III. Il
1er immit'ipiil, offrirent de se charger de cette dangereuse mission, et ils partirent accompagnés de M. René de Longpérier, commandant de la garde nationale à cheval. Ils arrivèrent fort è propos pour sauver la vie des deu\ prisonniers, qu'ils ne purent cependant pas faire rendre. Après des menaces de mort et de knout on leur permit de se retirer. Le 15 juillet un corps d'armée bavarois vint s’établir à Meaux sous les ordres du général Zoller; celui-ci frappa In ville d'une contribution de deux millions, somme qu’il était impossible d'acquitter et pour garantie de laquelle on s'empara de six notables, MM. Dassy, Griotteray, BulTaut, Yeillet-Dcveaux, iloullangez et lleaudinot. ('.es citoyens furent emmenés à Melun, au milieu de troupes qui poussaient contre eux des cris de mort. Le général Paultre de Lamotte écrivit alors à l'empereur de Russie pour lui demander la grâce de la ville et de ses otages. Alexandre avait, dit-on, le caractère chevaleresque; peut-être trouva-t-il piquant d'accorder une faveur au brave officier-général qui avait chargé en tète d’une division de cuirassiers à la bataille de la Moskowa; quoi qu'il eu soit , sa réponse fut prompte : il ordonna de rendre les otages à la liberté, et dispensa .Meaux de la contribution de guerre.
Le général Lafayelte, un des trois commissaires envoyés par le gouvernement provisoire auprès des généraux étrangers, apprit, en passant par Meaux, qu’il y avnit encore deux prisonniers au quartier général de Marchémorel; il intervint en leur faveur : quelques jours après Bliicher les renvoya dans leurs familles. La ville n'a pas oublié ce service ; elle choisit plusieurs fois pour son dépulé l'illustre général, et quelque temps avant sa mort elle lit frapper une médaille en son honneur.
Meaux est actuellement dans un état très-florissant ; il doit cette prospérité è l'agriculture et au commerce des deux principaux produit* du sol, les grains et les laines, dont l'écoulement sur Paris est facilité par le canal de l'Ourcq. La ville renferme de nombreux moulins et une filature. La population fixe est d'environ 9,000 Ames, outre une garnison de cavalerie logée dans de beaux quartiers. A l'exception de quelques ruines d'églises gothiques, il ne subsiste, en fait d'anciens monuments, que la cathédrale et le chapitre ; mais depuis quelques années, on a vu s'élever un magnifique hôpital-général, le plus complet, peut-être, que l'on connaisse, un marché, un théâtre, un temple protestant. Ajoutons A cela la restauration entière de l’église Saint-Nicolas, le percement de trois puits artésiens, la distribution du gaz, et l'on aura le tableau des améliorations qui contribuent à donner è ce chef-lieu d'arrondissement un aspect en rapport avec sa richesse industrielle, à laquelle une nouvelle activité va être donnée par l'établissement d'un chemin de fer.
Les personnages éminents nés à Meaux ou dans l'arrondissement ne sont pas nombreux; on peut ce pendant nommer Jehan de Brie (1379), né h Villers-les- Itigaux, auteur d'un traité sur les bêtes à laine; Pierre d’Orgemont (1389), né à Lagny, qui fut chancelier de France; Denis Du Moulins, patriarche d’Antioche, né A Meaux, en 1442; deux filles de Charles VII, nées à Meaux; Antoine de Nararre, père de Henri IV, né à La Ferté-sous-Jounrrc; Nicolas de La Trousse , grand prévôt de France sous Henri II, né à Meaux ; Chrron, peintre en émail, né à Meaux; sa fille Sophie, peintre estimée, fut reçue académicienne à Paris en