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LA MÈRE UNIVERSELLE DES GRECS

La tradition se continue.

En Grèce comme en Égypte, en Syrie et dans l’Inde, la mère universelle sort de l’œuf primitif et flotte sur les eaux, son 'premier lieu d’action, selon l’expression de Manou. Elle est appelée Aphrodite-Ànadyomène, — déesse de beauté sortie des eaux.

Dans les spéculations métaphysiques des Grecs, elle reçoit le nom de Génétyllide et préside, comme Nari, à la fécondation universelle, à la création de tous les êtres. Elle est reine du ciel sous le nom de Vénus Uranie.

A Paphos et à Cythère elle se nomme Vénus, et ses sectateurs l’adorent comme le symbole de l’amour.

Puis elle tombe, comme ses devancières des mythologies de l’Orient, dans le culte vulgaire et reçoit le nom de Vénus- Pan démos.

Reine de la création au début.

Mère de Priape à la fin.

Nous n’avons pas à refaire ici l’histoire si connue de la Vénus grecque, dont l’immense fécondité, accusée par les croyances populaires, ne fut évidemment qu’un symbole poé-

tique de cette puissance créatrice femelle imaginée par l’Orient pour expliquer la formation de tous les êtres. Qu’il nous suffise de restituer à cette intéressante conception sa véritable filiation.

Tous les dieux de l’Olympe grec ne sont que des figures allégoriques, dont il faudra aller chercher l’explication dans les temples de l’Égypte et de l’Inde, le jour où l’on voudra sérieusement refaire l’histoire du passé, et enseigner aux générations nouvelles autre chose que des fables ridicules ou obscènes.

Est-ce que vous ne sentez pas que cette course impudique de Vénus Aphrodite, à travers le ciel et la terre, dans les bras des dieux, des demi-dieux et des hommes, que ces leçons de débauche mythologique ont fait leur temps... et que l'heure va sonner, où la raison reprenant son empire fera table rase de tous ces mythes absurdes du passé, en ne conservant que la pensée symbolique qui leur a donné naissance?

LES VIERGES CRÉATRICES

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