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Ordonnance rendue à Toulouse

3. Décision prise à Cognac, le 28 août 1565, contre-signée par de Mon Une, évèque de Valence, frère du fameux Biaise de Montluc, connu par ses massacres.

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intellectuel: mais en même temps, les grands vicaires du diocèse luttaient énergiquement contre l'hérésie, et ordonnaient des prières publiques pour demander à Dieu la paix de l'Église, à tous les fidèles de communier et de jeûner pendant trois jours. Heureuse la France si, faisant de la tolérance une verlu, les partis, au lieu de recourir à la force, n'avaient employé que la prière pour calmer les consciences I

La présence de Jeanne d'Albret à Limoges, n'avait pu détourner de la religion catholique que bien peu de personnes. Aussi se retirait-elle mécontente et bien décidée à ne faire aucune concession de ses privilèges de vicomtesse à ces bourgeois inaccessibles à ses séductions. En vain le pape la déclara-t-il proscrite et déchue de son autorité, si elle ne renonçait pas l'hérésie ; en vain Philippe II, le roi de l'inquisition, songea -t-il à la faire enlever, ainsi que son fils ; les événements ne permirent pas l'exécution des projets arrêtés dans l'entrevue de Bayonne. Jeanne d'Albret, pour se venger, poursuivit activement l'exécution des arrêts relatifs aux censives et à d'autres réclamations, déjà admises par le parlement. Effrayés des suites de ce procès, les consuls, avec le lieutenant général et les principaux bourgeois, décidèrent que des députés, choisis par eux et munis de pouvoirs, iraient trouver la vicomtesse à Moulins, pour faire avec elle une transaction 1 . On convint, quant à ce qui regardait les censives, que la question resterait réservée ; que les consuls et habitants obéiraient « à la dicte dame et à ses successeurs, comme à leur dame

i. Les envoyés, chargés de traiter en vertu d'une procuration, fureut : Jean Hugon, sieur de Farges et de la Gardelle, lieutenant criminel en la sénéchaussée; Pierre Boyol, receveur des tailles; Martial du Boys, consul, et Jean Yerthamon, qui jurèrent sur rhvaugile de remplir fidèlement leur mission. (Procuration du 18 juin 1566, signée par Marchant et Payeu, notaires. Reg. consul.)

vicomtesse et justicière dudict Limoges, selon la subjection et obéyssance naturelle qu'ils luy doibvent; » qu'il en serait de môme des droits réclamés sur les droits de barrage, de péage, de vinage et de panage 1 . Une propriété appelée le pré Vicomtaud, située dans la ville, détenue depuis longtemps par la commune, lui fut rendue par les consuls. Mais la vicomtesse réclamait bien d'autres prérogatives. Quant h la prétention la plus importante de toutes, celle de contraindre tous ses vassaux à la suivre en armes dans le Limousin et dans l'Angoumois; d'avoir un four et des moulins banaux ; de lever des tailles aux quatre cas ; d'exiger que les habitants fussent tenus de reconstruire un château qui existait autrefois sur la place de la Mothe, de la mettre en possession de toutes les maisons construites sur ce dernier emplacement, et de lui tenir compte de tous les revenus perçus par les consuls depuis un grand nombre d'années, elle en fit l'abandon, moyennant une somme de dix mille livres tournois, qui serait consacrée au rachat de la seigneurie de Ségur, aliénée par elle au profit de Jean le Roy, son secrétaire 2 .

Ces discussions provenant depuis des temps reculés de l'empiétement de la Gilé sur les droits du seigneur, ou du

j. A Limoges, comme dans la. plupart des communes complètes, la principale ressource était l'impôt indirect, connu sous le nom de péage, et qui plut tard prit le nom d'octroi, lorsque l'autorité royale eut absorbé le pouvoir municipal. Le péage était un droit permanent d'entrée ou de sortie sur la marchandise, abstraction faite du véhicule qui la transportait. Le barrage s'appliquait anx véhicules chargés d'objets non destinés à être Tendus dans la ville. Le vinage était un droit perçu par la ville sur chaque tonneau vendu par un étranger dans l'intérieur de la ville. La rente ou leyde pcneuse, ou panage, s'exerçait dans les foires et marchés. Une charte d'Aymar, vicomte, de l'an 4184, fait mention de ce droit. (Leymarik : Hisl. des communes,)

