‹ Histoire des villes de France (volume 4)Chapitre 103 sur 128 · SAINT-FLORENT. — UE A U PRÉ A U · texte numérisé non relu

SAINT-FLORENT. — UE A U PRÉ A U

monument «‘levé , sous la restauration, à la mémoire du général vendéen, dans l’église de Saint -Florent , et qui est l'une des plus brillantes et des plus heureuses œuvres de David (d'Angers) , consacre ce souvenir par lequel Bouchamp s'absout de la guerre civile devant l'humanité, sinon devant la politique. Saint-Florent, dont l’abbaye a été détruite pendant la révolution , qui n’a plus de moines et qui n'a plus de Mauges à convertir, n’est aujourd’hui qu'une petite ville d’une physionomie pittoresque, qu'un des chefs-lieux de canton les moins considérables de Maine-et-Loire. Sa population , composée en grande partie de propriétaires et de mariniers, ne dépasse pas 2,000 Ames.

La féodalité avait, comme l’idée catholique, son œuvre è faire dans les Mauges : elle y vint avec soh appareil habituel. Elle ne s'y établit pas sans luttes, en peut le présumer, mais enfin elle s’y établit en étreignant cette récalcitrante contrée dans un réseau de châteaux-forts et de manoirs impénétrables. Beaupréau ( Hélium pralum ) fut un des points épars qu'elle occupa, le plus central et à peu prés le plus important. La plus ancienne mention dont cette ville soit l'objet ne remonte pas au delà du xr siècle. Jusqu’en 1555, elle a rang de baronnie; elle appartient à des seigneurs propres, qui portent son nom, aux Desroches, aux La Haye-Panavant , et aux Montespedon. En 155'», Philippine de Montespedon, veuve du maréchal de Montjean, porta Ileaupréau à Charles de Bourbon, prince de la Roche-sur-Yon, par un second mariage quelle contracta avec lui. A cette époque, Bcaupréau fut érigé en marquisat en faveur de Charles de Bourbon, puis bientét en duché-pairie (1562). En 1565, pendant le voyage qu’ils entreprirent dans l’ouest, Charles IX et sa mère firent une station à Beaupréau, où ils furent magnifiquement reçus par le prince de La Roche-sur-Yon, qui avait été précepteur du roi, et par Philippine de Montespedon, première dame d’honneur de Catherine de Médicis. Charles de Bourbon et su femme moururent sans enfants; Ileaupréau passa alors aux Scepeaux, leurs plus proches héritiers. Cette terre appartint ensuite successivement à Henri de (lundi, duc de Retz, par mariage avec Jeanne de Scepeaux ; puis à Louis de Cossé-Brissac, maréchal de France, par mariage aussi avec Catherine de Gondi, cette jolie cousine du fameux cardinal de Retz, « qui avait, » dit-il dans ses Mémoires, « le teint du plus grand éclat, des lis et des roses en abondance, la bouche trèsbelle , les plus beaux yeux du monde , qui n’étaient jamais si beaux que quand ils mouraient, etc., » avec laquelle il commença, dans le château de Ileaupréau même, peut-être sa première intrigue amoureuse, et qu'il fut sur le point d'enlever en Hollande; puis encore au maréchal de Villeroÿ, par mariage avec Marguerite de Cossé, d’où il est revenu, en dernier lieu et par vente, à la famille de Scepeaux.

Beaupréau fut occupé par la Ligue et repris sur elle, en 1590 , par La Kochepot. Le 25 avril 1793, l’insurrection vendéenne y livra une bataille furieuse aux troupes républicaines , la première où elle se soit présentée toutes ses divisions réunies et en rase campagne , et y remporta une de ses plus célèbres victoires. En 1805, quand plusieurs écoles des arts et métiers furent instituées, Beaupréau, devenu chef-lieu d'arrondissement, eut l'avantage d’en recevoir une. Cet établissement, que Napoléon, dans une pensée à la fois réparatrice et civilisatrice ,

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avait voulu placer au centre de la Vendée, dut être, en 1816, pendant les centjours, et à cause de la nouvelle insurrection vendéenne, transféré à Angers, où il est resté depuis. Beaupréau compte à peine 3,000 dînes. Son vieux château, incendié pendant la guerre civile et réparé depuis, s'élève sur une colline, au-dessus de la ville ; il n’offre rien de remarquable. Beaupréau est le chef-lieu d'un arrondissement qui compte 110,000 habitants.

Saint-Klorent n’a aucun commerce qu'on puisse citer. Beaupréau a quelques filatures de laine et quelques teintureries qui sont des extensions et des dépendances de la fabrique de Cholet. Il s’y fait aussi, et dans quelques petites villes des environs, plus qu'à Beaupréau môme, un commerce de bestiaux de première importance. Claude Itobin, auteur d'une histoire du Montglonue, est né à Saint- Florent, et Joachim du llellay, poêle et archevêque de Bordeaux, à quelques lieues de Saint-Florent, à Liré. 1

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