Reg. consulaires
séditieux avaient lieu dans les provinces, leur offrit-il le secours de son fils aîné avec un bon nombre de gentilshommes; ils refusèrent, et cependant le danger était proche. Deux mois après, le vicomte de Turenne et ses partisans reprirent les armes, au nombre de quatre mille, sur les marches du Périgord, et occupèrent l'abbaye de Terrasson. Jacques de Maumont, seigneur de Saint- Avit, descendant d'une famille qui avait toujours été l'ennemie de Limoges et des consuls, se proclamait le défenseur des huguenots, s'emparait du château de Châlusset, dont il n'existait plus qu'une partie depuis l'expulsion des Anglais, relevait à la hâte les murailles de la vieille forteresse, assise sur une montagne, que l'artillerie ne pouvait battre de près, la munissait de provisions de guerre et de vivres, y laissait une partie des siens, et sortait pour courir le pays En même temps la plupart des petites places du Limousin se révoltaient à l'instigation du vicomte de Turenne, dont les détachements venaient assiéger le château d'Astaillac, où s'étaient réfugiés les religieux de Beaulieu. La place résista, mais tout fut pillé dans les environs. Favorisés par la nature des lieux, hérissés de montagnes ou de collines, arrosés par de nombreux cours d'eau, d'autres détachements s'emparaient des principales positions. Ils restèrent maîtres assez longlernps du château de Cazillac, sur la limite du Querci 2 . Pour les en chasser, le gouverneur du Limousin partit de Limoges avec quelques canons, vint à Brive, où il fit ses dis-
1. Le baron de Maumout avait épousé, en 1550, Marie de Bourdeille. Il eut de ce mariage un fils en qui s'éteignit la famille, et une fille « belle et grande »,dit Brantôme, qui fut la maîtresse du dauphin. C'est à elle que s'adressait la chanson :
Brunette suis, jamais ne seray blanche.
(Opuscules de Pierre de Bourdeille.)
2. Ce château était si ancien que la tradition le faisait remonter aux Troyens, qui l'auraient construit; aussi quelques titres l'indiquent-iU par le nom de Casa Iliaca.