‹ Histoire des villes de France (volume 4)Chapitre 120 sur 128 · III · texte numérisé non relu

III

610 SAINTONGE - AUNIS. — ANGOUMOI9.

Guillaume II Taillefer, comte d'Angoulême; celui-ci s'cn dessaisit, vers 991, pour en investir un de ses parents. Les seigneurs de cette famille portèrent le nom de Ruffec, de père en üls, et furent vassaux des Taillefer d’Angoulème ; la ville, fortifiée par leurs soins, fut entourée de murailles.

Le souvenir historique le plus intéressant qui se rattache & Ruffec, sous la domination de ses premiers seigneurs féodaux, est celui des trois conciles qu'on y a tenus (1258-130V- 1327). Cette terre passa, par mariage, au xiv siècle, dans fa maison de Volvirc. En 1562, nous trouvons un seigneur de la même famille, Philippe, baron de Ruffec, lequel exerça de cruels sévices sur les gens de scs domaines pour avoir accueilli chez eux quelques calvinistes fugitifs. Les huguenots s'emparèrent de Ruffec , où ils avaient beaucoup de prosélytes ; mais le duc d'Anjou reprit cette ville en 1589, et y massacra cinquante soldats protestants. La révocation de l’édit de Nantes amena la destruction de l’église réformée de Ruffec. Quelques années après, en 1690, elle fut dotée d'un hospice par Martial Rousseau de Fréncau.

L'histoire des diverses transformations de la baronnie de Ruffec, depuis le xvie siècle, n’offre rien de bien intéressant. Érigée en marquisat par Henri III , en faveur d'Anne de Haillon, veuve de Volvirc (1588), elle passa successivement dans les maisons de l’Aubépine-d'Auterivc, de Saint-Simon et de Valentinois. En 1763, elle fut cédée à la famille de Broglie , qui n'en a conservé qu’une fort belle forât. Du reste, la ville de Ruffec n’a rien de remarquable que la façade romane de son église, dont la construction date de la seconde moitié du xn* siècle, époque du roman fleuri en Angoumois.

La ville de Confolcns, bâtie dans un site pittoresque, et dominée par les ruines du Château-Vieux , masse imposante de granit qui semble encore braver les siècles, tire son nom de sa position au confluent de la Goire et de la Vienne. On y traverse cette dernière rivière sur un pont A arcs ogivés, construit, à ce qu’on croit, dans la première moitié du xvi* siècle. Les Romains avaient dirigé, h travers l'enceinte de Confolcns , une voie dont on découvre des restes A Brillac. L'ancienne cité n'était qu’un réseau de rues sombres et étroites, bordées de maisons presque toutes en bois; mais d’importantes améliorations ont, depuis quelques années , singulièrement modifié son aspect. La distance où se trouve Confolens de Poitiers, de Limoges et d'Angouléme, en fait comme la capitale d’une contrée particulière, vers laquelle gravitent des intérêts commerciaux auxquels Ile sera redevable un jour d'une grande prospérité. La ville renferme déjà près de 3,000 habitants et se livre A un commerce très-actif et très-étendu en bois de construction, merrains, cuirs tannés, bœufs gras et autres bestiaux ; le quatrième arrondissement, dont elle, est le chef-lieu dans le département de la Charente, en compte 68,511. L'église la plus antique et la plus curieuse de Confolens, qui en possédait autrefois plusieurs, est celle de Saint-Barthélemy, bâtie en granit, comme la plupart des édifices du pays : sa fondation remonte au XIe siècle.

le seigneurie de Confolens figure dans l'histoire, dès la même époque, comme l'une des plus considérables de l'Angoumois ; le premier document dont nous ayons connaissance sur cette ville et son territoire , est la donation qui en fut faite

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