‹ Histoire des vierges: les peuples et les continents disparusChapitre 25 sur 63 · Comment? la femme n'est pas encore créée · texte numérisé non relu

Comment? la femme n'est pas encore créée

d'Élahim^ c'est-à-dire des dieux^ et que la femme n*a pas encore vu le jour. Elle ne sera formée d'une côte de Vhomme qiC après le repos du septième.

Aucune discussion ne pourrait s'élever quant à la traduction du mot Élahim, les dieux.

En hébreu, le singulier Élah signifie Dieu,

Et le pluriel Élahim, les dieux.

Nous en appelons à tous les hébraïsants sans craindre le moindre démenti.

Or, tout ce passage de la Genèse emploie cette expression Élahim, les dieux, et non Élah, qui signifierait dieu.

De plus, le pluriel Élahim,- les dieux, gouverne toujours un singulier :

Élahim bara, les dieux créa.

Si nous observons ç\\x*Èlahim bara, que les dieux créa Vhomme mâle et femelle à, son image^ et en une seule personne^ puisque la femme n* était pas encore créée.,, nous en conclurons qu'Élahim représente, dans la Genèse hébraïque, ce dieu à la double nature mâle et femeHe que nous avons déjà rencontré dans les Genèses indoue et égyptienne, ce qui, n'en déplaise aux catholiques et aux Juifs, permet de retrouver la vieille tradition trinitaire de TOrient, tradition dont le rédacteur du Pentateuque a subi sans s'en douter peut-être Tinfluence.

Et alors nous avons :

Élahim, les dieux mâle et femelle représentant l ^,. '

Et Tesprit d^Élahim, qui, comme le Nara indou et le Khons égyptien, flottait sur les eaux, et qui représente le produii, c'est-à-dire Le-Fils.

Et voilà pourquoi, catholiques et protestants, quand ils traduisent la Bible, n'ont pas Pair de s'apercevoir qa'Élahim est le pluriel d'Élah, et doit se traduire les dieux.

Nous n'en lirons pas la conséquence que le judaïsme fut tri-

nitaire, et n'avons nulle envie de lui contester son grossier monothéisme qui n'a jamais approché des conceptions élevées de rinde et de TÉi^ypte. Mais cela démontre que les fondateurs de la loi mosaïque, en proscrivant la pluralité des dieux, ne sont pas parvenus à se soustraire complètement h Tinflnence des cosmogonies anciennes, qui voyaient dans TÊtre suprême la représentation symbolique de tout ce qu'il y a de plus grand, de plus profond et de plus gracieux à la fois dans le myst^.re de la vie humaine :

Le Père, La Mère • Et l'Enfant.

214 HISTOIRE DES Y18RGSS.

CHAPITRB XIX.

DK l'authenticité DU PENTATEUQUB ÂTTRIBOB A MOÏSE

Nous ouvrons une parenthèse sous forme de chapitre, au milieu de ces traditions génésiques des différents peuples de l'antiquité, pour nous occuper du Pentateuque auquel nous venons d'emprunter quelques pages.

C'est à. tort que cet ouvrage est attribué à Moïse dans sa forme actuelle.

Nous n'avons pas la prétention de rien apprendre aux hébraïsants, ni à ceux qui ont fait une étude particulière des questions religieuses^ mais il est des vérités qu'on ne saurait trop vulgariser, à rencontre de certains savants qui prétendent qu'il faut laisser le peuple à ses croyances, comme le bœuf à la charrue, et quand bien même notre livre ne devrait tomber qu'entre les mains d^un seul homme ignorant ces matières, nous estimerions que nous n'aurions point perdu notre temps.

Le Pentateuque comprend les cinq premiers livres suivants de la Bible :

La Genèse, V Exode, Le Lévitique.

Les Nombres.

Le Deutéronome,

LES GENÈSES DE L'HUMANITÉ. tt5

Toute ia révélation juive et chrétienne s'appuie sur ce fait que Moïse est l'auteur de ces cinq livres.

Cette opinion, que défendent, comme les derniers retranchements d'une place forte, les adeptes de ces deux religions, ne peut aujourd'hui soutenir un examen scientifique, à moins que les plus grossiers anachronismes ne soient de lumineux arguments en matière d'histoire religieuse.

Nous n'avons pas les loisirs d'une étude complète sur la loi mosaïque, mais nous allons demander, à la Bible elle-même une série de preuves devant l'autoHté desquelles succomberait le livre d'histoire profane le plus autheiltique en apparence.