2. Ce n'était pas la terre de Ségur proprement dite, qui avait été ainsi aliénée, mais bien les droits féodaux qui y étaient attachés. Jeanne d'Albret changea d'avis, la somme de dix mille livres fut employée pins tard au rachat de quelques terres en Périgord.

seigneur sur les privilèges de la Cité, cessèrent par suile de l'ordonnance de Moulins, qui battit en brèche les prérogatives féodales de la reine de Navarre. Les consuls élus pour l'année 1567, à l'approche de la guerre civile qui allait recommencer, comprirent qu'il leur fallait profiter de cette ordonnance pour se prémunir contre de nouvelles réclamations et pour exercer plus librement leur autorité : sur requête présentée au sénéchal, et malgré l'opposition des officiers de la vicomtesse, ils obtinrent de Charles IX le droit d'instituer des juges de police qui auraient pour mission de surveiller la vente des grains, des farines et d'autres denrées de première nécessité K II était nécessaire en effet que la juridiction consulaire pût disposer de ses propres forces pour mettre la ville à l'abri des entreprises des protestants, en évitant tout ce qui aurait pu occasionner des troubles, comme, par exemple, la surélévation du prix des vivres sur les marchés.

Tout annonçait une nouvelle levée de boucliers. Charles IX venait d'engager six mille Suisses, dont un détachement fut accueilli à Limoges par des démonstrations de joie. Bientôt après, les consuls reçurent avec les plus grands honneurs les chefs du parti catholique, le cardinal de Guise, le duc de Guise, son neveu, madame de Guise (Anne d'Esté), le duc de Nemours, de TAubespine, évêque de Limoges, qui suivait presque toujours la cour, et un grand nombre de gentilshommes avec leurs compagnies. Une découverte due à la vigilance des officiers de police jeta une

1. (Ordonnance du février 1567.) Les consuls de cette année furent : Mathieu Decordes, Jean Vidaud, Psaulme Grégoire, Jacques Champaignac, Jacques Grégoire, Léonard Galichier, Pierre Nozerines, Pierre Saleys, Jean du Montheil, Pierre Gibot, Martial Martin et Martial Mallot. Les juges de police étaient institués et élus par les consuls, deux pris parmi les magistrats justiciers, deux parmi les bourgeois et les deux autres dans le corps consulaire.

certaine perturbation dans la ville. On découvrit dans la maison d'Antoine de La Forge, marchand, natif de Saint- Élienne, un certain nombre d'arquebuses cachées parmi d'autres marchandises, qui selon la rumeur publique auraient été destinées aux protestants. Ces armes furent saisies avec d'autres munitions et vendues aux catholiques.

Le désordre continuant dans les provinces, Limoges pouvait craindre de tomber au pouvoir des huguenots qui parcouraient le pays; mais on se rassura quand on vit arriver M. de Verteillac, à qui le roi venait de confier la garde de la ville. Le nouveau gouverneur prit aussitôt de sages mesures, ordonna de raser le sommet des tours et des murailles, de placer de l'artillerie sur les plates-formes, de creuser des fossés et d'établir un poste retranché, où l'on construisit plus tard un bastion nommé la Tour des Anges. Des ponts-levis furent aussi établis à Saint-Martial età Sainl- Étienue, pour fermer les propriétés des chanoines qui touchaient au faubourg Manigne. En même temps, les catholiques les plus zélés se réunissaient et formaient pour la défense commune une ligue appelée la Confrérie de Sainte- Croix *.

Quelques jours après, la basilique de Saint-Étienne se remplissait de tout ce que la ville avait de magistrats, de riches bourgeois et de prêtres, pour être témoins de la remise du grand cordon de l'ordre de Saint-Michel, que fit le comte des Cars, au nom du roi, à François de Pontbriant, sénéchal du Limousin (1567). On pouvait se croire alors à l'abri de nouveaux dangers.

4. Cette confrérie célébrait sa fête le 3 mai. Le premier jour de ce mois, les officiers ou bailes faisaient planter un arbre (un mai) devant la maison du premier frère Mathieu Benoit, qui distribuait à chacun des associés une croix d'étain qu'on portait au chapeau. Par la suite cette croix fut d'argent.

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