Lettre datée de Brive, le 27 juillet même année
5. «1° Chez M. le recepveur Verthamon, du consulat : ung baril à pouldre canon raffinée, pesant 195 livres. Chez le sieur Estienué Disnematin : un baril pouldre rafflnée, pesant net 141 livres. Chez le recepveur Malledent : un baril pouldre raflinée, net 135 livres. Chez le sieur Léonard Gallichier : * un baril pouldre raffinée pesant 200 livres. Chez le sire Martial Malledeut l'allié : uu baril pouldre, qu'estoit chez dame Madeleine Duboys, pouldro
Le seigneur de La Mothe-d'Authefort arriva plus tôt qu'on ne l'attendait, avec une suite nombreuse, et quatre ou cinq compagnies de gens de pied qui logèrent dans les environs. Les consuls, croyant trouver en lui une protection suffisante, allèrent avec toute la population à son avance, espérant cependant que bientôt il tiendrait la campagne, chasserait des châteaux voisins les protestants qui, chaque jour, pillaient les villages. Mais avant de rien entreprendre, il demanda qu'on lui livrât les canons, les boulets, la poudre et les autres munitions de guerre déposés dans les magasins de la Tille. Les consuls ne pouvaient se dessaisir qu'avec beaucoup de peine des moyens de défense qu'ils s'étaient procurés de leurs propres deniers. Leur refus d'ailleurs prouvait leur patriotisme, aussi bien que la volonté de suffire par eux-mêmes à la défense de la ville, si elle venait à être attaquée ; aussi, avec quelle fierté avaient-ils souvent
non raffinée, 18G livres. Dans la chambre du Trésor : un baril pouldre à canon, non raffinée, pesant 121 «livres. Ung aultre non raffiné, pesant 220 livres. Ung aultre, fonds de baril, 90 livres. Une balle salpestre, net... Ung baril souphre, pesant 73 livres. Ung pannier plombs, pesant 150 livres. Ung baril plombs, pesant 180 livres. Une aulne à mesurer le cuivre : métal, 160 livres. Métal, 263 livres. Métal, 140 livres. Métal, 175 livres. Métal, 240 livres. Une cloche métal, poisant... Deux timons balances grands. Une molle (moule) de cuivre à faire plombs pour la grande pièce de fonte. — Artillerie : 1° Dans la tour de Boucherie : sept pièces à croc de fer, dont une non montée, et une pièce qu'est du sire Mathieu Benoit. Huict pièces de fonte. Dix chevalletz. Troiz douzaines bouletz grands et petitz. Dans la tour de Magninie : une grande pièce de fonte avec ses roues. Deux pièces de fonte. Ung fauconneau de fer. Sept pièces à croc. Une verge de fer. Sept chevalletz. Quatre livres pouldre. Deux douzaines bouletz. Dans la tour de Montmailher : six pièces de fonte. Six pièces à croc. Cinq chevalletz. quatre livres pouldre. Deux douzaines bouletz. Dans la tour do la Reyne : huict pièces à croc. Sept pièces de fonte. Cinq chevalletz. Dans la chambre du Consulat : une pièce de fonte, une autre de fonte, petite. Deux pièces de fonte, petites. Quatre arquebuzes à croc de fer. Une arquebuze à croc de fer. Cloches métal ez tours des portes de la ville. Plus receubs de nos prédécesseurs, le xiiiij décembre 1576 : seize livres pouldre à canon, quatre ceaulx d'argent, deux ceaulx de cuivre. » (Rcg. consul.) — Le même inventaire se trouve reproduit en 1599 et fourni à Sully. (Arch. de Pau : F. de la vicomlé de Limoges.)
protesté qu'ils sauraient eux-mêmes résister aux ennemis, toutes les fois qu'on avait voulu loger dans leurs murs des troupes étrangères. Plusieurs réunions eurent donc lieu à la maison commune, pour délibérer sur la demande du gouverneur. On lui proposa, ce qu'il accepta facilement, de lui livrer une des grosses pièces de canon, quelques parties des boulets et des autres munirons, mais sur un reçu signé de sa main, par lequel il s'engagerait à ramener le tout à Limoges dans le délai de trois mois *.
