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PICAKDIE.
Turnèbc, d'Aurat, le cbaiicelier de L’HopÜal , conipusèreiit des vers latins. Joachim du Hellai écrivit un poème , et le peuple chansouna les Anglais. (Test qn'en effet, l'un des plus grands rois de l'Angleterre n’avait pris Calais que par Tamine, après un an de siège, et le duc de (luise Tarait emportée en sept jours, à la pointe de Tépéc.
Le roi d'Espagne offrit une armée à la reine d'Angleterre pour reprendre la forteresse dont la perte Taflligeait si cruellement. Mais l'entreprise fut jugée impossible. Henri II vint bicntùt en grande pompe visiter la nouvelle conquête, et donna au dur de (luise le magnilique édifice qu'Ëdouard avait fait l>Atir pour les marchands de l’étape. On releva les fortifications délabrées par le siège; les habitants de Térouane et de Saint-Quentin , que les guerres avaient ruinés , vinrent , en grand nombre , se tirer à Calais, et le roi rendit des réglements pour régulariser la police et l'administration. Cæs règlements, dat('*s du li février I.V)9, furent en partie calqués sur ceux qui régissaient Koulogne. Des commissaires furent en outre désignés pour faire la répartition des maisons et des terres entre tous les sujets français qui voudraient habiter le pays reconquis. Un édit rendu h Troyes, le 29 mars 1563, assura aux marchands calaisiens le maintien des privilèges et des franchises dont ils avaient anciennement joui sous la domination de la France. Cette même année les protestants, qui se trouvaient en grand nombre dans la ville, formèrent le projet de massacrer le gouverneur et les catholiques ; mais le complut avant été découvert, trente des principaux conjurés furent pendus aux fenêtres de Thétel-de-ville.
L'une des clauses du traité du Câteau-Cambrésis, conclu en 1579, portait que la France garderait Calais pendant huit ans , et qu'à l'expiration de ce délai la place serait rendue i l’Angleterre, dans le cas où certaines conditions seraient restées sans exécution. En 1567, les Anglais prétendirent que ces conditions n'avaient point été remplies, et alléguèrent divers motifs pour être remis en possession de la forteresse. Il y eut à ce sujet de très-longues négociations ; mais la France conserva sa conquête.
Uniquement occupés de la pêv'he et de leur commerce, les Calaisiens paraissent avoir joué un rêle peu important dans les luttes politiques qui marquèrent la seconde moitié du xvi* siècle, et C((mme le dit un de leurs historiens, « ils se « maintirent dans Tohéissance au roi légitime par la sagesse de ceux qui les O commandoient. » Confiant dans leurs bonnes dispositions, Henri IV ne songea point suffisamment, au moment où il était en guerre avec l'Espagne, ù protéger Calais contre les entreprises de l'ennemi, la 30 mars 1595, l'archiduc .(Ibert sortit de Bruxelles, et quelques jours après il investit la place, qui n’avait qu'une faible garnison, et parvint à gagner le commandant. Mais lorsque celui-ci Ht part aux habitants de l'intention où il était de se rendre , les Calaisiens éclatèrent en murmures et déclarèrent qu'ils voulaient résister. « Eh bien! » répondit-il, o nous « mourrons ensemble. » En effet , dès ce moment, il ne chercha plus qu'à perdre avec lionncur une vie que le regret de sa trahison lui rendait insupportable. Henri IV avait tenté vainement de secourir les assiégés, ils furent contraints de se retirer dans la citadelle; cette forteresse fut bientèt emportée après trois assauts meurtriers , et l'ennemi pas.sa par les armes neuf cents bourgeois qui , pendant le
CALAIS. (-2:1
siôge, s't'taient montn's dignes de leurs aïeux du TVi* siêde. Cent qui iVhappi-rciil au massacre abandonnèrent la ville pour ne point vivre sous une domination étrangère. L'histoire a gardé le souvenir du beau rAlc que joua dans ces tristes circonstances le président Jacomel.
Par le traité de Ven ins, conclu en 1598, Calais fut restituée à la France ; Henri IV fit augmenter les fortifications, et comme il ne restait de l'ancienne population que des orphelins et des veuves, il accorda de nombreux privilèges pour y attirer les étrangers, et s'y rendit de sa personne, afin de connaître l'état des choses et de prendre les mesures nécessaires. Une peste, le passage de Louis XIII, et quelques travaux pour l'amélioration du port, tels sont les seuls souvenirs que nous rencontrions jusqu'en 1628. Cette même année, une flotte anglaise de deux cents voiles parut dans la Planche, et l'on apprit bientôt que cette flotte était destinée à jeter sur les côtes des troupes de débarquement qui devaient être introduites dans Calais par un traître nommé Duparc. Mais le complot ayant été découvert , les .Anglais n'osèrent rien tenter. La guerre contre l'Espagne ramena souvent, pendant le règne de Louis XIII, l'ennemi aux environs de Calais. Il en fut de même dans les premières aimées du règne de Louis XIV, et ces invasions répétées occasionnèrent plusieurs fois la famine. En 1657, les Espagnols, au nombre de quatre mille hommes d'infanterie et de douze cents cavaliers, se présentèrent inopinément devant Calais, et forcèrent l'entrée de la basse ville. .Mais le mayeur, Gaspard Mollien , ayant rassemblé les compagnies de la milice bourgeoise, opposa une résistance vigoureuse; et l'ennemi fut contraint de battre en retraite, en abandonnant ses morts. L'année suivante Louis XIV, s'étant rendu à Olais pour suivre les opérations de l'armée de Turenne, tomba dangereusement malade et fut guéri par un médecin d'Abbeville , nommé Du Saulchoy, qui osa risquer l’emploi de l'émétique, malgré les anathèmes de la faculté de médecine contre ce médicament. Le roi, parfaitement guéri, partit le 22 mars, et une médaille fut frappée en mémoire de cet événement.
