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Saint-Pol-en-Ternois est situé à huit lieues d’Arras, dans une riante vallée qu'arrose la Ternoisc. On n'y compte que 3,37V habitants, et cependant c’est une des villes de l'Artois dont l'histoire est le plus curieuse. Son chlltenu est si ancien, que plusieurs historiens ont prétendu qu'il existait déjà lorsque César vint conquérir les Hautes; une voie militaire, prolongement de la grande voie de Cambrai à Arras, qui traversait son territoire et s'y partageait pour se diriger sur Boulogne et sur Thérouane , a, sans doute, donné lieu à cette tradition. Quoi qu'il en soit, on sait que ce château existait avant les expéditions des Normands. Il échappa aux ravages de ces barbares et l'ou crut que c'était par l'intervention de saint Paul, patron de l'église. Dés lors, la ville quitta son nom de Tervane (Terra vnna), pour prendre celui de son saint protecteur.
Le Ternois fut érigé en comté, en 918, en faveur d'Adolphe, petit fils de Raudouin-Bras-de-Ker, et père d’Arnoul, comte de Flandre. Un des successeurs de ce prince fit ceindre la ville de murailles, vers 970. Du comté de Saint-Pol dépendaient douze fiefs, dont les pairs étaient obligés de résider quarante jours par année à Saint-Pol, pendant le séjour qu'y faisait le comte; si la comtesse s'y trouvait avec son mari, les pairs devaient se faire accompagner par leurs épouses. Le jour de leur arrivée, ils prenaient place à la table de leur suzerain ; ils y étaient encore admis le quarantième jour, et le comte les congédiait en leur enjoignant de revenir l'année suivante. Pendant leur séjour, que le comte abrégeait lorsqu'il le jugeait convenable, ils vivaient a leurs frais; mais ils avaient droit de citasse dans ses forêts et pouvaient y faire couper leur provision de bois Ils partageaient du reste ce dernier privilège avec les bourgeois de la ville de Saint-Pol , auxquels lingues VIII def.hâtillon avait concédé, par une charte de 12-27, le droit de prendre dans ses forêts le Ivois dont ils pouvaient avoir besoin. Du reste, point de charte de commune, aucun droit de municipe concédé aux habitants.
Quant à in ville de Saint-Pol, elle fut plusieurs fois assiégée par les comtes de Flandre, de 11(7 à 1120. Charles-le-Bon s’en rendit maître, cette dernière année, la livra aux flammes, et en lit démolir les murailles et combler les fossés; « on y voit, dit l'auteur que nous avons déjà cité, un montgibel de flammes et un déluge de sang; les murailles sont culbutées de hault en bas; les fossés sont raclés et mis à l’esgal des autres terres: bref, ce qui estoit de rhasteau et de ville, le tout est effacé.» Hugues II de Cainpd'aveinc, le même qui se distingua aux sièges d’Antioche et de Jérusalem, possédait alors le comté de Saint-Pol ; il demanda la paix et l'obtint, mais à la condition de rentrer dans la mouvance de Flandre.
Le comté resta dans la famille de (ampd'aveine jusqu'en 1205 , époque à laquelle Élisabeth le porta par alliance dans celle de UhàlilInn-sur-Marne. Une
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autre alliance le lit passer, en 135V, dans la maison de Luxembourg, (l'est à ortie maison qu'appartenait re Waleraml, comte de Saint-Pol, qui épousa la fille du roi d’Angleterre , et se rendit si célébré par son attachement à la famille des ducs de Ilourgogne. l.ora des troubles qui signalèrent la lin du règne de Charles VI, Walerand, nommé gouverneur de Paris (29 octobre 1410), organisa , l'année suivante, les fameuses milices bourgeoises, à la tète desquelles ?e signalèrent les (loin , les Snint-Joir et les Thisbert.
Un des descendants de ce dernier, Pierre de Luxembourg, comle de Saint- Pol, se rendit également célèbre sous le règne de Louis XL 11 n’entre pas dans notre cadre de raconter son histoire; nous ne dirons pas comment mourut en place de Grève cet homme , en qui , selon l'expression du P. Daniel , tout était grand: l'esprit, le courage, l'habileté dans la guerre, la naissance, les honneurs, la richesse et l'ambition. La postérité ne pardonnera jamais à Charles-le- Téméraire d'avoir livré le comte de Saint-Pol à son ennemi le roi de France.
Pour en revenir à la ville, elle avait pris un grand accroissement; des mnladreries avaient été fondées par ses comtes; la collégiale de Saint-Sauveur avait vu augmenter ses immunités; ses archers de Saint-Sébastien, organisés en 1469, formaient une milice permanente. Plusieurs entrevues eurent lieu à Saint-Pol : d'abord entre Louis XI et PhiPppe-le-Bon, puis entre C.harles-le-Téméraire et Édouard d'Angleterre. Les Français s'emparèrent de cette place, en 1537, et ils résolurent de tout mettre en œuvre pour la rendre imprenable; mais les travaux qu'on y exécutait avançaient lentement ; François I" n'eut pas la patience d'en attendre l’achèvement, et, se flattuut que Charles-Quint n'aurait point de longtemps les forces nécessaires pour attaquer Saint-Pol , il se retira après y avoir laissé une forte garnison, des vivres, de l'artillerie et des munitions. Mais il venait à peine de s'éloigner, que l'armée impériale , forte de trente-cinq mille hommes, se présenta devant la ville. Les assiégeants ouvrirent une large brèche, et la plare fut emportée d'assaut après cinq jours de siège; quatre mille cinq cents hommes y périrent, dit-on, les armes à la main : non-seulement la garnison, mais tous les habitants furent passés nu lil de l'épée; cl l'ennemi ne pouvant espérer de conserver la ville, y mit le feu et rasa le chAlcau. Gc désast re amena In suspension du pouvoir municipal à Saint Pol pendant neuf ans; re fut seulement en 1546 que Cluirles-Quint put le reconstituer. Les compagnies d’archers et de canonniers furent alors réorganisées.