Il partit quelques jours après, alla assiéger le château de Saint- Vie, retraite ordinaire « des volleurs qui escumoient le païs et rançonnoient les gens et levoient les tailles » . Après un siège de quelques jours, il y entra par la brèche et le fit démolir. Averti des ravages que faisaient les protestants dans le Bas-Limousin , il se dirigea de ce côté , mais ne trouvant pas suffisantes, pour cette expédition, les munitions fournies par les consuls, il demanda qu'on lui livrât le reste. Mus par le même esprit de patriotisme, et pour pouvoir se défendre, si l'occasion se présentait, les consuls refusèrent.
1. a Nous, de II au lté fort, chevalier de l'ordre du roy, capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, gouverneur et lieutenant pour Sa Majesté au haut et bas pais de Lymosin, certifions à tous qu'il appartiendra, que ce jourd'hui maître Guillaume Nantiat, procureur; Jehan Cibot, advocat> Mathieu Malledent, recepveur général; Rolland Verthamon, recepveur du taillon ; Joseph de Rouihat, procureur; Léonard Benoit, esleu; Bartholomé Albin, appoticaire; Léonard Gallichier, Jehan de Lachenaut, Jacques Tailhandier, François Verthamon, marchans, et Pierre Mauple, consuls de la présente ville de Limoges, ont mis entre nos mains ung canon de fonte, merqué du poids de 5072 livres, monté sur deux roues ferrées, avec auge, fourgon et l'attelage, et de cordes; plus unze cents livres pouldre à canon, comprins le pulverin; d'avantage soiiante bouletz de fer... pris en présence de MM. maître Simon du Boys, lieutenant général en la séneschaussée de Lymosin ; Aymeri Guibert, Pierre Ardent et François Lamy, ad vocal/. ; pour icelle pièce d'artillerie fere mener et conduire es lieux de nostre gouvernement... Et lequel canon nous pro mec tons, en nostre nom propre et privé, et soubz nostre foy, obligation de biens, rendre et restituer ausditz consulz; et fere mener et conduire en la présente ville dans trois mois prochains... » [Reg, consul.) 5 septembre 1580.
Il s'en plaignit au roi, qui écrivit aux consuls, leur reprochant d'avoir déjà refusé leurs canons et leurs munitions, et leur ordonnant de les livrer*. Pour justifier sa demande et vaincre toute hésitation, d'Authefort présenta aux consuls une autre lettre, par laquelle Henri III lui faisait connaître sa résolution de faire attaquer les châteaux de Beaupré et de Villeneuve par les troupes envoyées en Guyenne ; d'avoir à faire des préparatifs en conséquence, « et mesmes, pour avecques ceux de Lymoges, que ils tiennent preste l'artillerie, qui estoit en ladicte ville, laquelle leur serait rendue après , » mais de tenir cette entreprise secrète jusqu'au moment où seraient réunis tous les moyens d'attaque 2 . Le maréchal d'Aumont, au nom du gouverneur, vint donc presser les habitants d'obéir aux volontés du roi dont il présentait une nouvelle lettre adressée aux consuls, mandant et ordonnant « que sans plus y user d'aucuns refuz, ni difficulté quelconque, ils eussent à délivrer incontinent et sans delay audict S r de Hautefort, ou aultre qui serait envoyé, les pièces d'artillerie, avec l'attirail et equippage, pouldres, bouletz et munitions », et que le tout serait rendu après le succès de l'expédition résolue. Après une longue délibération, les consuls consentirent • enfin à ce nouveau sacrifice, d'autant plus pénible qu'il pouvait compromettre la sécurité de leurs concitoyens. Après un procès-verbal de prise de possession signé par l'envoyé du gouverneur, ils livrèrent leurs canons, coulevrines, boulets, poudre et attelages qu'ils avaient depuis
plusieurs années réunis avec tant de soin et à grands frais 3 .