COSNE. 3S
et de Blois, s'adressa de son cdté au roi de France et è l'évëque d'Autun. Tous trois, chacun à la tète d'une année, vinrent investir Cosne, mais l’évéque et le roi levèrent bientôt le siège , à l'approche du duc de Chartres et du comte d'Anjou dont le Manceau avait imploré le secours. Guillaume seul s'opiniâtra, risqua une batailie, fut battu et fait prisonnier par Thibault (IIU). Quant A Hugues- le- Manceau , un arrangement à l'amiable termina sa querelle avec l'évêque d'Amerre.
Üe cette époque au xv< siècle , pas un mot sur la ville de Cosne. En lASO, nous la trouvons occupée , comme place bourguignonne , par une garnison anglaise qui pille et rançonne tout le pays d'alentour. Ces maraudeurs ayant saccagé l'abbaye de Saint-Satur, emmenèrent les moines i Cosne, et les jetèrent, attachés deux A deux, dans un bateau qu'ils coulèrent bas. En 1A21, le Dauphin, depuis Charles Vit, maître de La Charité, détacha de son armée, forte de vingt mille hommes, un corps expéditionnaire assez considérable pour former le siège de Cosne. Les habitants offrirent de capituler s'ils n'étaient pas secourus dans on certain délai : le duc de Bourgogne et le roi d'Angleterre leur vinrent en aide, avant l'expiration du terme fixé; et les troupes du Dauphin, inférieures en nombre , battirent aussitôt en retraite.
Les hobitants de Cosne se laissèrent séduire, les premiers dans le diocèse d'Auxerre, par les principes de Calvin. L'évêque d'Hinteville prit, sans différer, les mesures les plus sévères pour y arrêter les progrès de l'hérésie (15A3). Un prêtre de Gicn s’étant marié dans cette ville avec une fille de Donzy, il le fit arrêter et le condamna à être dégradé publiquement ,. puis brillé après avoir été étranglé par le bourreau (1551). Quelques années plus tard, les habitants , redevenus chauds catholiques , ne furent préservés d'une surprise projetée contre eux par les protestants , que grâce à l'imprudence même du capitaine Pisy, commandant des huguenots ( 1562|. Les habitants de Cosne remirent alors la défense de leur cité au seigneur de Buranlure, et puis à Girard de Chevenon. Ils avaient tant de confiance en ce dernier capitaine, qu’Us tentèrent, en 1560, une expédition contre les Sancerrois qui avaient pris sur eux on convoi de vivres ; mais la garnison de Sancerre déjoua leur entreprise, et les refoula chez eux après leur avoir fait essuyer une rude défaite. Sous la régence de Marie de Médicis , Cosne embrassa le parti des seigneurs; le maréchal de Montigny l'investit et l’obligea de capituler BU bout d’un siège de huit jours (1616). Seize ans après, Louis XIII étant dans cette ville, y nommait par lettres- patentes les commissaires chargés de juger le duc de Montmorency. Cosne ne s'associa que faiblement aux fauteura de la Fronde ; les liabitanls conservèrent fidélité au roi, malgré la victoire de Bleneau que le prince de Condé remporta sur le maréchal d'Hocquincourt , à trois lieues A peine de scs murs derrière lesquels les fuyards cherchèrent un abri (165i).
Cosne ressortissait anciennement au bailliage de Donzy : ce fut une des villes qui, lors de la translation de ce bailliage à Auxerre, refusèrent énergiquement de se soumettre à la juridiction nouvelle; il fallut qu'on y envoyAt publier les ordonnances de Louis XI , par le lieutenant du bailli de Montargis et le prélat d'Auxerre. Aujourd'hui, Cosne est l’un des trois chefs-lieux de sous-préfecture du département de la Nièvre; on y compte à peu près 8,000 âmes; l’arrondissement
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en contient plus de 70,000. Lo ville possède une manufocturc royale qui fond par an trois cent raille pesant d'ancres de toutes grandeur pour les vaisseaux et trois cent raille clous à l'usage de la marine ; elle a aussi une fabrique de coutellerie assez renoraraée. Les habitants spéculent, en outre, sur les fers, les bois, les laines , les bestiaux et le chanvre.
Quoique située sur les bords de deux rivières, Cosne n'afTrc pas un aspect bien pittoresque : bâtie dans une plaine, on n'en peut que difllcileraent erabrosscr l’ensemble, de quelque côté qu'on en approche. Il ne lui reste plus de ses vieux monuments que le château du xiir siècle, étouffé et caché par les maisons qui l'entourent, quelques ruines des remparts, et enfin l'abside romane et un portail fort curieux de l'église de Saint-Aignan. '
8AINT-PIERRE-LE-M0UTIER.