‹ Histoire des villes de France (volume 4)Chapitre 83 sur 128 · A K TOI S · texte numérisé non relu

A K TOI S

Le 3 oelobre 1792, on brisa les cloches, ensuite on détruisit les sculptures, les boiseries et les statues, puis on se mit o démolir les bâtiments. A la fin de 1791, il n'existait plus que les murailles de l'église , un des plus élégants édifices gothiques du Pas-de-Calais. Elle fut aliénée1, en 1799 ; on ne réserva que la tour, comme utile à la défense de la place. La démolition alla bon train ; mais, les acquéreurs n'ayant pas fidèlement rempli toutes les obligations de leur contrat, l’État se remit , deux ans plus tard, en possession des ruines qu'ils avaient faites. En 1811, la ville acheta au gouvernement ces débris avec le terrain qu'ils recouvraient pour la somme de huit mille deux cent quarante-quatre francs. La destruction n’avait point été entièrement achevée ; plusieurs nefs se trouvaient encore debout : pendant quelques années, on les respecta. Enfin, en 1830 et en 1831, on détruisit, pour cause d'utilité publique, ce qui restait à détruire : I l ntm que periere ruinas. Iji tour seule existe encore; elle fait l'admiration des artistes et des archéologues qui visitent le Pas-de-Calais. Ainsi disparut cette fameuse abbaye ou le dernier des Mérovingiens, Childérir III, était mort, et qui avait été successivement visitée par Charlemagne, Louis-le-Débonnaire, Philippe-le-Bel, Léon X, Charles-Quint et Louis XIV. L’hôtel-de-ville a été abattu aussi, depuis 1830, et on l'a remplacé par un vaste édifice en style moderne.

Des trois monuments gothiques que l'on admirait à Saint-Omer, un seul, la cathédrale, subsiste encore; elle a été construite, au xiv' siècle, sur l'emplacement de la première église bâtie par saint Orner. L'ancien hôtel épiscopal a été transformé en palais de justice; ce vieil éditice offre un hssemblage de constructions de diverses époques. L'aspect de la ville est agréable ; les rues sont jarges et bien percées; on y trouve d’élégantes promenades. les fortifications, quoique irrégulières, ont une belle apparence; elles présentent un développement équivalent à nuuf fronts. A l’est et au nord , la place est encore défendue par des marais impraticables. Saint-Omer a deux faubourgs ou plutôt un faubourg divise en deux parties : le Haulponl et le l.jzel; l’un et l’autre se distinguent par une physionomie particulière ; leurs habitants parlent le flamand , et ils ont conservé le costume ainsi que les mœurs rustiques et pieuses de leurs pères ; ils se livrent principalement à la culture des légumes, qu’ils vendent à Saint-Omer, à Dunkerque et jusqu'à Lille. Il existe dans ces deux faubourgs plus de trois cents canaux portant chncun un nom différent et qui arrosent une multitude de jardins. Les environs de la ville sont très-marécageux. Dans les vastes étangs du Clairmarais, on remarquait autrefois une douzaine d’Iles flottantes; la plupart ont disparu, par suite du dessèchement d'une portion de l'étang ; il en reste cependant quelques-unes encore, dont le terrain est extrêmement fertile.

Saint-Omer, chef-lieu de l'un des six arrondissements du Pas-de-('.alais, est le siège de la cour d’assises et d’un tribunal de commerce. Avant la révolution, cette ville ressortissait de l'intendance d'Artois ; elle était pourvue d’une maîtrise des eaux-et-foréts , d’un bailliage, d'un échevinage, etc., et, sous les comtes de Flandre , elle avait eu une cour des amants ou siège des Yierskains. Outre un arsenal , plusieurs casernes, deux hôpitaux militaires et quatre hôpitaux civils , elle possède encore aujourd'hui une bibliothèque publique formée surtout des débris de celle de Sainl-Rerlin ; un collège communal, fondé en l5IHi par l'évéque

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