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de leur côté , votèrent aux états de Rinhac et de Rhodez tous les milliers de IraDcs d'or qu'on leur demanda. Moyennant ces sacrifices, les routiers et les Anglais disparurent, en 1391, des environs de Milhau.
Louis XI donna cette ville au vicomte de Itarbonne, qui vint, en H75, pour en prendre possession; mais les consuls, se fondai t sur Je privilège qu'ils possédaient de ne pouvoir être distraits de la couronne, accueillirent le vicomte à coups de fauconneau, et le renvoyèrent à Narbonne, lui et ses lands-knechten. Henri II, par ses lettres patentes du 3 avril 1555 , réduisit le nombre des consuls de six à quatre. Six ans après , la rèformation était prècliée publiquement dans les écoles ; mais, bien qu'un ministre nommé Duval y edt évangélisé en chaire, le catholicisme y fut respecté jusqu'aux mois d'octobre et de novembre de l'année suivante. Alors les réformés, perdant toute mesure, brisèrent les croix, les images des saints, et pendirent un crucifix à une fenêtre. L'abandon de la religion romaine fut bientôt général, les moines, disent les archives, se^dcmoinèrenl, les prêtres se déprétrérent, et le changement eut un tel caractère d'unanimité, que quatre commissaires, députés par le juge royal , s'étant rendus de maison en maison , pour sommer chaque habitant de dire s'il désirait que la messe fdt dite comme on souloit faire avant la prédication de C évangile, ils ne trouvèrent personne qui demandât la messe.
Après la Saint-Barthélemy, des délégués de tous les calvinistes du Rouergue se réunirent à Milhau pour se concerter et organiser des moyens de résistance. Une autre assemblée , beaucoup plus importante , eut lieu le 1" décembre 1573 ; on y vit des députés de toutes les provinces de France et plus de douze cents députés du tiers-état. Le serment d'union y fut renouvelé comme dans celle du mois d'aoôt 1575, et l'on acheva de régler l'administration civile et militaire de la république protestante. Peu après la tenue de ces grands colloques éclatèrent les hostilités. Joyeuse parut tout à coup, en 1586, à la vue de Milhau et l'aurait peut-être pris, sans l'expérience et la valeur de Châtillon qui couvrait la ville. Ce brave capitaine présida, le 8 août, une assemblée particulière des états protestants du Rouergue dont les résolutions ne furent pas inutiles au parti; mais il eût servi encore bien plus elfiraccment le roi de Navarre, si les bourgeois, prenant ombrage d'une citadelle qu'il faisait construire à la porte de l'Airolle, ne s'étaient soulevés et n'avaient chassé scs troupes. Après la proclamation de l'édit de Nantes, Milhau fut paisible pendant seize ans et ne sortit de son repos qu'en 1615. Provoqué par les prédications fanatiques d'un jésuite, le peuple se porta en foule à l'église, que l'édit de Nantes avait rendue au culte catholique, en rompit les portes, et, après avoir excédé de coups les fidèles, poussa la fureur jusqu'à fouler aux pieds le saint-sacrement. Sous Ixmis XIII, les meilleures têtes et la ficur de la noblesse du calvinisme se réunirent, le 12 novembre 16-20, à l'hôtel-dc-villc de Milhau, sous la présidence de Caïusse, chef fameux par ses exploits aux dernières guerres; on arrêta , dans cette réunion, une série de mesures, dont les principales furent la nomination des généraux, et la déclaration de guerre, pour laquelle Milhau vota six mille livres. L'année d'après, arriva le duc de Rohan pour observer l'armée royale pendant le siège de Montauban , et diriger sur Montpellier les levées du Rouergue. I.a paix de Montpellier, conclue en 1622, laissa aux bourgeois de Milhau la moitié de leurs fortifications; Richelieu fit démolir le reste en 1629,
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En 106^ , le peuple s’étant porté ît quelques excès Contre les capucins, l'intendant de la généralité de Montauban 6t pendre deux des coupables et condamna le ministre Arbussy au bannissement à perpétuité. A cet arrêt succédèrent les réactions cruelles de la révocation de l'édit de Nantes et les dragonnades. La comédie de Sfoiituuban Tut jouée, le il septembre 1685, à l'hôtel-de-ville ; le bailli. Honoré de Donald, écrivit ensuite à la cour que tous lus habitants avaient abjuré, ce qui ne les empêcha pas d'étre en butte aux persécutions les plus sauvages. Comme dans toutes les villes calvinistes, les riches émigrèrent. Lorsque les frontières se rouvrirent devant les exilés , on vit qu'ils n'avaient jamais cessé de songer à la prospérité de leur patrie; en eCTet, en rentrant à .Milliau, la famille Guy y rapporta l'art de la cliamoiscrie qu'elle avait appris à Genève, et celle branche d'industrie devint bientôt l'une des plus florLssantes du pays. Des faits d'une importance .set!ondaire, tels que la construction d'un lavoir, en 1749, la chute du Pont-Vieux, en 1757, et la plantation de la promenade du quai, en 1766, précédèrent la convocation des états-généraux. Le seul événement qui passionna un moment l'opinion publique fut le procès du maréchal de Richelieu contre madame de Saint- Vincent, procès né au couvent de Sainte-Claire è Milhau, car c'était là que la femme du président d'Aix, enfermée pour ses galanteries, avait fabriqué au carreau quatre cent mille francs de billets au nom du maréchal. La signature de ces billets était calquée si habilement, que, sans mademoiselle Maury de Saint-Victor, grand'mère de l’auteur de cette notice, et alors pensionnaire des Clairistes , qui vint déposer du fait au paricmtmt do Paris , 1e vainqueur de Mahon eût été forcé de payer quatre cent mille livres.
