‹ Histoire des villes de France (volume 3)Chapitre 47 sur 120 · COSNE · texte numérisé non relu

COSNE

Les habitants de Cosne prétendent que leur ville est antérieure à Jules César. L'Itinéraire d'Autonin en fait mention et l'indique même comme un lieu de

1. VArt de vérifier Ue datte. Bouchet» Hietoire de Tourfenoi. — Guy-Cot(uine. — Le Bc«f, metoiin ifjtiêxerr». — Du Ckùeme. — BxpUty, BUliotmain d*e 6euU«e. - HonsHet. — Bazin , Bittoire de toute XIII.

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quelque importance; il lui donne le nom celtique de Condate, angle; la ville, en effet, est bdtie sur une pointe de terre dont la Loire et le Noain forment les deux cdtés. Au vin* siècle, Condate est appelée Condida dans les statuts des évêques d'Auxerre; plus tard, l'évêque Alain, dans une relation de la vie de saint Bernard, la désigne sous le nom de Cona; au xiii* siècle, en8n, elle prend celui de Canada qu'elle garde jusqu'i ce que la traduction on plutét la corruption gauloise lui ait imposé la dénomination de Cosne qu'elle porte encore.

Cosne appartint, dès les premiers temps du christianisme, au diocèse d'Auxerre : révêque Héribalde, au vin* siècle, donna aux chanoines de cette dernière cité le revenu des quarante maisons dont se composait la ville naissante , mais sans se départir des droits seigneuriaux. Il est dilUcile de savoir, li cause de l'obscurité qui enveloppe les premiers temps du moyen âge, par quels seigneui's, durs ou comtes, fut d'abord possédée la châtellenie de Cosne. Nous la trouvons, au XI* siècle, entre les mains d'un baron de Doniy; le comte de Nevers a quelques droits dans la ville, et l'évêque d'Auxerre demeure le souverain principal auquel on prêle hommage. Au xn* siècle , les comtes d'Auxerre tiennent la ville en fief, de l'évêque Alain ; dans le siècle suivant, la garde en est transmise, toujours par la volonté de l'évêque, au comte Robert de Flandre, qui Jure de lui en rendre les clés à sa première réquisition. A partir du Xiv* siècle, le fief passe, tantôt aux barons de Donzy, tantôt aux comtes de Nevers ou d'Auxerre , suivant le hasard des héritages et des alliances ; mais la mouvance féodale n'en reste pas moins à l'évêque d'Auxerre, qui, è chaque prestation d'hommage, couche dans la ville dont le seigneur lui-même lui remet les clés. Nulle part peut-être les droits du suzerain n’ont été plus étendus, ceux du vassal plus restreints. I..e comte Ouillanroe III d'Auxerre, dons un traité conclu, en 1557, avec l'évêque Alain IV, reconnaît que les hommes de l'évéque séjournant dans la forteresse du comte ne lui devront aucuns droits de coutume et de justice et ne pourront lui appartenir en aucun cas , tandis que si un homme du comte va demeurer sur les terres de l'évêque, il appartiendra au prélat et le comte ne pourra faire aucune saisie sur ses biens, comte déclare , en outre , n'avoir pas le droit d’abolir on d'introduire une coutume sur les terres de l’évêque ; l’arrière-ban est donné an nom de l'évêque et du sien ; les amendes profitent au prélat ; tous les habitants sont ses justiciables ; ses officiers jugent tous les délits, même ceux qui sont commis dans la maison du comte ; celui-ci n'a droit de justice que dans l'intérieur de son château.

Nous glisserons sur la visite que Pépin-le-Bref et la reine Bcrtrade firent à Cosne, en 767, ainsi que sur la fondation de son église paroissiale, au ix* siècle. ' Le premier événement de quelque importance dont il soit fait mention dans l'histoire de cette ville , est dû è la tentative faite par un des seigneurs châtelains pour étendre son autorité et restreindre celle de l'évêque. Au commencement du XII* siècle , pendant que I.x)uis-le-Gros luttait contre la féodalité tout entière, un aventurier, nommé Hugues le Manceau , était maître du château de Cosne. S'étant saisi du revenu et des droits épiscopaux, il poussa l'audace jusqu'à se prétendre l'évêque du lieu. Le ptèlat d'Auxerre eut alors recours à Guillaume II, comte à la fois d'Auxerre et de Nevers. Guillaume, qui était déjà en contestation avec Hugues-le-Mancean , au sujet d’une terre relavant de Thibault, duc de Chartres

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