‹ Histoire des villes de France (volume 4)Chapitre 116 sur 128 · ROYAN · texte numérisé non relu

ROYAN

L’existence de Royan [Ruaunl au moyen Age) nous est révélée dès le commencement du vE siècle par un passage de Grégoire de Tours. Il s'agissait de l'usurpation commise sur l’église catholique de Royan par les Wisigoths ariens , maîtres de la Saintonge et de l’Aunis. Les réclamations des opprimés furent vives et pressantes, et il s'ensuivit une longue querelle entre les deux cultes. Les annales de la Saintonge ne nous apprennent rien de plus sur Royan , jusqu'au xm* siècle. Tout ce que nous savons , c'est que ce port était le plus considérable de toute la «Me d’Arvert , après celui de Brouage.

Lorsque l'altière Isabelle , femme de Hugues-le-Brun , eut appelé en Saintonge Richard III , roi d'Angleterre, son fils du premier lit, celui-ci vint débarquer à Royan avec la reine sa femme, le comte Richard, sept comtes et trois cents chevaliers. Il apportait trente tonnes d'argent. Sa mère Isabelle l'attendait sur le rivage ; elle le baisa et lui dit : « Beau cher fils , vous êtes de bonne nature , qui venez secourir votre mère et vos frères, que les fils de Blanche d’Espagne veulent trop méchamment défouler et tenir sous les pieds. » On connaît le résultat de cette invasion. Le roi d'Angleterre, battu à Taillebourg par saint Louis, repoussé, enfermé, dans la ville de Saintes, fut obligé, par la défection de Huguesle-Brun , de se sauver et d’aller précipitamment se renfermer dans les murs de Blaye ( 1 241). Il paraîtrait que Louis XI attachait une certaine importance à la châtellenie de Royan qui commande l’embouchure de la Gironde, car il donna la possession de Roehefort à Olivier de Coetivy, seigneur de Taillebourg , en échange des terres de Royan et de Mornac.

Ceux qui passent aujourd'hui devant la maison de ville ne se doutent pas qu'il y avait là autrefois un riche prieuré. Dans le xvr siècle, le prieur se nommait Pierre Bourdeille. Ce fut l’historien de toutes les galanteries, de toutes les amours de la Renaissance. Sa plume licencieuse nous a laissé le plus curieux monument des moeurs et de la dépravation de l’époque. Le prieur se nommait Pierre Bourdeille, l'écrivain se nomma Pierre Brantôme , et In gloire est restée à ce dernier nom.

1. Massion, Histoire de la Saintonge et de VAunis. — Raynouard, Poésies originales des troubadours. — Millot, Histoire littéraire des troubadours.

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