LE PANTHÉON ÉGYPTIEN
Il serait assez difficile de faire une étude exacte de tout point du symbolisme qui a donné naissance aux dieux inférieurs de l’Égypte, aucun ouvrage émané des hiérophantes ne nous étant parvenu. Cependant, en nous aidant de ce que les Grecs nous ont laissé sur ce sujet, ainsi que des travaux des deux Champollion et de l’éminent égyptologue Beauregard, il nous sera possible de donner un tableau à peu près complet de l’Olympe des Égyptiens. Comme dans l’Inde les dieux et déesses subalternes ne sont que des émanations de l’Être suprême et de la trinité créatrice.
Ammon-Ra,
L’Être irrévélé, créateur suprême, principe de tout ce qui existe.
Ammon,
Mouth,
Khons,
Trinité primitive.
Osiris,
Isis,
Horus.
Trinité manifestée, c’est-à-dire créatrice.
Osiris remplit, dans la création, le rôle de père, Isis celui de mère, et Horus est le produit.
Osiris est encore considéré comme le juge des morts. Isis préside à la naissance de Phomme, le protège pendant sa vie, et l’assiste à l’heure de la mort. C’est la vierge immortelle,
source de tout ce qu’il y a de grand, de bon et de généreux
sur la terre.
Ma ou TUmeï, déesse de la justice; la Thémis des Grecs et des Romains.
Neith, déesse de la sagesse.
Soven, déesse qui préside aux accouchements.
Horus, dieu du bien.
Seth, dieu du mal.
Thôlh, dieu de la science.
Anubis, dieu des tombeaux.
Nephthys, déesse compagne dTsis, l’assiste dans son rôle de protectrice des morts.
Bès, dieu qui semble n’être qu’une figure de l’Hercule grec.
Aroeris, fils d’Osiris et d’Isis, qui l’engendrèrent étant encore dans le sein de leur mère. L’histoire ne nous a rien laissé sur ce curieux symbole.
Phtah, ouvrier divin, qui façonna l’univers.
Sevek, dieu du temps.
Phré ou Ra, dieu du soleil.
Au-dessous de ces dieux, qui ne sont que des modifications des trois personnages de la triade, recevant des noms diffé rents suivant les missions différentes qu’ils se donnent, il existait une quantité innombrable de génies et d’esprits inférieurs auxquels de nombreux textes anciens font allusion, mais dont les noms et les attributs n’ont pu survivre à la destruction, à peu près complète, de tous les monuments écrits de l’Égypte ancienne.
Le rôle que jouent les animaux dans celte mythologie est également peu connu.
Il paraît bien que le scarabée, que l’on rencontre à proxUsion dans les hypogées, était le symbole de la régénération;
Que la chatte n’était qu’une figure hiéroglyphique de la lune;
Que Y ibis était considéré comme l’oiseau messager d’Isis, venant annoncer les bienfaits périodiques des inondations du Nil ; qu’il était aussi le symbole de Thôth, esprit de Dieu, expression des sciences exactes et des arts;
Qu’dis était un symbole de fécondité et de richesse ;
Que le crocodile était une figure muette de l’Éternel. (Hérodote et Plutarque.)
Que Yépervier était une figure de l’âme immortelle.
Mais le sens caché réellement philosophique, que les prêtres donnaient à la représentation de ces figures, n’est et ne sera jamais dévoilé. Tous ces animaux et une foule d’autres n’avaient certainement, dans les temples, qu’une valeur d’hiéroglyphe, et nous ne partageons certes pas l’opinion de certains écrivains catholiques, qui veulent, quand même, que les Égyptiens aient adoré des animaux et des monstres. Cependant, nous penserions volontiers que les hiérophantes, conformément aux habitudes sacerdotales, tout en ne voyant que des emblèmes dans les statues d’animaux dont ils ornaient leurs temples, laissaient assez volontiers le vulgaire dans une ignorance profonde du sens réel de ces symboles.
Nous avons vu — cet exemple expliquera notre pensée — de pauvres paysans, à genoux dans l’église de leur village, murmurer, dans une langue qui leur était étrangère, des prières adressées aux saints, aux anges, à la divinité... Il est certain que le prêtre comprenait le symbolisme plus ou moins singulier de cette mythologie. Mais le paysan, lui, nous nous en sommes assuré souvent, n’entendait pas un mot de ce qu’il
débitait, pat habitude . . . comme le bœuf qui creuse son sillon ou se rend à l’abattoir, sans savoir ni ce qu’il fait ni où il va.
Partout les prêtes ont tenu à composer leurs mystères dans une langue inconnue de la foule.