Saint-Pol retomba nu pouvoir des Français, en 1353, mais les troupes impériales ne tardèrent pas à le reprendre. L’armée française, commandée parle comte d’Alençon, le brûla vn 1581 ; l'église paroissiale, la collégiale et les deux églises des religieuses franciscaines (sœurs noires et sœurs grises) furent seules épargnées. Les Espagnols reprirent Saint-Pol en 1593, et, pendant treize mois, ils firent souffrir aux habitants toutes sortes d'avanies. Enfin, en 1649, Turenne le reprit, et cette place fut, comme celle d'Hesdin, définitivement cédée à la France par le traité des Pyrénées (1659). Quant aux remparts, ils ne furent détruits qu'après 1709; quelques pans de mura et deux tours couvertes de lierre dominent encore le profond fossé qui bordait le front nord.
Dès lors, l'histoire de cette ville n'offre plus rien d’intéressant : on n'y comptait.
ARTOIS
en 1789, que trois couvents, dont un de (larmes , fondé par la famille de Hom. Saint-roi est aujourd'hui le chef-lieu d'un arrondissement du département du Pas-de-Calais, contenant 81,143 âmes ; il en renferme lui-méme 3,189. l'ne des principales industries des habitants est la culture du tabac, qui est d'une qualité supérieure. On remarque dans les environs, à Frévent, une belle filature de lin, fondée par M. le baron de Fourmcnt, ancien sous-préfet de Kéthel ; elle occupe actuellement plus de quatre cents ouvriers.
Parmi les hommes célébrés nés dans l'arrondissement de Saint-Pol , nous devons citer Philippe de Relvatet, auteur d’un commentaire en vers lyriques sur les psaumes de David (1565); Philippe de Caverel, abbé de Saint- Vaast , auteur d'une chronique manuscrite de cette abbaye, et fondateur du collège de Saint- Vaast, à Douai ; De Locre et Turpin, l’un et l'autre historiens de la ville ; l.amiol, lazariste missionnaire, mort à Macao, le 5 juin 1831 ; l'ingénieur Racler <L Albe, et le conventionnel Philippe- François- Joseph Le Ras, né â Frévent, rn 1766.
C’est dans cet arrondissement que sont situées les plaines où fut donnée la bataille d’Azincourt, le 25 octobre 1415, à quelques lieues nu nord de Saint-Pol et de llesdin. On sait que, comme à Crécy et à Poitiers, le défaut de toute discipline et les mauvaises dispositions prises par les chers de notre armée , furent causes de la défaite des Français Quand les Anglais se furent retirés, on inhuma, nu plutôt on entassa cinq mille huit cents hommes, dans trois fosses que l'abbé de Ituisseauville, Pnuduin d’IIcrnicourt et le bailli d'Aire, avaient fait creuser. Ce champ, qui comptait environ deux mille cinq cents verges de circuit , fut clos de haies et béni par un délégué de l'évéque de Thérouanne. Pendant l'occupation de 1816, M. Woodford, colonel du régiment anglais cantonné à Saint-Pol. se rendit a Azincourt et lit fouiller une des fosses; il y trouva un grand nombre de pièces d'or ii l'effigie des rois Jean , Charles V et Charles VI , des casques, des cuirasses, des lances, des épées, etc., qui furent transportés il Londres pour y former le musée d'Azineourl; mais sur tes réclamations énergiques de M. (ïengault, souspréfet de l'arrondissement, et de M. de Contes de Hucamps, maire d' Azincourt, les fouilles furent interrompues. Quant aux ossements, ils furent recueillis avec respect et inhumés dans le cimetière de la commune, par les soins de la famille de Tramerovrt, qui déjà, en 1735, avait fait élever à la mémoire des Français une chapelle qu'on avait détruite pendant la révolution. On compte aujourd'hui à Azincourt 411 habitants.
Il est hors de doute qu'une maïuio ou un vicus existait déjà, sous la domination romaine, au point de jonction des deux grandes voies qui allaient de Samarobrira (Amiens), la première à Gctoraeum (Boulogne) et la seconde à Tervacum (Thérouanne). On prétend que l'impératrice Hélène se relira dans ce lieu, lorsqu'elle eut été répudiée par Constance Chlore, et qu elle y bâtit un château (293). De là l’origine de Uesdin, et l'étymologie du nom de cette ville : elle s'appelait Helena au commencement du IV’ siècle. Nous passons sous silence deux autres étymologies, tout aussi raisonnables que celle-là.
En 407, llesdin fut pillée par les Vandales; son territoire fit d'abord partie du Tcrnois, puis en fut séparé avant le vr siècle, pour former la dot de la fille d’un