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en s'efforçant de faire reconnaître sa suzeraineté à quelques-uns de ses vassaux, le vicomte se soumettait à l'hommage auquel il était tenu envers quelques dignitaires de l'Église, comme l'évêque et l'abbé de Saint-Martial. Hugues de Bauze, évêque d'Angoulême, lui rappela aussi que ses ancêtres avaient reconnu la suzeraineté du siège de Saint- Àusonc pour plusieurs propriétés en Périgord et en Limousin; *ussi fut-il sommé de renouveler l'hommagelige entre les mains de cet évêque pour tout ce que ses prédécesseurs tenaient de Pévêché d'Angoulême. Cette cérémonie eut lieu en présence de nobles personnes Raynaud de Saint-Amand, Jean de Saint-Médard , chevalier, Jean de Sermet et Alexandre de Saint-Gelais, écuyers, le 12 avril 1505 (v. s.) «•
L'année suivante, la chatellenie d'Excideuil, qui formait le douaire de Jeanne de Bretagne, dame de Baslon, fille de Guillaume de Bretagne, son prédécesseur, rentra sous son autorité. Cette noble femme, qui depuis la mort de son père avait continué d'habiter le Limousin, s'était montrée toute sa vie pieuse et bonne pour tous ceux qui l'approchaient, consacrant ses revenus au soulagement des pauvres et de toutes les misères de son temps. Aussi son testament, fait à Excideuil, reste-t-il comme un vivant témoignage de piété et de charité : « Que mon corps soit mis et porté par mon écuyer et mes serviteurs au couvent des Frères Mineurs, pour être enseveli à l'entrée du grand portail, en faisant assister à la cérémonie quatorze jeunes filles à marier, vêtues de robes blanches toutes neuves, et chacune tenant dans sa main une chandelle de cire de la valeur de six deniers tournois. » Aux religieux, qui pendant un an devaient dire pour elle des messes sur son
1. Charte du 12 avril 1505 (v. s.) aui Ârch. de Pau : F* de la vicomtéi % n* 663.
tombeau, elle donnait cent li?res tournois; au couvent, trois cents livres; à l'église Saint-François, une chasuble « et deux courtivaux » de velours noir, « un caliçon » et deux buvettes d'argent, le tout pesant quatre marcs et demi d'argent; deux cent cinquante livres pour les réparations de l'église Saint-Thomas; soixante livres à l'église paroissiale de Saint-Martial d'Albarède, près de la ville; à la chapelle de la commanderie de Saint-Antoine d'Excideuil, vingt livres; à l'hôpital « de monseigneur sainct Thomas, » trois cents livres destinées à l'établissement d'une chapelle en l'honneur de sainte Marthe, et de plus i< un caliçon d'argent jusques au poids de trois marcs d'argent. » Pour perpétuer le souvenir de son passage sur cette terre et pour signe de l'expiation de ses péchés : « Voulons que près de nostre dit corps soit faict et édi6é un authel, pour chanter et dire les messes, au quel seront les images en pierre et pourtraictés de madame sainte Anne, de monseigneur sainct Joseph et sainct François : que soit un crucifix dessubs la croix, et mis l'image de madame saincte Madeleine, embrassant la croix; qu'au maistre authel soient faicts et mis les images de messeigneurs sainct Michel et sainct Gabriel, présentant nostre âme à la benoîte vierge Marie et à son précieux fils. » Ses serviteurs avaient aussi une large part à sa reconnaissante libéralité. « A Jehan de Sainct-Astier, nostre escuyer, la somme de quatre cents livres, pour le reste de ses gaiges; et pour les agréables services qu'il nous a faicts par ci-devant, trois cents livres; à messire Anthoine de Gousson, nostre prebtre, le village de Tculet, assis et posé en la paroisse de Saint-Martin-la-Fage ; à nostre bien-aimé Simcn de Marcillac, nostre secrétaire, deux cents livres, et reconnoissons à lui debvoir la somme de deux cents livres, pour cause du douaire et mariage de Catherine
Prevoste, sa femme, nostre fille de chambre, et par nous à icelle Catherine devons quarante- trois livres; au même Simon de Marcillac, pour ses agréables services, une maison appelée Sainct-Marlin en la ville de Chasteau- Millac; à André Bernart, maréchal taillandier, la somme de vingt-cinq livres dix-neuf sols, à cause de ses gaiges, et pour ses agréables services, la somme de deux cents livres, ensemble tout le bétail que nous avais au village de Caumont, proche Saint-Mariin-la-Horle ; à Louis Monceau, nostre bouteillier, la somme de vingt-cinq livres, pour ses gaiges ; à Thomas Champalain, nostre capitaine d'Excideuil, quinze livres, pour marier sa fille, et en oustre nostre saumature, garnie de bœufs ; à Ménigon de Lespinasse, nostre laquais, cent livres; à Jean Poyart, nostre barbier, cinquante-deux livres ; à Jehan Dumonau, nostre cousturier, trente livres *. »
i. 8 février 1506 (v. s.). Arch. de Pau : F. de la vicomté, E, 663.