1^ Le dernier chapitre du Deutéronome nous donne un técit détaillé de la mort de Moïse^ et se termine par ces mots :

« Personne jusqu'à ce joUr n'a (connu lé lieu de sa sépuU ture, et il ne s'est plus élevé dans Israël de prophète égal & Moïse» »

Si Moïse était l'auteur du Deutéronome, il est clair qu'il ne pouffait pas nous y raconter sa mort, ni savoir ïU ne i*esi pas iiièvé pius tnrd de prophète égal à lui en IsraêL

f^ Le premier chapitre du Detaérofïonie débute par ees mots :

c Voici les paroles que Moïse adressa à tout Israël au delà du lûurdmn dûns le dé$ert.*. »

Moï^e he peut tenir t% lint^age^ puisqu'il est mort avant que son peuple ait traversé le Jourdain. Il est évident que cette phrase a été écrite au delà du Jourdain, du côté de Jérusalem, et l'écrivain, se reportant aux lieux d'où étaient venus ses pères, a pu écrire : au delà du Jourdain dans le désert.

â« DéuUrûnomt, chap. ui^ verset 8, Moïse dit ;

c Ea même temps nous enlevâmes aux deux rois amorrhéens leur pays situé au delà du Jourdain^ entre le torrent Armon et le mont Barman. •

Comment Moïse aurait-il pu écrire ce verset, étant donné que le pays des Amorrhéens, le torrent Armon et le mont Harmon sont situés en avant du Jourdain, et que les Israélites traversèrent et soumirent ces contrées avant de passer ce fleuve? Il faut se placer du côté de Jérusalem où Moïse n'a pas abordé pour qu'il soit possible de dire que le pays des Amorrhéens est situé au delà du Jourdain.

4^ Deutéronome^ Moïse écrit : versets il, 12, 13, 14.

t Et nous prîmes toutes les villes d'Og, roi de Basan... qui était resté seul de la race des Raphaïm... son lit est encore en la ville de Rabat- Ammon. . . Et je donnai à Jaîr, ûls de Manassé^ le pays de Basan qu'il nomma village de Jaîr, et on les appelle encore ainsi à ce jour, i

Ce fait a eu lieu sur la fîn de la vie de Moïse ; si ce législateur Teut inscrit au Deutéronome, il ne l'aurait pas constaté comme un souvenir historique ancien par cette phrase : et on les appelle encore ainsi à ce jour!

5o DeuléronomCy chap. iv, verset 41, on lit :

<c Moïse marqua trois villes au delà du Jourdain vers le soleil levant. » (Versets 45 et 46.)

« Voilà les lois et statuts que Moïse donna aux enfants d'Israël après la sortie d'Egypte dans la vallée de Bethphégor, au delà du Jourdain. » • *

Au delà du Jourdain, par rapport à Moïse qui ne Pavait pas traversé, c'était le soleil couchant. La vallée de Bethphégor

n'est au delà du Jourdain vers le soleil levanl que pour Técrivain placé du côté de Jérusalem.

Il est évident que tous ces versets sont l'œuvre d'un écrivain anonyme^ qui longtemps après la mort de Moïse se donna la tâche d'écrire à Jérusalem l'histoire des primitives traditions juives, sans prendre la peine de les dégager de toutes les tradi* tiens religieuses recueillies pendant les longues années de cap« tivité .

6® Genèse^ chap. xii, verset 6.

Après avoir décrit la route d'Abraham depuis la Mésopotamie jusqu'à Sichem, et la vallée de Moria, l'auteur dit :

i Or les Chananéens occupaient encore ce pays. »

Donc ils ne l'occupaient plus au moment où cette phrase a été écrite, et comme le^hananéens ont été chassés par Josué, le rédacteur de la Genèse écrivait apr^ Josué, et par conséquent longtemps après Moïse.

7*^ Genèse, chap. xxii, verset 14 :

c Abraham appela le lieu ou il voulut sacriûer son fils laouh-Ierah — Dieu verra. — »

Comment le patriarche a-t-il pu appeler Dieu, laôuh, alors qu'il est dit au chapitre vi de VExode :

a Dieu ne s'est fait connaître à personne avant Moïse sous le nom de laouh. »

lia rédaction posthume du Pentatetique se décèle à chaque instant.

8® Genèse^ chap. xiv, verset 14 :

« Abraham poursuivit ses ennemis jusqu'à Dan... »

Le Livre des Jugts^ chap. xthi, versel 29, noas eoseigtie que la ville sidonieDne de Lais reçut le nom de Dan parce qu'elle fut prise par six cents hommes de la tribu de Dan.

Or, la ville de Lais n'ayant pas encore été prise sous Moise^ comment se pourrait-il faire que ce dernier, qui ne pouvait pas prévoir que la tribu de Dan lui donnerait son nom, ait pu écrire : qu Abraham poursuivit ses ennemis jusqu'à Dan?

Pour Abraham c'est plus encore ; il ne pouvaitguère appeler Laîs du nom de Dan, puisque cette ville ne devait recevoir ce nom que des descendants de Dan, fils de Jacob^ petit-fils d'Isaac et son arrière-petit-fils à lui-même.

