‹ Histoire des villes de France (volume 4)Chapitre 30 sur 128 · SAINT-DI ZIER · texte numérisé non relu

SAINT-DI ZIER

On fait remonter nu ur siècle la fondation de Saint-Dizier, et on l'attribue A des habitants de Langres, qui , après le sac de cette cité par Chrocus, roi des Vandales, vinrent demander nu\ forêts profondes dont le pays était rouvert un asile contre la fureur des Barbares (201). Dans sa fuite cette petite colonie avait em-

I. Oiégoire «le Tours. — Frwloart, Ckron. ad. an. 951. — Suint Bernard, Rjiiit Ml. — Sallign». — Boaujor, Mémoire» nur la Champagne. — Beniull-Borra*U*l. — Velljr, Hiitoire de France. — Livre de» antiquité» de France. — Cartulaire» ret’urillis par François !#r. — Maintient do M. iIp Balliilart. — M. do Torcy, Fragment » »ur Vitry-en~Perthois. O dornior nuvrago o«f fort rare.

porté des reliques de saint Dizier; elle éleva un tombeau ou plutôt une chapelle sur les bords de la Marne pour rerevoir ces précieux restes, et bientôt quelques habitations s'élevèrent autour du sanctuaire et en reçurent le nom (fanion sanrti Disiderii). Lorsque, deux siècles après, Attila lit irruption dans la Champagne, des Gallo-Romains, et notamment des habitants de Perthes, fuyant devant les bandes dévastatrices du roi des Huns, se retirèrent aussi dans les bois : accueillis par la petite colonie de Saint-Dizier, iis en grossirent la population déjà assez considérable. Nous ignorons ce que devint cette ville pendant plusieurs siècles. An moyen Age elle se révèle à nous par une charte que ses habitants obtinrent de Guillaume U de Dampierre, leur seigneur chAtelain1. L'acte dont nous voulons parler porte la date de l'année 1228; il a principalement pour objet de déterminer la part que le seigneur châtelain et les Itourgenis de Saint-llizier devaient prendre respectivement à l'entretien des fortilications de la ville D'autres dispositions de la charte de 1228 ont rapport aux étrangers, auxquels le seigneur promet sa pro-teetion et la jouissance de plusieurs immunités. Guillaume possédait Ypres, du chef de sn femme, Marguerite de Flandres; il soumit Saint-llizier aux coutumes de cette ville étrangère. Treize échevins administraient la justice et veillaieut à l'exécution des règlements de police. Le bailli commandait la milice urbaine et la garnison du château. Nous voyons par une pièce déposée aux archives de Bar-le- Duc que les soldats de Saint-llizier faisaient des incursions dans le Barrois. Les chevaliers des deux pays s'envoyaient des défis si fréquemment que Guy de flampierre, vicomte de Trnyes, crut devoir soumettre leurs rencontres à certaines l'ègles et leur assigner des champs-clos.

I,a propriété de la ville de Saint -llizier, après avoir appartenu à la famille de Dampierre- Bourbon pcndnut plus de quatre siècles , se trouva partagée au commencement du xv* (1401). La maison de Vergy en posséda les deux tiers par héritage , la couronne de France l'autre tiers par acquisition ; mais Jean de Vergy ayant vendu ses droits à Antoine de Lorraine, baron de Joinville, le roi- de France Charles VH en exigea la cession de ce seigneur et se trouva seul maître des trois parts. La réunion de la ville nu domaine de In couronne amena quelques modifications dans son organisation municipale ; elle conserva ses échevins, mais l'administration de la justice fut confiée au bailli, qui jusque-là n'avait été qu'un chef militaire.

Les rois de France , après la réunion de Saint-Dizier à la couronne , ne paraissent pas s'étre beaucoup plus préoccupés de l'entretien de ses fortifications que les derniers seigneurs de la ville : elles tombaient en ruines lorsque Charles-Quint , en 1544, envahit la Champagne à la tète d'une armée formidable. Dans la prévision d'une attaque procliaine, les habitants s'étaient liâtes de relever leurs remparts, sous la direction de Jérôme Marin, ingénieur Ixdonais, Hieioni/nnis Marinus, Honanicnsis architectus, selon l'expression de Paul Jove. François I*', qui leur avait laissé ce soin, leur envoya pourtant un secours de deux mille hommes.

1. HiUlerent de Dampierre, qui vivait dans le xi*- siècle, esl le premier seigneur de Saint-Dizier dont l'histoire ait gardé le souvenir. Cette famille s’ éteignit dans la persoune d'Ëdmiard de Dampierre . Itailli «le Chaumont , mort sans jmslerité en 1 toi .

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