‹ Histoire des vicomtes et de la vicomté de LimogesChapitre 7 sur 130 · Badaud. Mss. du séminaire de Limoge · texte numérisé non relu

Badaud. Mss. du séminaire de Limoge

toute pillée; le surplus des citoyens, que le glaive avait pardonnés, étant prisonniers en grande captivité, après le feu de leurs maisons, murailles et tours abattues, et les Anglais chargés de leurs dépouilles, furent rachetés par les habitants de la ville de Limoges, ayant compassion de leurs parents, vendant domaines et héritages, remplissant la ville de pauvres citoyens n'ayant maisons pour se retirer, ni meubles pour se servir. Les uns furent contraints de se retirer dans les hôpitaux et autres places ouvertes; à cause de quoi, dans les mois de novembre et décembre, se prit entre eux des maladies, qu'il en mourut la plus grande partie, et peu se sauvèrent 1 . »

Jamais la haine de l'Angleterre n'avait entassé autant de ruines dans une seule ville. Le duc de Lancastre, craignant que son frère ne fît trancher la tête à l'évêque, le réclama comme son prisonnier. Selon d'autres, ce fut la princesse de Galles qui détermina son mari à rendre la liberté à l'évêque, en lui disant, que s'il s'y refusait, le pape l'excommunierait et déclarerait ses enfants illégitimes. On sait, en effet, que le prélat, devenu libre, se retira auprès du pape *.

Le prince de Galles n'était pas satisfait; il lui fallait encore d'autres dévastations, d'autres trésors à piller. L'abbaye de Grandmont, la fille bien-aimée des rois d'Angleterre, était trop riche pour être respectée. Il s'y dirigea à la tête d'une partie de ses troupes, ruina en passant le

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