II
GUIENNE
S-20, époque où l'on y trouve une ombre d'organisation féodale, l'imagination seule ]K‘ut l'entrevoir. Le viguicr des comtes de Kouergue paraît y avoir esercé alors les fonctions autrefois dévolues au vicaire impérial. En 937 les viguiers transformèrent leur vigucrie en vicomté indépendante el héréditaire.
Le premier vicomte fut un leude d'origine germanique, nommé Bernard. Sous Kichard 11, son arriére-pctit-flls, la vicomté de Milliau se composait, en 1050, de la «ille et des terres et bourgs de Monna, La Roque, Cumpeyre, Rosiers, Sév era , La Ranousc, Saint-Grégoire, Caylus et Bournac. Jusqu'en 1358 où elle fut réunie à la couronne , cette vicomté vit se succéder quatorze souverains, non compris Riciiard II qui était le quatrième. Elle était entrée, en 1112, dans la maison d'Aragon, par le mariage de Douce avec Béranger, comte de Barcelone, et avait eu neuf vicomtes aragonais Jacques I" la rendit enlin, le 11 mai 1250, à saint Louis , qui s'empressa de la réunir à la couronne. En prenant possession de la ville, ce prince , pour s'assurer de son obéissance , furtilia soigneusement l'ancien clnltcau des vicomtes et octroya en même temps aux consuls, comme marque de ses sympathies , le droit d'ajouter aux arma d’Arayon un chef à trais fleurs de lys d'or sur fond d’azur. Vingt-un ans après, les dominicains, en mémoire du saint roi, vinrent bétir, le long de la rue Saint-Martin, un cloître qui portait son nom. Les comtes de Toulouse, comme seigneurs suzerains, avaient accordé divers privilèges à la commune , lesquels n’étaient sans doute que la continuation traditionnelle du municipe romain. En 1289, les consuls obtinrent la permission de défendre leurs concitoyens devant les juges ecclésiastiques et de prendre les frais de leurs procès sur les deniers de la ville. Au mois d'octobre 1297, ils la firent exempter du droit de passage et du commun de paix, et, en t336, grâce h la brillante réception qu'ils firent è Philippe-de-Valois, ils obtinrent gain de cause pour plusieurs contestations importantes, entre autres le droit de péage du pont vieux que se disputaient le vicomte de Creyssel et l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Ce péage renfermait deux clauses qui peignent tout le moyen âge; l’une, que les juifs ou sarrasins paieraient cinq sols par tète, et leurs femmes, dix sols si elles étaient enceintes, et l’autre que les nobles et gens d'église seraient exempts pour leur bétail gros et menu.
Les consuls qui, en 1336, étaient au nombre de six, recevaient, dit le vieux registre de l'épervier, vingt florins d'or chacun par an pour leurs gages, et le prix d’une robe ronge et noire et d'un chaperon. Ces patriotiques magistrats fournirent quarante servants pour la guerre nationale contre les Anglais [13U). Récompensés de leur zèle par l'autorisation que leur accorda le lieutenant du roi, Jean de Marigny , d’établir des crieurs publics et de toucher les émoluments de ces charges, ils s’opposèrent avec vigueur, en 13(3, à la création d'un grenier ù sel, et, en 1351 , pourvurent à la sûreté de la ville en élevant de bonnes fortifications. Cependant le roi Jean fit remettre Milhau par le maréchal de Boucicault, à Jean Chandos, le 18 février 1362. L'heureuse révolution de 1369 ayant amené la délivrance des habitants , ils luttèrent, pendant vingt-deux ans, de dévouement et de sacrifices pour chasser les routiers et seconder, par tous les moyens en leur pouvoir, la cause de la France. Le 23 mars 1387, les nobles se soumirent volontairement aux contributions que supportaient leurs concitoyens , et les bourgeois.