MARENNES. - BROUAGE
Marennes n’était encore , au xir siècle , qu’une simple terre relevant de l'abbaye de Saintes. A mesure que la fabrication du sel attira une population plus nombreuse sur la rive droite de la Seudre , ce lieu devint un bailliage qui passa, sous Charles VI, de la maison de Lusignan dans la maison de France. Annexé plus tord à la commune de La Rochelle, ce bourg obtint des franchises et contracta des habitudes d'indépendance. Ses habitants prirent part , sous Henri II, à l’insurrection contre la gabelle, si cruellement comprimée par le maréchal de Montmorency (1548), et bientôt après se convertirent au protestantisme.
La position de la petite ville de Marennes, entourée de marais coupés de canaux et de fossés, semblait la mettre à l’abri des attaques. Cependant les digues ou ponts qui conduisaient à la place furent forcés à deux reprises par les troupes catholiques ; une première fois à Sainl-Sorlin par Vidaillan , qui rejeta les huguenots dans les marais, où ils périrent presque tous fusillés ; une seconde fois à Saint- Just par Puy taillé, qui tourna les barricades élevées par les habitants, et, après un engagement meurtrier, les mit en pleine déroute ( 15G8 - 1570).
Dans le xviii* siècle, Marennes se livrait exclusivement au commerce des sels et des huîtres. Elle comptait dans son sein de riches armateurs, des banquiers et des commerçants , entre autres les frères Gaures , qui possédaient plusieurs navires de long cours. C’était le chef— lieu d’une élection et le siège de l'amirauté de Brouage ; les jésuites et les récollets y avaient des maisons. La population de Marennes, aujourd’hui l’un des cinq chefs-lieux de sous-préfecture du département de la Charente -Inférieure, est de 4,410 habitants; l'arrondissement en renferme 50,808. Son commerce consiste en sel, huîtres vertes renommées, graine de moutarde, fèves de marais, eaux-de-vie, vins rouges et blancs de bonne qualité.
1. Le Gailia Christiano. — Grégoire de Tours.— Chroniques de Froissard. — Armand Maichin, Histoire de Poitou. — Elle Vinet , Antiquités de Saintes. — Grande histoire de De Thou. — L’au- Icur de cette notice est particulièrement n-dev&blc pour son travail à l'Histoire politique. civile et religieuse de la Saintonye et dcl'Aunis, écrite par M. 1). Massion avec une patience de bénédictin et une curiosité toute patriotique pour h* moindres détails.