Chion. mss
leur bannière, s'appuyèrent à une vieille muraille pour mieux résister à leurs assaillants. Aussitôt ils virent arriver le duc de Lancastre, le comte de Cambridge et leurs gens, qui les sommèrent de se rendre. Sur leur refus, le combat commença. Plusieurs tombèrent sous les coups des Anglais. « Là combattirent longuement main à main le duc de Lancastre et Jean de Villemur, qui était grand chevalier et fort et bien taillé de tous membres, et le comte de Cambridge avec messire Hugues de La Roche ; et le comte de Pembroch et messire Robert de Beaufort, qui était simple écuyer : et firent ces trois contre trois plusieurs grand'expertises d'armes. » Les autres se tenaient à l'écart pendant ce duel terrible qui allait finir par la mort des uns ou des autres, lorsque le prince de Galles arriva, « et les regarda moult volontiers, s'adoucit grandement : et tant se combattirent que les trois Français, d'un accord, en regardant leurs épées, dirent : — a Seigneurs, nous sommes vôtres, et nous avez conquis. » — a Par Dieu, messire Jean, dit alors le duc de Lancastre, nous le voudrions pas autrement faire, et nous vous recevons comme nos prisonniers l . » C'est le récit de Froissart, toujours partial pour les Anglais.
D'autres ajoutent : « La Cité de Limoges fut détruite par Édouard, prince de Galles. Les citoyens furent tués, les murailles, les m lisons, le palais de l'évêque renversés et livrés aux flammes. On ne voyait plus aucun vestige de cette riche cité, si ce n'est l'église cathédrale, avec quelques chapelles adhérentes. Ce monument est resté depuis incomplet, et n'a pas été rebâti en son entier. Le sang coulait comme un ruisseau, depuis l'église Saint-Etienne en bas, tout le long de la rue*,» D'autres renchérissent encore sur ce sombre tableau. — « La cité de Limoges est