‹ Histoire des viergesChapitre 5 sur 75 · AU MEXIQUE · texte numérisé non relu

AU MEXIQUE

En donnant un corps géographique à cette croyance des Indous, sur l’existence d’anciens continents s’étendant autour du globe dans le sens du tropique boréal et du tropique austral, notre intention n’a été, le lecteur l’a déjà compris, que dégrouper les civilisations éteintes, d’après les ruines qu’elles ont laissées, sans chercher pour cela à rétablir par des contours fictifs les continents disparus.

Nous ne pouvons dans cet ouvrage, dont le but est surtout de dégager la réalité historique par les traditions, donner la représentation de toutes les grandes ruines qui témoignent d’un art et de monuments religieux identiques sur les points les plus différents du globe, un pareil travail exigerait une élude spéciale qui sortirait du cadre que nous nous sommes imposé. Nous allons donner cependant deux spécimens d’architecture antéhistorique, empruntés l’un à l’Inde et l’autre à l’Amérique, contrées qui n’ont certainement eu aucune relation dans le passé, depuis la configuration géographique actuelle: ce sont les ruines du temple d’Ellora dans le Décan, et les ruines du temple de Chichen Ilza au Mexique. Il est impossible de ne pas rattacher ces deux monuments à la même époque et à la même civilisation antédiluvienne, car les deux

contrées où ils se trouvent sont aujourd’hui séparées par d’immenses étendues d’eau que les marins de l’antiquité n’auraient jamais pu franchir avec leurs moyens de navigation ; d’un autre côté, cette architecture suppose un niveau intellectuel si élevé, qu’on ne comprendrait pas comment cette époque n’aurait pas transmis son souvenir à celles qui l’ont suivie, si d’importants bouleversements géologiques n’étaient venus interrompre la chaîne des traditions. Il y a des études ethnographiques de la plus haute importance à faire dans le centre Amérique... Mais où sont les pionniers de la science? on préfère discuter pendant un siècle sous la coupole de l’Institut sur les Accadiens et les Summèriens plutôt que d’aller affronter le soleil de l’Indoustan ou celui du Mexique, et pendant ce tempslà les sociétés évangéliques et les missionnaires de tous les cultes rivalisent de zèle et d’aveuglement pour brûler les manuscrits, marteler les inscriptions, renverser les temples, et détruire partout les vieilles traditions de l’humanité qu’ils ne peuvent par courber sous la loi mosaïque. Ce n’est que par miracle, et grâce à leur masse de rochers et de pierres, qu’Ellora et Chichen Itza ont pu échapper au vandalisme religieux des Portugais et des Espagnols.

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