Quels faits historiques pourraient se tenir debout en présence de pareilles impossibililés?

9® Lisez ce passage frappant :

(Genèse^ chap. xxxvi, verset 3i et suivants.)

c Voici les rois qui. régnèrent sur la terre d'Ëdom avant qu'Israël eût des rois. .. •

Or, Israël n'ayant eu des rois que depuis Saiil qui fut le premier, comment Moïse aurait-il pu parler d'événements accomplis après sa mort?

Il y a dans le Pentateuque une foule de non-sens et d'anachronismes semblables à ceux que nous venons de donner, et qui prouvent d'une manière irréfutable que cet ouvrage a été écrit longtemps après la mort de Moïse, et par conséquent ne peut lui être attribué.

On ne trouve ni dans le livre de Josué^ ni dans celui des JugeSj ni dans le livre de Samuel^ ni dans les livres de Salomon et de David^ ni dans les prophéties d'Isaac, aucune citation tirée du Pentateuque. A partir du roi Josiah et du grand prêtre Helkiah, cet ouvrage est, au contraire, constamment cité comme le Livit de la Loi de Moisei

Quel est donc sou auteur ?

A la Bible elle-même de nous répondre. (Deuxième livre des RoiSy chap. xxii et xxiii.)

La légende de Josiah.

« Joisiah était hJffé de huit an^qudnd il cotâmeâça à régtieir» et il régna trente et un ans à Jérusalem. Sa mère S'appelait Jedidab, et elle était ûlle de Hadaja de Bothskotb.

< Il fit ce qui est droit devant l'Éternel et il marcha dans toutes les voies de David, son père, et ne s'en détourna ni à droite ni à gauche.

« Or^ il arriva, à la dix-huitième année du roi Josiab» que le roi envoya Scaphan, QIs d'Astalja, ûls de MescuUami le se^ crétaire» dans la maison de rÉternel, lui disant :

f Monte vers Helkiah, le grand sacrificateur, et qu'il lève la somme d'argent qu'on apporte dans la maison de l^Êlemel, et que ceux qui gardent les troncs ont recueillie du peuple.

« Et qu'on la délivre entre les mains de ceux qui ont la charge de l'ouvrage, qui sont commis pour la maison de l'Éternel, qu'on la délivre, dis-je, à ceux qui ont la charge de Touvrage dans la maison du TÉternel pour réparer ce qui est à réparer du temple .

a Savoir aux charpentiers, aux a^hitectes, et aux maçons

môme, pour acheter du bois et des pierres de taille pour réparer le temple.

« Mais qu'on ne leur fasse point rendre compte de l'argent qu'on leur délivre entre les mains, parce qu ils se conduisent fidèlement.

« Alors Helkîah, le grand prêtre, dit à Scaphan, le secrétaire : J*ai trouvé le livre de la loi dans la maison de TÉternel, et Helkiah donna le livre à Scaphan, qui le lut.

« Et Scaphan, le secrétaire^ vint vers le roi et lui rapporta la chose et dit : Tes serviteurs ont amassé l'argent qui a été trouvé dans le temple, et ils l'ont délivré entre les mains de ceux qui ont la charge de l'ouvrage et qui sont commis à la maison de FÉternel.

a Scaphan, le secrétaire, dit encore au roi : Helkiah, le grand prêtre, ma donné un livre. Et Scaphan le lut devant le roi.

i Et dès que le roi eut entendu les paroles du livre de la loi, il déchira ses vêtements.

« Et il donna ce commandement au grand prêtre Helkiah, à Ahikam, fils de Scaphan, à Hachar, ûls de Micaja, à Scaphan, le secrétaire, et à Hasa ja, serviteur du roi, disant :

LES GENÈSES DE L'HUMANITÉ. 2ii

« Allez consulter rÉternel pour moi, et pour le pQuple, et pour tout Juda, touchant les paroles de ce livre qui a été trouvé ; car la colère de TÉternel, qui s'était allumée contre nous, est grande, parce que nos pères n'ont point çbéi aux paroles de ce livre pour faire tout ce qui nous est prescrit.

c Helkiah donc, le grand prêtre, et Ahikam et Hachar et Scaphanet Hasaja s'en allèrentvers Holda,laprophétesse,femmede Scallum, iils de Tikva, fils de Harhas, gardien des vêtements, qui habitait à Jérusalem, dans la seconde enceinte, et ils lui parlèrent.

« Et elle répondit : Ainsi a dit rÉternel, le Dieu dlsraël : Dites à rhomme qui vous a envoyés vers moi :

« Ainsi a dit l'Éternel : Voici, je vais faire venir du mal sur ce lieu et sur ses habitants selon les paroles que le roi de Juda a lues.

