‹ Histoire des villes de France (volume 2)Chapitre 115 sur 119 · I. ^ Belsii triste solum, cui désuni bis triâ UDtiiEn · texte numérisé non relu

I. ^ Belsii triste solum, cui désuni bis triâ UDtiiEn

Colles, prata, nemiis, fontes, arbusia raoemus.

tilles, les haricots, y viennent également bien. L’introduction de nouvelles plantes ou racines, telles que la pomme de terre, les navels, la betterave, la garance, le colza, le rutabaga, la gesse blanche, etc., y a heureusement agrandi le cercle des productions agricoles. Les asperges du petit village de Monvilliers , grâce aux soins d'un pauvre paysan nommé Perrot, ont acquis une grande célébrité : elles sont aussi recherchées pour la table des riches que les pèches de Montreuil et les cerises de Montmorency. Leur grosseur extraordinaire , leur poids souvent énorme et leur délicieuse saveur les distinguent entre tous les légumes de ce genre. On en présenta un jour trois au roi Louis XVIII, qui, réunies, pesaient six cent vingt-cinq grammes.

Les terres du département d'Eure-et-Loir sont ordinairement divisées en trois soles ou saisons ; à savoir, un tiers en blé, seigle ou méteil , un tiers en avoine, orge, pois et autres grains, un tiers en guéret. Avant d'enterrer le blé on le chaule, procédé qui consiste à passer la semence dans de la chaux éteinte. L’existence de nombreuses carrières de marne, fournit au cultivateur un engrais qui ne tarit pas, particuliérement à Senonches, à Fermincourt, au Beuil. Il y a de belles prairies naturelles dans l’arrondissement de CJtartres; celles de Gord et de Thivars sont les plus estimées. Les prairies artificielles ne sont guère multipliées que dans les cantons ruraux du département qui appartiennent à l'ancienne province du Perche. On y fait un cidre sans saveur avec le fruit du pommier, et la culture de la vigne n'y donne que des vins de médiocre qualité.

Les démembrements de la Rcaucc, compris dans les départements du Loiret et de Loir-et-Cher différent peu, sous le rapport agricole, des campagnes du pays chartrain. Le Oàtinais-Orléanais , pays d’un aspect plus riant, plus plantureux, plus varié que cette contrée à laquelle il confine, n'en a pas l'admirable fécondité. Toutes les terres n'y sont point également bonnes : il y en a de médiocres, de mauvaises même. Au nord ouest de l'arrondissement de Gien s'étendent des landes et des plaines marécageuses pour la plupart incultes. L'arrondissement de Montargis produit des grains de toute espèce ; une multitude de ruisseaux, qui sortent de ses étangs, y entretiennent de frais pâturages. Le froment du Gâtinais est d’une qualité supérieure. Depuis longtemps, on y cultive un safran riche en matière colorante, à Beaunc, Puiseaui, Bromeilles, Neuvilleaux-Bois, Beaumont, etc. ; d’après la tradition locale, ce fut un seigneur de Boignes qui transporta cette culture du comtat Venaissin dans son pays. Outre le safran, les grains et les plantes potagères et légumineuses de toute espèce, le Gâtinais produit des vins communs. Les crus des arrondissements de Montargis et de Gien sont d’une couleur très-foncée et d’une épaisseur désagréable : le commerce ne les en recherche pas moins à cause de l'avantage qu'ils ont de donner une belle couleur aux vins pâles, sans leur communiquer aucun goût. Les meilleurs sont ceux du vignoble de Chàteau-Rcgnard. Im vallée du Loir ou Vendémois propre, qui sépare le Perche de la Beauce, n’a rien de commun avec les deux régions entre lesquelles elle s'interpose, o La Beauce, dit M. de Pétigny, est la contrée la plus saine du département de Loir-et-Cher, tandis que le val du i-oir n'est guère moins insalubre que la Sologne. » Au fond des basses terres, périodiquement inondées, croupissent des prairies roaré-

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cageuses; sur les coteaux, se déroulent des bois ou s'étagent des vignobles.

En général, c’est au nord de la Loire, du côté de la Beauce et du (jétiuais, que glt la richesse agricole du Loiret. Au sud, est la Sologne avec le BIcsois, son annexe territoriale. La plus grande partie de cette contrée est située dans \jairct Cher ; en la décrivant, nous caractériserons encore plus ce département que celui du Loiret. Les couclies supérieures du sol y sont disposées dans un san» inverse à l’ordre que nous avons remarqué dans la Beauce. Dans celle-ci, l’argile ' est au-dessus, la marne ou le sable au-dessous, de sorte que les eaux pluv ialea s’y infiltrent naturellement : au contraire, dans la liologne, le sable, il peine mélangé de terre végétale, est superposé à une couche d'argile, si bien que l'eau se trouve arrêtée au passage comme dans un récipient naturel. La Sologne souffre donc ou d’une excessive humidité ou d'une extrême sécheresse. L'air y est vicié, la terre lourde, la végétation languissante Les étangs ne sont mille part plus nombreux : un en compte au delà de soixante dans la commune de Millancay; soixante-six dans celle de Marcilly. Deux autres communes, Vernuu et Tremblevif, en ont chacune quali'e-vingt-douze. Des pâturages ont été ménagés au milieu des marécages et des étangs qui entrecoupent les parties basses du pays. L'origine de ces réservoirs remonte au moyen âge. La culture des céréales, qu’on avait graduellement substituée aux plantations de buis , était peu productive. Les ani;iens seigneurs féodaux, nobles ou abbés, se constituèrent une nouvelle source de revenus, en établissant des étangs et des moulins; mais le barrage des cours d'eau devait, par l'exhaussement de leur lit, en exposer les bords à des inondations périodiques, et les produits de la pêche des étangs ne pouvaient manquer de s'affaiblir peu à peu avec le relâchement de la pratique religieuse du jeûne. C'est ce qui arriva. On s’était aussi avisé de faire paître des moutons, des porcs et des oies sur les landes incultes : avec la laine des toisons, les habitants des petites villes des rives du Cher fabriquaient des étoffes. Les fabriques de drap du nord, en lui faisant une redoutable concurrence, portèrent un grand préjudice à cette industrie. Ainsi, tout tourna au détriment de la pauvre Sologne : scs parties basses devinrent de plus en plus marécageuses, ses parties hautes de plus en plus stériles ; et le nombre de ses habitants, décimés à la fois par la maladie et la misère, diminua d'une manière effrayante, tandis que les populations des contrées voisines croissaient en force et en bien-être.

Ün récolte du seigle et du sarrazin , quelque peu d’orge et d’avoine , et presque point de froment dans la Sologne. L'introduction de la pomme de terre y a assuré, aux hommes et aux animaux , une précieuse ressource alimentaire. Le chanvre y est assez beau et de bonne qualité. On s'y sert du fruit du pommier, comme dans la Beauce, pour en fabriquer du cidre , qui supplée au faible rapport des vignobles. La plupart des crus sont des vins de teinture. Le sol argileux du Blésois, sans égaler celui de la Beauce , est bien plus productif que les terres sablonneuses de la Sologne. On n'y voit que des bois, des champs de blé et des vignobles; les étroits vallons, appelés coulées, qui y coupent les plateaux, étalent une végétation Inxuriagte. Mais la contrée la plus fertile du département du Loiret est le Vai-de- Loire. Dne partie de ce pays, la moins étendue, est située sur la rive gauche du fleuve ; l’autre partie, la plus considérable, se déploie sur la rive droite. Il est plat,

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