LES GENÈSES CHALDÉENNE, ASSYRIENNE, PARSIS ET ÉTRUSQUE
Les Genèses chaldéenne et assyrienne, à l’imitation de l’Inde et par tradition directe de cette contrée, font naître également l’universalité des êtres animés d’un germe que l’Être suprême — El — laissa tomber dans les eaux de l’Euphrate. De ce germe, enfermé dans un œuf, sortit Astarté, partie femelle de El, et l’union des deux principes donna naissance à tout ce qui existe.
Les peuples anciens connurent parfaitement les sources antiques de leurs traditions. C’est en Asie que les sages de la Grèce allaient apprendre la science de la vie, les écrivains de cette dernière contrée en laissent souvent échapper l’aveu :
« Les anciens Asiatiques, dit Moïse de Chorène , qui écrivait cinq siècles après Jésus-Christ , eurent une foule de livres historiques qui furent tous traduits en langue grecque, lorsque les Ptolémées établirent la bibliothèque d’Alexandrie et encouragèrent les littérateurs par leurs libéralités, de manière que la langue grecque devint le dépôt de toutes les sciences anciennes. »
Des croyances identiques se rencontrent chez les Perses qui les avaient, sans aucun doute, reçues également ées pays
brahmaniques. Sans nous étendre plus longuement sur toutes ces légendes cosmiques, qui se modèlent sur les autres avec une désespérante uniformité, bornons-nous, ce qui est le plus important pour notre sujet, à bien fixer la source d’où découlent toutes ces traditions.
« Suivant Ammien Marcellin etAgathias, le roi Histos, ayant pénétré dans certains lieux retirés de l’Inde supérieure, arriva à des bocages solitaires dont le silence favorise les profondes pensées des brahmes. Là il apprit d’eux, autant qu’il lui fut possible, les rites purs des sacrifices, les causes du mouvement des astres et de l’univers, dont ensuite il communiqua une partie aux mages. Ceux-ci se sont transmis ces secrets de père en fils avec la science de prédire l’avenir, et c’est depuis que, dans une longue suite de siècles jusqu’à ce jour, cette foule de mages composant une seule et même race a
été consacrée au service des temples et au culte des dieux. »
Ainsi la Grèce et la Perse tournent avec le même ensemble leurs regards vers l’Inde, et toutes deux reconnaissent cette antique contrée comme le berceau de leurs traditions religieuses et scientifiques.
Les Étrusques faisaient également incarner dans Tceul l’Être irrévélé, qui revêtait, pour créer, une forme sensible et composée des doubles attributs mâle et femelle ; de l’union des deux principes naissait le grand Demi-ourgos, à qui était confié le soin de créer l’univers. Au rapport de Suidas, article Tyrrhenia , sur les antiquités étrusques, il employa six mille ans à cette création :
« Au premier mille il fit le ciel et la terre.
« Au deuxième mille il fit le firmament.
« Au troisième mille il fit la mer et les eaux qui coulent dans « la terre.
LES GENÈSES DE L’HUMANITÉ. 2?i
« Au quatrième il fit les deux grands flambeaux de la na- « ture.
« Au cinquième il fit l’âme des oiseaux, des reptiles, des « quadrupèdes, des animaux qui vivent dans l'air, sur la terre a et dans les eaux.
« Au sixième mille il fit l'homme .
Il est inutile d’insister sur la communauté d’origine de pareilles légendes.