Histoire des villes de France
Lorsque César pénétra dans les Gaules, la région qui forma au moyen dge la pro- >iiue (le Picardie, était occupée, au sud, par les Uellovaci, les Sylvaneclenses et les Snessiones; à l’est, par les Veromandui-, à l'ouest, par les ytméinni et les Britanni; au nord, par les Morini, les Morin$, qui furent longtemps regardés comme le I)euple le plus reculé du continent europ('-on , et que Virgile a nommés les derniers des hommes. Quelques-unes de ces peuplades prirent part aux expéditions des Gaulois dans l’Asie. Plus tard elles opposèrent à la conquête romaine une résistance opiniittre, et ne cédèrent qu’au moment où les dernières espérances furent perdues ; mais favoralilement traitées par les vainqueurs, è cause du courage (|ii’elh>s avaient déployé contre eux, elles ne tardèrent point à s’ahsorher dans la grande unité du monde
romain. D^s l'on 12 avant Jésus-Christ, clics votèrent un autel au divin Auguste, et, pour témoigner plus formellement encore de leur soumission à César, elles décorèrent de son nom leurs principales cités. La capitale des Veromanduans fut nommée Augusta Veromanduorum ; Soissons, Angusta Suessionum, et Senlis, Augusiomagui. Amiens, Noyon, Arras, Boulogne, l’antique Gessoriaeus, Térouanne , mentionnée pour la première fois par Strabon sous le nom de Teruana , s'associèrent rapidement aux progrès de la civilisation romaine. Ces villes furent tour à tour visitées, habitées ou cmbeilics par les ('.ésars. Les empereurs Antouin et Marc-Aurèle consacrèrent des temples dans la province, et accordèrent aux habitants d’importants privilèges. Sous le règne d'Honorius, la Picardie fut comprise dans la seconde Belgi(]uc, et de la domination des Romains elle passa, dans le cours du v siècle, au pouvoir des Franks. Dès les premiers temps de la monarchie, la Picardie faisait partie du domaine de la couronne, et, comme l'a dit Du Gange, elle était de cette portion dii la fîaule qu'on appelait proprement France ; mais quand les grands vassaux, préposés par les rois de la première rare à l'administration du pays, sous le titre île ducs ou de comtes, curent usurpé les droits régaiiens à la lin du ix* et au commencement du x* siècie, les comtes d’Amiens, de Vermandois, de Ponthieu et de Boulogne se partagèrent presque tout le territoire qui leur était confié.
Le nom de Pieards apparait pour la première fois dans l’histoire en l(l2ô. L’étymologie de ce nom a donné lieu à de nombreuses recherches. Les uns le font dériver du caractère même des habitaiiLs, et prétendent que dans la vieille langue Picard signifie querelleur et pétulant ; d’autres l’ont tiré des hérétiques, qui, sortis de l’Allemagne, se montrèrent h la lin du xiii” siècle dans les provinces septentrionales de la France, et qui furent condamnés en 1312 au concile de Ravenne. D’autres enfin l’ont fait venir de picardus, soldat armé de la pique, parce que cette arme était en usage dans le pays ; et que les habitants s’en servaient avec une grande adresse. .Malgré les dissertations des philologues, la question est restée indécise. On n’est pas non plus d'accord sur l'étendue primitive de la province de Picardie. Eu 1350, Barthélemy de Brème désigtie cette province comme représentant l'ancienne Belgique, et Froissart lui-mème comprend dans ses enclaves Tournay, Lille et Arras. Les limites, du reste, ont souvent varié, et ce n’est guère que vers les dernières années du xvi* siècle que la circonscription géographique est nettement déterminée. Bornée au nord par l'Artois, la Flandre et le détroit du Pas-de-Calais; ù l’est par la Champagne; au midi par l’Ile-de-France; à l'ouest par la Normandie et la Manche, la Picardie comprenait l’Amiénois, le Boulonnais, le Ponthieu, le Vimeu, le Calaisis, le gouvernement d’Ardres, le Pays-reconquis, le .Santerre, le Vermandois, la Thiérache, le Soissonnais, le Valois, le Beauvaisis, le N'oyonnais et le Laonnais. Ces trois dernières subdivisions ont été démembrées de la Picardie en 1624 et enclavées dans le gouvernement de l’Ile-de-France.
Le Vermandois et le comté d’.Amiens furent réunis à la couronne par Philippe- Auguste; le Ponthieu passa successivement dans les maisons d'Aiençon, de Dammartin, de Castille et d'Angleterre. Confisqué par Philippe de 4’aiois sur Édouard III, il fut ensuite possédé par la maison de Bourgogne, et réuni définitivement a la couronne par Louis XI, en 1477. Le comte d’Artois, depuis Charles X,
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