RUFFEC.— CONFOLENS
par le duc de Guyenne à Guillaume II , comte d’Angoulême. Il parait que celui-ei y renonça , puisque nous trouvons bientôt un sire de Châteauvieux , baron de Contiens, dont le Bis, mort en 1091, abbé de Lesterps, sous le nom de saint Gautier, habita longtemps une grotte qu'on voit encore aujourd'hui aux flancs de la colline sur laquelle s'élève le ch&tcau. L'année même de la mort de saint Gautier, périt, en combattant sous les murs de cette forteresse qu'il assiégeait, Boson III, comte de La Marche. Les ducs de Guyenne ne tardèrent pas cependant à regretter la possession de Confolens : l'un d’eux , Guillaume IX , prêta main-forte à Adhémar de Larochefoucauld pour s'en emparer ; mais la ville et le château furent repris par Wulgrin II , comte d'Angoulème, qui les remit probablement h Robert le Bourguignon, son parent, (lancé, en 1126, il l'héritière de cette baronnie. Confolens, après avoir passé de la maison de Chabannais dans celle de Thouars, fut, au milieu du x v siècle , apportée en dot , par Catherine de Thouars , à Jean de Vendôme. En 1G01 apparaît de nouveau un sire de Chôteauvleux , baron de Confolens, chevalier des ordres du roi; Henri IV érige, en sa faveur, cette terre en comté. Le comté de Confolens est transmis ensuite, vers la Bn du xvu* siècle, à Charles-Emmanuel , Bis puîné du duc de la Vieuville; enfin, en 1786, le comte de Nieuil en fait l'acquisition.
Confolens a joué un rôle assez important dans les guerres de religion du xvr siècle. Les protestants chassés de Limoges se réfugièrent dans cette ville, en 1562. Brissae, chef catholique, y détruisit, au mois de septembre 1568, un nombreux détachement de troupes calvinistes. Dès qu’il fut parti , les huguenots entrèrent dans la place, et s'y laissèrent encore surprendre par le due de Montpcnsier, que rejoignit bientôt le duc d'Anjou ( 1569). Après la bataille de Jarnac, une partie de l'armée confédérée se réunit à Confolens, d'oii elle marcha sur Chabannais qu'elle emporta d'assaut. Ce fut aussi, près de Confolens, dans le village de Saint-Germain, que se rassemblèrent, en 1597, plusieurs gentilshommes de l'Angoumois, dans le but de s'opposer à une dernière tentative des ligueurs du Limousin. Les seules circonstances dignes d'intérêt que nous présente, depuis lors, l'histoire de cette cité, sont le séjour qu'y fit, en 1619, le duc d'Épernon, avec son fils, archevêque de Toulouse, pour y attendre Marie de Médicis, échappée du château de Blois ; la naissance du savant bénédictin Itivet de la Grange, auteur de VHistoire littéraire de la France (1687), et la fondation de l’hôpital par Jacques Duclos, curé de l'une des paroisses de la ville ( 1690 ).
Nous donnerons, en terminant, quelques détails sur la commune de Confolens. Son existence datait d'une époque très-reculée, et le corps administratif portait le nom de consulat. Faut-il chercher son origine dans un raunicipe romain? Étaitce une concession seigneuriale, ou bien le résultat d’une organisation spontanée? Quoi qu'il en puisse être, le consulat fut supprimé par l’édit de 1764 ; nous savons pourtant que la ville s'administrait elle-même postérieurement à la création des charges en titre d'office ( novembre 1771 ). Confolens avait trois tours dans ses armoiries : Confolens aux trois tours, lit-on dans les anciens titres, nom que la vieille cité devait aux trois tours placées sur le pont de la Vienne. 1
I. Labhe , xi , 714 cl 1773. — Hardouin, vu , SOI cl 1535 — CoHIimi. — L'abbé Expilly .
COGNAC. — JARHAC
Cognac, Coniacum, est bâti dans une position délicieuse, sur la rive gauche de la Charente. Une localité aussi favorisée dut être habitée de bonne heure : aussi la reconnatt-on pour être Condale, station sur la voie romaine de Lugdunum, Lyon.au Mediolanum des Santones, Saintes. Un de ses premiers seigneurs, Itltier de Cognac, résista à Vulgrin II, comte d'Angoulême, et ce fut près de cette ville que Foulqucs-Taîllefer défit, vers 1050, Guillaume-le-Ifardi, comte de Poitou et duc d'Aquitaine , qui était venu pour faire le dégflt sur scs terres. Cognac, compris d'abord dans la Saintonge , ne fut réuni è l'Angoumois que dans le xu" siècle. Au moyen âge, plusieurs conciles provinciaux y furent tenus par l’archevêque de Bordeaux et par ses suffragants (1238-1254- et 1262). Dans la première et la seconde de ces assemblées , on s'occupa principalement de la discipline ecclésiastique ; il y fut défendu aux prêtres de se livrer à l’esprit de chicane et d’avoir chei eux des femmes suspectes. Le dernier concile fit sept canons, dont les plus importants nous donnent quelques détails curieux sur les excommunications alors très-fréquentes : il y est dit que les seigneurs devront livrer les biens de ceux de leurs vassaux qui auront encouru les censures de l’église.
la seigneurie de Cognac appartenait, au xin" siècle, à Hugues de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême, mari d'Isabelle Taillefer, la comtessereine. Elle passa ensuite à Gui de Lusignan, un de leurs enfants, qui vécut longtemps à la cour d'Angleterre, auprès du roi Henri III, son frère utérin. On sait comment Gui ou Guiart, en faisant disporaitre le testament de son frère Hugues XIII , mort en 1303 , et en livrant les châteaux de Cognac et de Mcrpins aux Anglais , fournit un prétexte à Philippc-le-Bel pour confisquer â son profit les domaines des Lusignan-la-Marche. La domination de cette illustre maison sur Cognac est rappelée aujourd'hui par une rue qui porte le nom de Lusignan et par une tour, encore existante , sur laquelle on voit une sculpture grossière de la Merlusine, femme à queue de serpent ou de poisson , emblème de la race teifulienne.
L'Angoumois, avec les seigneuries de Cognac et de Jarnac, fut concédé par le roi Jean è son favori , Charles d'Espagne de la Cerda, et ce prince habita plus souvent le château de Cognac que celui d'Angoulême. Plus tard, le prince Noir, tout en faisant sa capitale de Bordeaux , résida néanmoins une grande partie de l'année sur les bords de la Charente, partageant son temps entre Angouléme et Cognac. Il prenait un vif intérêt è cette dernière ville où il établit, en 1369, un juge-prévôt et un sénéchal. Lorsque l'opposition des seigneurs aquitains à l’établissement de l'impôt du fouage amena la grande levée de boucliers de 1372 contre la domination anglaise , le prince de Galles, étonné d'abord des succès des Français et exaspéré ensuite par de nombreuses défections , se réfugia à Cognac, comme dans une place où il ne pouvait être surpris, et ce fut de li qu'il se porta sur Limoges, ville qui avait déjà secoué le joug étranger. Cognac, où Édouard