ROMORANTIN
ment le duc de Guise l’épargna, pendant In tenue des États de Blois ; elle fut prise et pillée par les royalistes, en 1589, et dans la même année, M. de la ChAtre, qui tenait pour la I.iguc, s'en approcha et ne leva le siège qu'après avoir hrülé ses faubourgs. La révocation de l'édit de Nantes acheva la ruine du pays. Les protestants qui avaient trouvé un refuge en Sologne, où l'agriculture occupait leiu's loisirs, furent obligés do s'exiler ; ils emportèrent avec eux les derniers vestiges de la richesse de ce pays, qirf demandait des soins assidus et intelligents (168.J). Le commerce souffrit également de leur absence. In fabrique de draps de Romorantin, célébré depuis longtemps, produisait des étolTes communes appelées drap de Bernj et qui servaient à l'habilleracnt des troupes ou h l'usage des habitants de la campagne, r.ette fabrique commença à décliner vers les dernières années du xvii' siècle. En 1728, elle occupait encore cent maîtres et trois mille ouvriers. Sept moulins étaient employés au foulage et au dégraissage, et cette dernière opération était favorisée par l'action d'uno tciTe qu'on trouve dans les environs et qui donne une qualité supérieure aux tissus. Mais le renom se perdit peu A peu : les meilleurs fabricants , obérés par des banqueroutes , s'étaient retirés et avaient cédé la place A des hommes moins scrupuleux, dont les produits défectueux discréditaient le marché. A cette époque, cependant, Romorantin , livrait encore , chaque année , à la consommation six mille pièces de drap, qu'on écoulait dans les foires de Paris , de Saint-Germain, de Saint-Denis, en Champagne, en Brie et en Beaucc.
Louise de Savoie était, comme nous l’avons dit, dame de Romorantin; elle aimait cette ville , où elle résida souvent. Plusieurs princessc's l'eurent, depuis, dans leur domaine : Marguerite de France, fille de François P' (1563); Élisabeth d’Autriche, femme de Cliarles IX (1592); Diane de France et Louise de Lorraine (1601). Henri IV donna Romoi'antin, en l'érigeant en comté, A la trop fameuse Charlotte des Essarts, sa maîtresse, qui épousa un cardinal, Louis de Guise, et eut de cet étr'angu mariage plusieurs enfants, entre autres, Achille de Lori-uine, contte de Romoi'ontin, et une fille, qui fut mariée au marquis de Rhodes. Romorantin fut compris un instant dans l'apanage de Gaston d'Orléans, et réuni ensuite par Louis XIV à celui de son frère, dont les descendants en possédaient encore le domaine quand éclata la révolution. La municipalité de la ville avait souvent changé de forme; les douze élus avaient été réduits A quati'e, puis remplacés par quatre édievins. Lorsqu'on 1606 Henri IV Gt vériGer aux États d'Aubigny les privilèges des villes , lus échevins de Romorantin , traîtreusement persuadés par M, de Béthune que l'édit du roi ne les concernait pas, négligèrent de se présenter, et perdirent les franchises qu'ils tenaient de François I". En 1690, les bailliages et châtellenies de Romorantin et de Millançay, qui, quoique séparés, avaient toujours été régis par la même' coutume et tenus par les mêmes ofOcivîrs, furent réunis au siège de Romorantin. Cette ville était, en outre, le chef-lieu d'une élection antérieure A celle de Blois, et elle avait un grenier A sel, le plus ancien peut-être du royaume, puisqu'il remontait A saint Louis (12'»2). Un événement sinistre, arrivé quelques années avant la révolution, vint clore la série des catastrophés auxquelles elle avait dù la diminution progressive de son importance. Vers la Gu du mois de septembre 1770, la 11. 66
Saudre se gonfla et envahit l'ile .Marin et ic Bourgeau ; le pont de pierre fut emporté; les communications furent interrompues et le commerce arrêté; une grande désolation se répandit dans la ville, et les ravages de l'inondation mirent les habitants à la dernière extrémité.
Romoraiitin, l'un des chefs-lieux de sous-préfecture du département de Loiret-Cher, compte aujourd'hui 7, ->00 habitants; l'arrondissement en renferme 46,900. La fabrique de draps de Komoranliira repris quelque importance, malgré les concurrences redoutables du Nord , qui se sont élevées depuis, et contre lesquelles cette ville est hors d'état de lutter jamais avec avantage ; les tanneries sont ponr elle un objet considérable de commerce. Quelques noms illustres .se rattachent i Romorantin. Claude de France, la vertueuse et douce fille de Louis XII, y reçut le jour. C'est encore la ville natale du théologien François de Romorantin; A& l'avocat Jean de Launay des Étangs; de Claude Papon, un instant connu par ses luttes avec le grand Bossuet; et de M. le comte de Bièvre, auteur d'une libtoirc manuscrite sur Romoi'autin sa viHc natale, pleine de matériaux excellents. ' , . - .
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