas à arriver à Brive avec cinq cents cavaliers et quelques fantassins. Aidé des volontaires qui répondirent à l'appel du consul Maillard, il attaqua Voutezac, s'en empara, et détruisit le château. Les positions d'Ayen et de Saint-Robert résistèrent plus longtemps. La belle église de Saint-Robert, relevant de Tordre de Malte, servit de citadelle aux protestants qui, un jour, ayant aperçu François de Lastours, abbé de Dalon, qui revenait d'un pèlerinage à Rocamadour, avaient dirigé sur lui leur artillerie, sous les coups de laquelle il périt. Forcés de quitter cette position, ils ruinèrent la maison des reli- I gieux et une partie de l'église*. D'autres qui occupaient le

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