‹ Histoire des viergesChapitre 70 sur 75 · LA DÉESSE DES GAULOIS · texte numérisé non relu

LA DÉESSE DES GAULOIS

Aucun monument écrit druidique ne nous est resté. Le vandalisme chrétien y a mis bon ordre. Pas un livre, pas une inscription n’a pu échapper, en Gaule, aux absurdes édits des empereurs romains. Les derniers livres sacrés des druides furent détruits en Irlande par saint Patrick, en Écosse par saint Colomban, et c’est ainsi que la fureur religieuse de quelques sectaires rompt périodiquement les anneaux les plus importants de la grande chaîne des traditions qui relie entre eux et les siècles et les races.

Et ce qu’il y a de plus extraordinaire, c’est de voir tour à tour les descendants de ces fondateurs de religion qui ont supprimé le passé, proscrit les croyances, profané les tombes des ancêtres, jeté à pleines mains l’ombre et l’oubli sur la science... se vanter d’avoir conservé la civilisation !

Ce que nous savons de nos pères nous a été conservé par fragments par les auteurs latins. Il est certain que les Gaulois possédaient des signes pour fixer leurs connaissances religieuses et scientifiques : sont-ce les caractères runiques que l’on retrouve dans les pays Scandinaves? aucune réponse sérieuse ne peut être faite à cette interrogation..,.

LES VIERGES CRÉATRICES

Les druides reconnaissaient un dieu suprême du nom de Dia ou Déa, pourvu d’une double nature mâle et femelle comme le Swayambhouva des Indous. Il n’est pas inutile de remarquer que Swayambhouva reçoit aussi les noms de Brahma, Zyaus, Narayana, Déva, et que le celte Dia ou Déa n’est autre que le samscrit Déva.

On sait du reste que le celte est un dérivé du samscrit.

L’union du principe mâle et du principe femelle de Déa donne naissance à l’univers.

Les druides étaient les prêtres de Déa générateur.

Les druidesses, les prêtresses de Déa créatrice.

Au-dessous de ces deux principes divins, et probablement issu d’eux, se trouvait Hésan (Hésus) — l'ancien des âges , qui paraît avoir joué un rôle secondaire dans la création.

La trinité druidique se trouve donc ainsi constituée :

Déa, principe générateur.

Déa, principe mère créateur.

Hésan, le produit immortel de celte union.

Tous les autres dieux, Teutates, Belenus, Hercule Ogmius, Mars et Jupiter, sont évidemment d’importation étrangère.

Là ne s’arrêtent pas les similitudes des croyances indoues et gauloises.

Les druides croyaient :

A l’immortalité de l’âme, et à un passage de l’âme et du corps dans un autre monde ;

Au mérite et au démérite, à la récompense et à la punition,

A la métempsycose ;

Ils s’adonnaient, comme les sannyassis, les vanaprasthas et les fakirs, leurs ancêtres des forêts de l’Inde, à la divination, à la magie et à l’étude des sciences occultes ;

Il possédaient une science avancée de l’astronomie ; enseignaient à leurs adeptes un système de géographie base sur leurs croyances religieuses ;

Et pratiquaient la médecine.

De tout cela rien ne nous est resté, et ce ne sont ni les Huns! ni les Goths! ni les Vandales, ni aucun de ces peuples que l’on flétrit, par habitude d’école, du nom de barbares, qui ont détruit les derniers vestiges du culte rendu à

L'immortelle Déa,

LES VIERGES CRÉATRICES

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