‹ Histoire des vicomtes et de la vicomté de LimogesChapitre 4 sur 130 · CHRor;. mss. — Froissart, 1. L, c · texte numérisé non relu

CHRor;. mss. — Froissart, 1. L, c

à la mine, et défendant aux siens d'engager la moindre escarmouche. « Les hurons et pionniers, ayant miné et appuyé les murs des pilotis de bois ensoufrés, ils firent tant par leurs labeurs, qu'ils vinrent au dessein de leur ouvrage et entreprise, laquelle contenoit cent coudées de muraille, sans comprendre ladite tour d'Aléresia. Ils mirent bois, soufre et autres matières sèches, pour brûler et consumer le pilotis, puis avertirent le prince que, quand il lui plairoit, feroit renverser les murs dans les fossés, où ses gens pourroient entrer facilement. » — « Oil, dit-il, je veux que demain à l'heure de primes votre ouvrage se montre. » De leur côté, les assiégés pratiquaient des contre-mines.

Pendant ce temps-là, Duguesclin, à la tête de deux cents lances, parcourait le Limousin, le jour tenant les champs pour attaquer les détachements ennemis, la nuit se retirant dans les forteresses qui appartenaient aux divers seigneurs dévoués à la France, tels que ceux de Marval et de Mareuil. Presque toujours il surprenait les Anglais dans les petits bourgs ou dans les manoirs, « où ils festoyaient. » . Toujours fidèle à la cause de Jeanne-la-Boiteuse, l'illustre vainqueur de Cocherel, en combattant pour la France, s'efforçait aussi de conserver à sa souveraine la vicomté de Limoges, que les partisans d'Édouard III traitaient comme une terre conquise, et qu'espérait bien reprendre plus tard le duc de Bretagne, malgré les clauses contraires du traité de Guérande. « S'y fit là grand'guerre, et nul ne lui alla audevant, car le duc de Bretagne ne cuidoit point que messire Bertrand le dût guerroyer. » En effet, il arriva jusque devant Saint-Yrieix, sans trouver d'ennemis qui osassent l'arrêter. Les habitants, qui tenaient pour l'Anglais, furent si effrayés que, malgré la force de leurs murailles, ils se rendirent et reconnurent l'autorité de la vicomtesse dont les viguiers reprirent leurs fonctions, malgré la convention

ET DE LA VICOMTÉ DE LIMOGES. il

établie entre le chapitre et Philippe-le-Bel. Mais peu de temps après, quelques chefs bretons reprirent la Tille au nom de Jean de Montfort.

Le 19 septembre 1370 était le jour fixé par le prince de Galles pour mettre le feu à la mine et donner l'assaut à la Cité. « Pour conclusion, disent les chroniques, le feu mis aux mines et les murailles renversées dans les fossés, les Anglais étaient en armes, prêts à combattre à l'assaut donné au cri "des trompettes et des clairons; les gens de pied donnèrent dedans; puis montèrent sur les murailles, coupant les portes, pont-levis, barrières et autres défenses. Le prince de Galles, le duc de Lancastre, les comtes de Pembroch et de Cambridge, messire Guichard d'Angles, et autres gens de guerre, pillards à pied, tous prêts à mal faire, se précipitèrent dans la place, tuant tous ceux qu'ils rencontraient, hommes, femmes, enfants et jeunes filles. » Les assaillants ne faisaient grâce à personne, même à ceux qui se jetaient à leurs pieds demandant la vie sauve. « Ni ne sais comment ils n'avaient pitié des pauvres gens, ajoute Froissart qui souvent a présenté les événements à l'avantage des Anglais *. » Les vainqueurs vinrent de cette sorte depuis la porte de Saint-André, dite la Porte-Panet 2 , jusqu'an-devant de l'église cathédrale de Saint-Etienne, «là où il y eut grand'tuerie, parce que la plupart des habitants, qui étaient retirés dans cette église, pensaient être en sauvegarde ; ce qui ne leur servit de rien, et en fut tués ou massacrés plus de dix-huit mille 3 ; et la plus grande partie de ceox et celles qui étaient innocents de la rébellion; et furent en grand danger les religieuses de la

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