‹ Histoire des villes de France (volume 4)Chapitre 115 sur 128 · BARBEZIEUX · texte numérisé non relu

BARBEZIEUX

et s'étendaient dans toute la Saintonge et jusque dans l'Iled’OIéron ; mais presque tous ces biens avaient été usurpés sur les bénédictines de Sainte-Marie , lorsqu'Agnés prit la crosse abbatiale. La nouvelle abbesse s’attaqua à tous les usurpateurs, triompha de leur résistance par sa rare habileté, et leur imposa des restitutions ou des transactions également avantageuses pour le monastère, qui , sous sa direction spirituelle s'éleva au plus haut point de prospérité. Ce fut elle aussi qui racheta et rendit à l'abbaye le privilège de la fabrication des monnaies, pour tout l’évêché de Saintonge , qu'elle tenait de la libéralité de son fondateur, le comte d'Anjou Geoffroy -Martel. Agnès mourut en 1182. Vers la fin de sa longue et active carrière, vivait Richard de Barbeiieux, poète et chevalier d'armes renommé, qui tout au contraire de l'abbesse de Saintes, ne songeait guère à agrandir ses domaines, asseï m edi ogres , puisque l'auteur de sa vie le qualifie de pauvre Yarasseur. Le châtelain de Barbezieux ne fut assurément pas de son temps la terreur du pays ; mais ses tensons écrits en dialecte roman-provençal , l'entourèrent d'un éclat bien supérieur à celui des armes. Rien de plus curieus que l'histoire des vicissitudes de sa passion amoureuse pour la femme du seigneur de Tonnay-Charente. Elle exerçait une sorte de fascination sur lui par les charmes incomparables de son esprit et de sa personne , et il tremblait sous son regard , « comme le poussin sous les serres du milan. » Ayant eu le malheur d’encourir sa disgrâce, il alla vivre pendant deux ans dans une cabane, perdue au fond d'une forêt; et il y serait mort, si, par compassion pour son martyre, il ne s’était trouvé cent dames et cent chevaliers « s'aimant par amour, » pour aller demander sa grâce à madame de Tonnay-Charente. Elle avait déclaré qu’elle ne se laisserait pas toucher à moins ; encore fallut-il que les cent chevaliers et les cent dames vinssent ta prier à genoux et les mains jointes. Tiberge, femme d'un autre seigneur de Barbeiieux, qui parait avoir réuni à ce domaine les terres de Chasles et de Montansier, inspira à la même époque un vif amour au fameux troubadour Bertrand de Born, seigneur de lfautefort (1182-1104).

L’bistoire de la ville de Barbeiieux peut se résumer en quelques mots. Henri III se replia sur cette place, après la défaite de son armée à Taillebourg (1242). L'année suivante nous voyons Hier de Barbeiieux désigné par Louis IX , comme un des plaiges de la trêve conclue entre lui et le roi d'Angleterre (1243). Par le traité de 1259, la ville et le territoire de Barbeiieux passèrent sous la domination de Henri III. Après un silence de trois siècles , nous retrouvons le nom de cette ville mentionné par les historiens à propos de l’insurrection des Pilaux. Barbeiieux appartenait alors à Charles de La Rochefoucauld, qui s'efforça de la maintenir sous l'autorité du roi et y recueillit la compagnie d'ordonnance d'Henri d'Albret, gouverneur d'Aquitaine ,. après sa défaite par les insurgés ; mais ceuxci ne tardèrent pas à se rendre maîtres de Barbeiieux, et ce fut dans cette ville qu'ils se donnèrent pour chef Puymoreau, châtelain du pays, et le proclamèrent couronnai de Saintonge. En 1562, les protestants pillèrent ta Vieille basilique dédiée à saint Matthieu, et mirent en pièces le chef de cet apôtre, pieusement conservé dans un reliquaire. Après sa défaite par Burie, lieutenant général du duc de Montpensier, le baron de Duras se replia sur Barbeiieux , d’où il se dirigea

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vers Saintes (1562). Louis XIII, lors de son voyage à Bordeaux . passa par Barbezieux, où il fut reçu par le lieutenant général baron d’Ambleville, qui était allé au devant du roi avec un corps de cavalerie (1615).

En 1789, la juridiction de Barbezieux s’étendait sur vingt-cinq paroisses. Cette seigneurie avait passé de la maison de La Rochefoucauld dans celle de Louvois. A part le troubadour Richard de Barbezieux dont nous venons de parler, cette ville a vu naître Jilie Viaet, l'auteur des Antiquités Je Saintes et de Bordeaux, et d’un livre très-savant sur Ausonnc, Solin et Pomponius-Mela. '

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