‹ Histoire des vierges: les peuples et les continents disparusChapitre 15 sur 63 · DES PLANTES SACRÉES · texte numérisé non relu

DES PLANTES SACRÉES

Une foule de plantes et de fleurs de Tlndoustan sont douées de propriétés médicinales. Au fur et à mesure que la science ou l'usage les faisait découvrir^ elles étaient, comme les animaux utiles, placées sous la protection d'une divinité spéciale.

Quelques-unes, particulièrement odoriférantes, étaient employées pour la consécration de l'eau lustrale ou eau bénite^

ainsi que dans les autres cérémonies du culte.

Il en était d'autres, douées de propriétés désinfectantes, dont Tusage dans l'intérieur des demeures était prescrit comme agréable aux pitris — dieux pénates — et aux mânes des ancêtres ; moyens habiles, employés par la religion et la science pour forcer le bas peuple, maintenu systématiquement dans l'abrutissement le plus complet, à respecter des prescriptions sanitaires et hygiéniques dont il se fût fort* peu inquiété si elles n'eussent été placées sous la sauvegarde de l'idée religieuse.

Quelques-unes de ces plantes, comme le toulochy, le cousa et l'herbe darba, sont plus spécialement, réservées aux cérémonies du culte et à l'usage des brahmes. On s'en sert concurremment avec la myrrhe et l'encens.

Le toulochy est un basilic des Indes, très-parfumé. Ses feuilles ont une saveur suave et aromatique, elles sont forti-

fiantes et cordiales et aussi prisées en médecine que pour le service de Fautel.

Les brahmes ont l'habitude de dire en parlant de cette plante:

« Toulochy-totUana^nasty ^ ata-ébatoulochy, < Il n'y a rien sur la terre qui égale les vertus du toulochy. »

Lorsc{u'un prêtre ou quelque personnage de haute caste sont à l'agonie, on va chercher uire de ces plantes; on la place sur un piédestal^ et, après l'avoir aspergée d'eau lustrale, on en ^pare les branches que Ton distribue sur leur poitrine, de chaquecôté de la tête, et avec lé dernier rameau qui luireste, le brahme qui accomplit la cérémonie fait une aspersion générale d'eau lustrale sur le corps du mourant.

Celui qui a reçu ce dernier sânscara (sacrement) peut mourir dans la ferme conviction qu'il ira droit au swarga.

Le peuple s'imagine que cette plante merveilleuse, dès qu'elle a été consacrée dans le temple, suffit pour éloigner de sa demeure les fâcheux accidents, les malheurs imprévus et les maladies.

Aussi, dans le mois de cartica — novembre — qui est employé par les prêtres à les bénir, chaque jour la piété des fidèles emplit-elle les pagodes de ces plantes.

11 est des gens qUi en font d'abondantes provisions et qui en trafiquent dans le courant de Tannée. Il est certain que l'usage catholique du buis bénit vient de cette coutume iudoue.

On ne peut pas plus accuser de fétichisme les Indous^ à cause de leuf vénération pour le basilic, qu'on n'en accuse les catholiques pour leurs croyances superstitieuses aux vertus du buis bénit.

Basilic et bais se valent.

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