« Parce qu'ils m'ont abandonné et qu'ils ont fait des encen* sementsà d'autres dieux, pour m'irriter de toutes les œuvres de leurs mains, ma colère s'est allumée contre ce lieu, et elle ne sera point éteinte.

tt Mais, pour ce qui est du roi de Juda, qui vous a envoyés pour consulter rÉternel, vous lui parlerez ainsi : Ainsi a dit l'Éternel, le Dieu d'Israël, touchant les paroles que tu as entendues.

2M HISTOIRE DBS VIERGES.

c Parce que too cœur s'est amolli et que ta t'es humilié devant l'Éternel lorsque tu as eotendu ce que j'ai prononcé contre ce lieu et contre ses habitants, savoir, qu'ils seraient désolés et maudits et parce que tu as déchiré tes vêtements et que tu as pleuré devant moi, je t'ai exaucé^ dit l'Éternel.

a C'est pourquoi voici : Je vais te retirer avec tes pères et tu seras recueilli dans tes sépulcres en paix et tes yeux ne verront point tout ce mat que je vais faire venir sur ce Heu. Et ils rapportèrent ces choses au roi.

« Alors le roi fit assembler vers lui tous les anciens de Juda et de Jérusalem.

« Et le roi monta à la maison de rÉternel, et tous les hommes de Juda, et tous les habitants de Jérusalem, étaient avec lui, les sacrificateurs y étaient aussi, et les prophètes et tout le peuple, depuis le plus petit jusqu^au plus grand, et ils entendirent lire toutes les paroles du livre de Talliance, qui avait été \XO^y^ ^^^^ ^^ ipaison de l'Éternel.

c Et le roi se tint auprès de la colonne, et il traita alliance devant TÉlernel, promettant qu'ils suivraient l'Étemel, et qu'ils garderaient ses commandements, ses témoignages et ses statuts, de tout leur cœur et de toute leur àme, pour suivre les paroles de cette alliance qui sont écrites dans ce livre et tout le peuple adhéra à celte alliance.

LES GENESES DE L'HUMANITÉ. Md

« Alors le roi commanda à Helkiah, le grand sacrificateur, et aux sacrificateurs du second rang, et à ceux qui gardaient les vaisseaux, de tirer hors du lemple de rÉlerae! tous les ustensiles qui avaient été faits pourBaal et pour les bocages, et pour toute l'armée des cieux, et il les brûla hors de Jérusalem aux campagnes de Gédron, et il porta leurs cendres à Beth-el.

« £t il abolit les camars que les rois de Juda avaient établis quand on faisait des encensements dans les hauts lieux, par les villes de Juda et autour de Jérusalem; il abolit aussi ceux qui faisaient des encensements à Baal, au soleil, à la lune, aux a§U*eS| à toutQ l'armée 4^ cieux .

« Il fit aussi emporter le bocage de la maison de TÉternel hors de Jérusalem dans la vallée de Gédron où, l'ayant brûlé et réduit en cendres, il en fit jeter les cendres sur les sépulcres du commun ^u peuple.

« Après cela, il démolit les maisons des danseuses qui étaient dans la maison de TÉternel^ et dans lesquelles les femmes travaillaient à faire des tentes pour le bocage *.

c .11 fit encore venir tous les sacrificateurs des villes de

Juda, et il profana les hauts lieux où les sacrificateurs avaient fait des encensements, depuis Guébah jusqu'à Beer-Seibah ;

i. Bois sacré.

et il démolit les hauts lieux des portes qui étaient à l'entrée des portes de Josué, capitaine de la ville qui est à gauche des portes de la ville.

c Au reste les sacriGcateurs des hauts lieux ne montaient pas à Tautelde l'Éternel à Jérusalem^ mais ils mangeaient des pains sans levain parmi leurs frères.

« Et il profana aussi Topheth qui était dans la ville du fils de Hinnam, aûn qu'il ne servit plus à personne, pour y faire passer son fils ou sa fille par le feu à Mobe.

u II ôta ausfii de l'entrée de la maison de rÉternel les chevaux que les rois de Juda avaient consacrés au soleil^ vers le logis de Netaumebe, eunuque, situé à Pavarioa, et il brûla les chariots du soleil.

c Le roi démolit aussi les autels qui étaient sur la plate-forme de la chambre haute d'Âchaz et que les rois de Juda avaient faits, et les autels que Menasse avait faits, dans les deux parvis de la maison de l'Éternel, il les brisa, et les ôta de là, et il en répandit la poudre au torrent de Cédron.

Le roi profana aussi les hauts lieux qui étaient vis-à-vis de Jérusalem, à la main droite de la montagne des Oliviers, que Salomon, roi d'Israël, avait bàtfs à Haschtoreth ^, Tabominable idole des Moabites, et à Milcom, celle des enfants d'Ammon.

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