LA VIERGE MÈRE SYRIENNE
Les Syriens et les Chaldéens crurent, eux aussi, à un principe divin, mère de tous les êtres.
Le peu qui nous reste sur les croyances religieuses de ces peuples, a les rapports les plus étroits avec les traditions indoueset égyptiennes; ce qui doit peu étonner quand on songe que les contrées qu’ils habitaient furent de tout temps la grande voie d’émigration de Plndoustan aux rives du Mil.
Astar.té, la reine des deux des Syriens, n’est autre que l’Astaroth judaïque. Comme dans la légende indoue, cette vierge immortelle naquit de l’œuf primitif dans lequel l'Être suprême s’était renfermé lui-même, pour se révéler, passer de l’inaction à l’action et créer l’univers.
Astarté sortit de cet œuf fécondé par l’Esprit divin qui avait pris la forme d’un pigeon, et de son sein s’échappera le germe de tous les êtres.
« Les Syriens disent qu’un pigeon couva pendant plusieurs jours un œuf dans les eaux de l’Euphrate, d’où naquit Astarté. »
(Nigidius, in Germanico.)
Nous ne savons rien du culte rendu primitivement à Astarté, comme mère de l’univers. De même que Nari était peu à peu tombée dans le nahamam, Mouth-Isis dans Thamoun, Astarté, la mère initiale , la créatrice , se confondit dans Vénus ; et l’écho des traditions antiques redit encore, à travers les âges, combien furent monstrueuses et obscènes les fêtes de la Vénus syrienne.
On ne pourrait les comparer qu’aux orgies brahmaniques.
Des milliers d’années se sont écoulées, les hommes de Ninive et de Babylone dorment dans la poussière avec les ruines de leurs monuments ; seuls les Indous, immobiles dans leur passé, comme des hommes oubliés depuis quinze à vingt mille ans, célèbrent encore, avec toute la pompe antique, dans les sanctuaires mystérieux de leurs pagodes, les fêtes de la fécondation de la nature et de l’amour universel.
LES VIERGES CRÉATRICES