La révolution fut d'autant mieux accueillie à Milhau que, sur un peu moins de quatre mille âmes, on y comptait deux mille protestants. Cette ville, déshéritée depuis des siècles au profit de Villefranche la catholique, eut d'abord un chef-lieu de district, et plus tard une sous-préfecture. Situé au sud d'un vallon fermé de tous côtés par une ceinture de coteaux plantés de pêchers et d'amandiers, Milhau est au printemps un séjour délicieux. Ses rues étroites, mais assez bien alignées, sa place, dont un seul côté offre une galerie couverte , le lavoir et l'ancien hospice , fastueusement nommé jadis Udpilal-Hlage , en rendent l'intérieur assez pittoresque. Il n'a, du reste, conservé du mouvement industriel d'autrefois que des tanneries, des mégisseries et des chamoiseries assez renommées. Sa population est de 6,000 habitants et celle de l'arrondissement de 65,800. Milhau a vu naître les cardinaux Bernard, Richard et Mairose, qui vivaient, les deux premiers au xil^«iècle, et le dernier dans le xv’; Bernard Lauret, premier président du . parlement de Toulouse; J.-C. Peyrat, prieur de Pradinas, né en 1709, auteur •it des Géor jr 17 ue.v patoises, véritable chef-d'œuvre classique du dialecte rouergat; le brave général de division Henri Sarret, tué en l'an 11 à l'atUiquc du camp de la Madeleine sous Barcelonnette, et M. de Bona/d, auteur de la Législation primitive, étaient de cette ville. M. de Frayssinous , évêque d'Uermopolis, naquit aussi, en 1765, à Curiëres dans l'arrondissement de Milhau.'
1. Archives de Milhau. — Regisirc de l'épervicr. — .Archives de l'hApihd de Milhau. — Tatdes de Pciitinger. — Mémoires inédits de mademnistdfe Maury de Saint-Victor. — Registre do Ji'an t'ai|mias, iiotairtr. — JUimoires de Fhilippi. — IféniairM du duc de Rohan. — Art de véri/ler les dates, t. i.
RÉSUxMÉ GÉNÉRAL
ANTIQUITÉS. - POPUL.VTIONS. - MŒURS. - AGRICULTURE. — INDUSTRIE. - COMMERCE.
Dans la Guicnnc comme dans lu Gascogne, les druides ont laissé des souvenirs imposants de leur puissance et de leurs mythes religieux. Cela est surtout vrai du Périgord et du Quercy, dont les montagnes sont hérissées de cromlechs, de poulvens et de roches branlantes. On rencontre aussi fréquemment des dolmens dans les arrondissements de Libourne, de Ribeyrac, de Périgueux, de Sarlat, de Figeac, de Cahors, de Gourdon et de Rhodez. A côté de ces pierres saintes qui recouvrent toujours des flèches en silex pyroinaque, des haches en serpentine dure, en jaspe ou en basalte, apparaissent ^-.i et là, sous l'herbe, de nombreux débris de la civilisation romaine. A lilas et à Saint-Médard d'Eyrans, dans l'arrondissement de Bordeaux, le chemin Gallien {Cumin Gallian] offre et reproduit, sur une étendue considérable, le tracé antique de la voie de Iturdigala aux Trois arbres {1res arbores)-, celui de la voie qui reliait Agen à Bordeaux est indiqué par la tradition, les médailles et les mosaïques trouvées à Gérons et à Hure, près de la Réole. Les routes romaines de Dax à Bordeaux et de cette dernière ville à Périgueux ont laissé des traces remarquables à Crstas, à Salles, à Saroc de la Peyre, dans les Landes, et au village de Hins, non loin de Fronsac. Gazais, Figeac, Varayre, dans le département du Lot; Rruyères, Saint-Raumas, Le Couronnât et Cos, dans celui de Tarn et Garonne; Rhodez, Trêves et Milhau, dans l'Aveyron, conservent les derniers vestiges des voies qui, partant de Périgueux ou de Cahors, allaient aboutir à Toulouse, en passant par ('os, ou à Nîmes, en traversant Milhau et Javols. Les magniliques arcades du cirque Gallien à Bordeaux , la tour de Vesone à Périgueux, les beaux restes de l'aqueduc de Czihors, et les Thermes et les galeries dégradées de son antique théâtre sufliraient d'ailleurs pour donner une haute idée do la magnificence déployée par Rome dans cette vieille Aquitaine, qu'elle traitait comme une sœur, et se plaisait à embellir.