I-a guerre contre la Hollande et l'Angleterre fournirent aux Calaisiens de nombreuses occasions de se signaler tout en s'enrichissant; leurs corsaires firent essuyer au commerce ennemi des pertes considérables. Ils eidcvèrent même des frégates à l'abordage. I-ouis XIV, qui revint à Calais en 1677 et en 1680, ne négligea rien pour rendre cette place imprenable, et, par son ordre, Vauban y exécuta d'importants travaux. Les Anglais tentèrent sans succès un bombardement en 1695; ils ne réussirent qu'à endommager trois maisons L'année suivante, le 17 août, ils revinrent encore jeter six cents bombes dans la ville, et cette fois le dégât fut plus considérable. En 1695, ils firent une troisième tentative; les corsaires calaisiens, pour punir ces ravages, descendirent sur les côbs d'Angleterre et en rapportèrent un butin considérable. H était beau de voir ainsi de simples marchands porter la guerre chez un ennemi aussi redoutable. Le loi de France, attentif aux exploits des Calaisiens, leur donna d'honorables témiignages de su satisfaction.
L'histoire de la ville de Calais ne présente, dans le cours du \ viii' sits le, aucun événement notable. I.a bulle Vnigenltua y causa comme partout <]u 'Ique agitation. Elus l.ard, en 1715, le maréchal de Saxe y rassembla un corps de quinze mille
PICAUDIE.
hommes, destiné à soutenir, en Angleterre, lu ruiise du Prétendunt. I.ouis XV y vint en personne avec une grande solennité, et les habitants tirent éclater, en l'honneur du roi , un vif enthousiasme. Quand les lâchetés de Dubois eurent ruiné notre marine, les .urmateurs ralaisiens soutinrent dignement pur leurs corsaires lu gloire du pavillon français, et ce n'est pas sans raison que l'historien de celte ville, Lefebvre, dit en terminant son livre, qu'il est peu de cités dont le peuple ait donné dons tous les temps des marques plus glorieuses de courage et de fidélité.
Dans la guerre de 1T78, les corsaires de Calais se rencontrèrent de nouveau avec les .Anglais; et, plus tard, pendant les guerres de la république et l'empire contre les puissances coalisées de l'Europe, les Calaisiens armèrent encore en course, et vengèrent sur le commerce de l'ennemi les désastres de nos flottes. Les luttes maritimes sont, du reste, les seuls événements qui marquent, à l^alais, l'époque de hi révolution. Lors du rassemblement de la grande arrat« à Boulogne, il y eut sur tout le littoral un grand mouvement de troupes. I.es flottes anglaises se tenaient constamment en vue des côtes. Le i6 septembre 180V , elles essuyèrent de brûler une flottille qui s'était réfugiée dans le port de Calais. Elles jetèrent dans la rade et sur la ville une grande quantité de bombes , et , par un singulier hasard , un seul individu fut blessé ; c'était un prisonnier anglais. En 181V, le 2V avril, Louis XVIII, venant d'Angleterre, débarqua à Calais, et, en souvenir de cet événement, on éleva une colonne, et on scella sur une pierre l'empreinte en bronze du pied royal.
Calais fit successivement partie du diocèse de Térouanne et de celui de Boulogne; elle appartient maintenant au diocèse d'Arras. Elle était, sous l'ancienne monarchie, le siège d'une subdélégation, qui ressortissait de l'intendance de Picardie , d’un présidial , d'une justice consulaire, et d'une amirauté. On compte, parmi ses gouverneurs militaires , les noms les plus illustres de l'Angleterre et de la France. Elle est maintenant un chef-lieu de canton , dépendant de l’arrondissement de Boulogne. La population de Calais s'élève à plus de 11,000 habitants. Le grand et le petit cabotage, le commerce de commission , la pèche , et les fabriques de tulle, établies par les Anglais en 1815, forment aujourd'hui les principales ressources de cette ville. Quoiqu’elle ne soit plus la route la plus fréquentée de Paris à Londres, elle voit encore passer annuellement dans son port près de y vingt mille voyageurs. Le trajet de Calais à Douvres est de sept quarts d'heure environ, et lés paquebots à vapeur des postes de France et de l'amirauté anglaise, font à la fois le transport des passagers et des dépêches d'un rivage à l'autre. Sur vingt voyageurs, seize sont Anglais, trois Français et un étranger.
Le port de Calais, qui était autrefois très bon, a perdu une grande partie de ses avantages ; et , par suite des ensablements , la mer s'en éloigne tous les jours. Cependant, on a entrepris d'immenses travaux depuis la révolution de 18'<0, pour arrêter les progrès du mal. Le chenal a été allongé de deux cent soixante mètres, et on a construit une écluse de chasse de dix-huit mètres de débouché pour lui rendre sa profondeur et en balayer les sables. Entre le bassin des chasses et les murs de la ville , on a établi un avant-port et un bassin è flot. M. Raifeneau de rislc a projeté ces travaux, dont l'exécution a été confiée à M.M. Rchon, ingénieur en chef, et Pouilly conducteur des ponts-et-chaussées.
I,e canal de Saint-Omer débouche dans le port. Déjà en communication avec
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