‹ Histoire des villes de France (volume 4)Chapitre 20 sur 128 · MEAUX. SI · texte numérisé non relu

MEAUX. SI

Jusqu’en 1795 cette ville contesta à Melun le rang de chef-lieu de Seine-et- Marnc ; pour terminer le différend, les électeurs du département furent chargés de se choisir un chef-lieu, et Melun l'emporta de deux voix. Meaux est aujourd'hui le siège du troisième arrondissement de Seine-et-Mame , dans lequel on compte plus de 93,100 habitants. Sur ce nombre, 5,105 appartiennent à la ville de La Ferté-sous-Jouarre, et 2,605 au bourg de Jouarre. Rebais et Faremoutier, qui ne contiennent guère chacun plus de 1 ,000 âmes, font partie de l'arrondissement de (’oulommiers

Napoléon avait traversé cette ville lorsqu’il se rendait en Allemagne en 1812, il y repassa à son retour de Moscou. Les ressorts de sa voiture se cassèrent à Saint-Jean, à trois lieues avant Meaux, et il fut obligé de continuer sa route dans un mauvais cabriolet, le seul que le maître de poste de Saint-Jean eût à sa disposition.

Ij* 25 février 1815 , Rlürher ayant jeté trois ponts de bateaux sur l'Aube, y fit passer toutes ses forces et se dirigea vers Meaux, que défendaient le duc de Raguse et le maréchal Mortier. Bliicher ordonna aux généraux Sacken et Longeron de se diriger sur la ville, qui fut attaquée le 27 février dans la soirée. Le combat eut lieu nu moulin dcCornillon, sur la route qui mène à Loulommiers. L'artillerie ennemie, plarée sur la hauteur, tirait sur la ville et pouvait la foudroyer; on mit le feu nu pont construit sur le canal, au pied du moulin qui fut pris et repris trois Ibis. Enlin les Français ayant placé leurs canons sur la montagne de Rlamont , de l'autre côté de la rivière , dirigèrent un feu soutenu sur l'ennemi . qui fut forcé de si' retirer. Le lendemain les Russes en grand nombre attaquèrent le faubourg Saint-Nicolas ; mais un corps de troupes qui arrivait de la bataille de Montmirail les battit complètement sur la route de May et de Lixy, et les rejeta dans les marais et les bois de f.rouy. Quelque temps après, l'armée russe, profitant d’un moment où Meaux était dépourvu de troupes, revint par la route de La Ferté-Milon, prit la ville et lit sauter le magasin à poudre ; les Russes pillèrent plusieurs maisons et séjournèrent dans le pays jusqu’à la capitulation de Paris. Ils étaient là pour faire les honneurs de la ville au comte d'Artois lorsqu'il vint y passer deux jours avant de faire son entrée dans la capitale.

Apiés la bataille de Waterloo, les généraux Vandamme et Excelmans, qui opéraient leur retraite, traversèrent Meaux en bon ordre; quelques jours après, un régiment de hussards prussiens occupa les faubourgs. Les portes étaient fermées par de fortes palissades; la garde nationale, occupait plusieurs postes. Lin adjoint et le commandant de la garde nationale, qui s'étaient portés au-devant des ennemis comme parlementaires, furent retenus prisonniers, maltraités, attachés à la queue des chevaux, et traînés au quartier général de l’ennemi, à Marchémorel. l)e généreux citoyens se dévouèrent alors pour sauver leurs compatriotes et la ville qui courait le risque d’étre brûlée. MM. de Pinteville, ancien maire, Lhoste, président du tribunal civil, Roudet, procureur du roi, Pourcelt, conseil-

I. Grégoire lie Tours. — Vila iancti Faronil. — Annale* de Saint-Berlin. — Suger, Vie de Louit-i t-Grot — Dont Toussaint Pu Plessis, Histoire rr. létiailiqne de Mtn tir. — Chronique de Kiel.er, moine de Reims. — Manuscrit île l , de U bibliothèque du séminaire de Meaux. — Maumcril île Pierre Janvier. — Manuscrit île Xi. Vetllet-Deveaux.— Chronique de Pmisoart. — Prud'homme, Journal de la Ht roi ut ion. — Moniteur.

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