Il ne reste plus que des ruines des chdteaux de Cassaneuil, de Yillandraut, de la Réole ; de Montpezat , en Agenais ; de Vayres, de Cadillac, d'Aiguillon et d'Autefort, en Périgord; de Capdcnac, de Sousceyrac, de Monbrun, de Peyrille, de C.oncorès, de Gourdon, de Cabrerels, dans le Quercy. Toutes ces vieilles demeures féodales ont disparu, ainsi que le beau manoir d'Assier, que Galiot de Ginouilhac avait construit sous François I*% comme pour fixer l'apparition de la renaissance, celui de Gages et celui de Bournazel, chef-d'œuvre de l'architecte Baduel. C'est à peine si les châteaux d'Estillac, de Nérac et de La Brède ont échappé à la destruction. Défendus avec plus de soin contre les ravages du temps, la plupart des monuments chrétiens sont debout en Guienne. Dans le
GUIENNE
seul déparcment de la Gironde, on peut citer parmi ceux qui ne remontent pas audelà des X* et xi' siècles, c'est-à-dire jusqu'à l'époque romane, les églises de Saint- ■Vivien, Vcrteuil, Benon, Cissac, Qucyrac, Sainte-Croix, Landiras, Languiran, Martillac, Tabanac, Labrède, Cars, Hayon, Saint-Macaire, Saint-Romain, Saint-Martin, Toulène et Notre-Dame du Bourg, près Langon. L'église monolithe et souterraine de Saint-Emilion, celle de Saint-Scurin de Bordeaux, la catliédrale de cette ville et celle de Bazas passent pour être antérieures au vi* siècle. Il en est de même de l'abbaye de Brantôme dans le département de la Dordogne, de la cathédrale de Cahors, des églises de Marcillac, de Figeac, de Rocamadour en Quercy, de la cathédrale de Rhodez, achevée en 600 par l'évèquc Deusdedit, et des églises de Notre-Dame de Milhau, de Saint-Sauveur de Conques, et de Saint-Pierre de Moissac, dont il reste encore le portail, véritable chef-d'œuvre de l'architecture romane.
Variant selon les localités, les populations de la Guienne peuvent se partager en vingt-quatre classes principales. Une taille au-dessus de la moyenne, le teint brun et coloré , les yeux bruns , les épaules larges et un tempérament bilieux-sanguin , distinguent la première, qui habite plus particulièrement les trois arrondissements de Bordeaux , Bazas et Blaye. On reconnaît la seconde , dans l'arrondissement de l-a Réole et dans tout le département de Lot-et-Garonne, à la physionomie vive et mobile des habitants, à leurs yeux châtains, à leur taille élancée et bien prise. I.a troisième, qui appartient à l'arrondissement de Libourne, présente les mêmes signes légèrement altérés par un tempérament lymphatique, dil malheureusement à l'humidité des rives de la Dordogne. I-a quatrième, répandue dans l'entre-deux mers, puise dans une alimentation sub.stantielle une richesse de constitution à toute épreuve ; tandis que les causes contraires, des eaux malsaines et la malpropreté étiolent sans cesse les six classes infortuni-es qui végètent dans les Landes, l-a première de celles-ci , par exemple , habitant la rive gaudie de la Garonne , est petite, dégénérée, souffreteuse ; les fièvres dévorent la seconde, ensevelie dans les marais et les bas-fonds du bassin d' Arcachon ; la troisième, qui se compose de Résiniers, dont l'existence se passe sous une mauvaise cabane, dans des forêts humides, est chétive, maigre, et dévouée à une mort précoce; un teint jaune, des figures amaigries et une apathie insurmontable trahissent, dans l'arrondissement de Lesparre, le vice originel de constitution de la quatrième ; celle des I-andcscots et des E>liassiers, qui est la cinquième, offre quelque chose du tempérament rude et bilieux de l'Arabe, quoiqu'elle ne se nourrisse que d'eau rorompue, de pain de seigle et de mauvaise bouillie de mil ; une taille plus élevée , non moins que l'accent trainant et l'indolence native, caractérisent la sixième, dans laquelle se trouvent les Sauniers, originaires de la Saintonge , et parqués depuis deux siècles dans les marais salants du Verdun et d'Audenge.
Iji onzième des classes principales comprend une espèce d'hommes grands , blonds, au teint coloré, qui habite le long des rives de la Dordogne en remontant vers le Périgord. I.a douzième et la treizième apparaissent, en entrant dans le département de la Dordogne, l'une dans les plaines et les vallées , et l'autre sur les eaussét ou plateaux calcaires : les individus de la première sont généralement d'une taille élevée et d'une constitution robuste, bien qu'un peu lympathique, tandis que les habitants des plateaux offrent une stature médiocre , un caractère