Haschtoreth, Astarté, Vénus syrienne
« Il brisa aussi les Phallus, coupa les bocages et remplit d’ossements d’hommes les lieux où ils étaient.
« Il démolit aussi l’autel qui était à Beth-el, et le haut lieu qu’avait fait Jéroboam, fils de Nébat, qui avait fait pécher Israël ; il démolit cet autel et les hauts lieux ; il brûla le haut lieu et le réduisit en cendres, il brûla aussi le bocage.
« Et Josiah s’étant tourné vit les sépulcres 1 qui étaient dans la montagne, et il envoya prendre les os des sépulcres, et il les brûla sur l’autel et ainsi le profana, selon la parole de l’Éternel, que l’homme de Dieu avait prononcée à haute voix publiquement.
« Et le roi dit: Qu’est-ce que ce tombeau que je vois? Et les hommes de la ville lui répondirent: C’est le sépulcre de l’homme-dieu qui vint de Juda et qui prononça à haute voix les choses que tu as faites sur l’autel de Beth-el.
« Et il dit: Laissez-le, que personne ne remue ses os. Ainsi ils conservèrent ses os avec les os du prophète qui était venu de Sa marie.
« Josiah ôta aussi tous les temples des hauts lieux, qui
1. Nécropoles où les Hébreux conservaient les cadavres momifiés à la façon des Égyptiens.
Sît
élaient dans les villes de Samarie, que les rois d’Israël avaient construits, et il fit à leur égard ce qu'il avait fait à Beth-el.
t Et il sacrifia sur les autels tous les sacrificateurs des hauts lieux qui étaient là, et il brûla des ossements d’hommes sur eux; après quoi, il retourna à Jérusalem.
« Alors le roi fit ce commandement à tout le peuple, et dit : Célébrez la Pâque à l’Éternel notre Dieu, comme il est écrit dans le livre de cette alliance.
« Et jamais Pâque n’avait été célébrée depuis le temps des Juges qui avaient jugé en Israël, ni pendant tout le temps des rois d’Israël et de Juda.
« Et cette Pâque fut célébrée à I’Éternel dans Jérusalem, dans la dix-huitième année du roi Josiah.
« Josiah extermina aussi ceux qui possédaient des esprits de Python, les diseurs de bonne aventure, les dieux infâmes, et toutes les abominations qu’on avait vues dans le pays de Juda et dans Jérusalem, afin d’accomplir les paroles de la loi qui étaient écrites dans le livre qu’Helkiah, le sacrificateur, avait trouvé dans la maison de l’Éternel.
« Avant lui, il n’y eut point de roi semblable à lui, qui se
fût tourné vers l’Éternel de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force, selon toute la loi de Moïse ; et après lui, il ne s’en est point levé qui lui aient été semblables. »
Cette légende prouve :
1° Que jusqu'au règne de Josiah, et jusqu’au grand prêtre Helkiah, le Pentateuque ou livre de la loi fut inconnu des Juifs.
2° Que cet ouvrage est l’œuvre d’Helkiah, qui voulut, en le plaçan sous l’autorité du nom de Moïse, le soustraire à toute discussion, et,6par son aide, réformer la religion d’Israël. On ne saurait en effet admettre cette fable grossière du Pentateuque perdu pendant sept à huit cents ans et retrouvé par hasard lors des réparations du temple. L’histoire était bonne pour l’époque, elle ne vaut rien pour la nôtre.
3° Que le monothéisme mosaïque date, non de Moïse, dont il ne reste rien d’authentique, mais du réformateur Helkiah. Les actes de démolition auxquels se livre Josiah, à l’instigation du grand prêtre, indiquent surabondamment que la religion juive reposait à cette époque sur les mêmes bases que les cultes fabriqués pour le vulgaire par les prêtres de l’Indoustan, de la Chaldée et de l’Égypte. Les temples étaient situés sur les hauts lieux, entourés de bois sacrés. On y offrait des sacrifices à tous les dieux, au soleil, à Haschtoreth ou Astarté, la Vénus assyrienne, dont Salomon avait introduit le culte, au Phallus. On y nourrissait des animaux sacrés, des bœufs, les chevaux du soleil; on y entretenait des chariots pour les divinités. Il y avait aussi des temples où habitaient des prêtresses, des danseuses consacrées au culte. Et les maisons des dieux étaient pleines de statues.
Josiah renversa tous les temples, coupa les bois sacrés, brisa les statues et les chariots, brûla les animaux sacrés et
les sacrificateurs eux-mêmes sur leurs propres autels, jeta au vent leurs cendres et leurs ossements, et extermina tous les devins, sorciers, pythonisses et magiciens, afin d’ accomplir ce qui était écrit dans le livre découvert par Helkiah. La fraude du grand prêtre se décèle d’elle-même, et il est clair, en appliquant à ces faits les règles les plus élémentaires de la critique historique, que le mosaïsme ne date pas de Moïse, mais de Josiali et du grand sacrificateur Helkiah.
L’œuvre de Moïse fut l’œuvre d’un soldat; il chercha à discipliner les bandes d’esclaves qu’il avait entraînées à la liberté.. Repoussé de toutes les contrées où il cherchait à établir son peuple, il lui fallut une main de fer pour maintenir dans l’obéissance les anciens parias de l’Égypte et les ramener sans cesse au combat. Sans doute il dut établir la caste des lévites et s’entourer du prestige religieux, mais il eut peu le temps de fonder un culte sérieux au milieu de ses courses aventureuses à travers le désert.
En s’établissant par la conquête en Palestine, les Juifs prirent certainement les croyances religieuses des contrées envahies, — c’est toujours en s’assimilant les vainqueurs que se vengent les peuples vaincus, — et les mélangèrent aux tradilions qu’ils avaient conservées d’Égypte. Leurs différentes captivités vinrent encore augmenter la diversité de leurs croyances, la confusion de leurs idées religieuses, jusqu’au jour où le grand prêtre Helkiah tenta la réforme accomplie sous Josiah, réforme qui ne fut que la vulgarisation grossière des mystères élevés des prêtres indous, chaldéens et égyptiens.
Le Pcntaleuque n’a donc été écrit que vers l’an 621 avant l’ère actuelle.