LA VIERGE MÈRE OCÉANIENNE
Jhoiho, le dieu océanien, quand il voulut sortir de son repos et rendre l’existence à l’univers, divisa son corps en deux parties :
L’une mâle : Taaroa,
L’autre femelle ; Ina.
De l’union de ces deux parties, mâle et femelle, naquit Oro.
Ne dirait-on pas une traduction pure et simple du texte de Manou que nous avons déjà si souvent cité ?
Ina fut donc, en Polynésie comme dans l’Indoustan, la matrice primitive où s’est formé le germe de tous les êtres; à ce titre elle mérite, elle aussi, le nom de
Mère universelle
des litanies brahmaniques et égyptiennes. Son culte nous est inconnu. Il a disparu sans doute avec le grand continent polynésien sur lequel il s’était épanoui, et Ina laissa, pour la représenter dans les îles et sur les récifs où quelques-uns de ses fidèles avaient été sauvés, son fils Oro, dont il ne restera bientôt... pas même un souvenir.
Nous avons donné, dans la première partie de cet ouvrage,
tout ce qui reste des traditions de cette contrée, livrée maintenant aux anglicans, évangélistes, presbytériens, quakers, protestants orthodoxes ou libéraux, et jésuites...
Si au moins tous ces gens-là pouvaient s’accorder entre eux.
Puisse le jour se lever bientôt, où le bon sens triomphant une bonne fois de la superstition religieuse, toutes les nations se réuniront dans un intérêt de science, pour conserver les archives de l’humanité et défendre à tous les missionnaires de tous les cultes :
Le bris des statues, la destruction des inscriptions et des livres.
N’y a-t-il pas des gardes pour cela dans les musées?
LES VIERGES CRÉATRICES