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Kambouillct devint, dès lors, le rendez-vous de citasse des rois de France, et dans les jours de tempête un lieu d’asile. Henri III, fuyant de Paris, vint y coucher, le 13 mai 1588, chez Jean d’Angennes, deuxième du nom, avec lequel il partit le lendemain pour Chartres. Henri IV aimait à courre le cerf dans la forêt de llambouillet. Il rendait souvent visite A Nicolas d'Angennes, loyal serviteur, en faveur duquel il confirma, au mois d'avril 1595, la concession faite à ses prédécesseurs « d'un marché , le samedi de chaque semaine , et de deux foires , l’une le lendemain de Quasimodo, l’autre le jour de Saint- Aubin, où le roi autorise la vente de toute sorte de marchandises. » l.ouis XVI , en 178V, autorisa l’établissement d'un second marché et la prolongation de la durée des deux foires. Ainsr s’accroissait l’importance de Kambouillet. Louis XIII l'avait détaché du comté de Montfort, en 1612, érigé en marquisat et soumis à la juridiction du Châtelet de Paris. Le premier marquis de llambouillet se fit un nom dans l'histoire littéraire : 'l'allemand des Itéaux nous a laissé une piquante description de ce fameux salon bleu de l'hôtel de llambouillet, où Voiture, Balzac, Saint-Évremond , Scudéry. Ménage, faisaient assaut d’esprit, de savoir et trop souvent de mauvais goût , sous la présidence de la marquise et de sa fille, Julie d'Angennes, duchesse de Montausier, en l'honneur de laquelle tous les poètes admis à l'hôtel tressèrent cette couronne poétique connue sous le nom de Guirlande de Julie. La fille de la duchesse de Montausier apporta Rambouillet en dot à Charles de Crussol , duc dllzès; moins de cinquante aus après (V septembre 1699), le parlement l’adjugea à Joseph Fleuriau d'Armenonville , directeur général des finances, et depuis garde des sceaux ; il passa ensuite entre les mains du dernier des fils légitimés de Louis XIV et du madame de Moutespan, Louis-Alexandre de Bourbon, duc de Penthièvre (10 février 1706).
Louis XIV et Louis XV firent de fréquentes tournées dans les terres de Rambouillet, où leur cour n'a |>as laissé d’édifiants souvenirs. Louis XV, grand amateur du château , a , dit-on , ajouté plus d'une page heureusement perdue à cette chronique scandaleuse. Mais Rambouillet n'eut qu'à se louer du voisinage de la maison de Penthièvre. Le duc, après avoir en cinq ans réuni toutes les terres sous sa possession , obtint de son père l'érection du marquisat en duché-pairie ne relevant que de Ig couronne (mai 1711). Il agrandit le château, combla les fossés-, creusa des canaux, étendit le parc, et le fit replanter sur les dessins de Lenôtre. Son fils, Louis-Jean-Marie de Bourbon , duc de Penthièvre, donna également tous ses soins à l’embellissement de ce séjour. Louis XV, quelque peu jaloux de son propriétaire, ne cessait de visiter Rambouillet, avec une grande suite de chasseurs et de valets, de chevaux et de chiens. Comme les appartements et les écuries étaient trop petits pour recevoir tout ce monde, le duc, sur l’observation du roi, s'empressa de faire construire des chambres, des écuries et des remises dans un vaste bâtiment séparé du château, qu’on nomma le Commun. Louis XV ne fut qu’à demi satisfait de ce pied-à-terre, et, avec l'autorisation du duc, fit bâtir au bord de l'étang de Saint-Hubert le château qui en prit le nom , et dont quelques débris indiquent à peine encore aujourd'hui l'emplacement. Louis XVI, non moins amateur de chasse que ses ancêtres , ne tarda pas à porter un œil de convoitise sur le domaine de Rambouillet. Le duc de Penthièvre,
auquel il avait dit que de la possession de ce domaine dépendait le bonheur de sa vie, le vendit au roi, à titre privé, pour le pris de seize millions. Louis XVI l'agrandit par des acquisitions importantes, et y ajouta un nouveau Commun, qu’on appela Petites écuries du roi, puis Vénerie. Il y créa ensuite une fermé expérimentale, sur le conseil du gouverneur, M. d’Angiviller (1785), et y lit venir d'Espagne, l'année suivante, un troupeau de mérinos. Longtemps paralysés par les préjugés et par les troubles révolutionnaires, les efforts des directeurs de ta ferme ont enfin triomphé de tous les obstacles. La bergerie de Rambouillet a été le berceau des troupeaux d'Alfort, de Poinpignan, d’Arles et de Pompadour, dont les produits toujours croissants uous ont affranchis du tribut annuel de trentecinq millions que nous payions autrefois à l'Espagne. Le prix dos mérinos de Rambouillet s'est élevé au point, qu'en 1821 des brebis ont été payées plus de sept cents francs par tête, et qu’un bélier a été coté pour la somme de trois mille sept cent soixante-dix francs.
L’Assemblée Constituante, posant en principe que les rois de France ne pouvaient acquérir à titre privé, comprit dans la liste civilè le domaine de Rambouillet, dont le revenu était évalué alors à quatre cent cinquante-sept mille trois cent trente-quatre francs (décret du 2fi mai 1791 ). La Convention Nationale en ordonna l’aliénation (décret du 10 juin 1793). Toutefois le domaine ne fut point vendu ; on dépouilla seulement le château de son riche mobilier et de nombreux objets d’art , entre autres l’armure, le casque et l’épée de François I", transportés depuis au musée d’artillerie de Paris. L'Empire ouvrit pour Rambouillet une ère nouvelle de prospérité. Napoléon, en 1811, ayant créé un sixième arrondissement dans le département de Seine-et-Oise, en établit le chef-lieu dans cette ville. Précédemment, il avait fail construire sur les débris de l'hôtel du Gouvernement, bâti par Louis XVI , et d’après les dessins de l’architecte Farnin , un nouveau pavillon, qui, après la naissance du roi de Rome, fut appelé le Pavillon du petit roi. On répara môme un petit kiosque où l’Empereur aimait à déjeuner, et l’on montre encore aujourd'hui , non loin de là , une pierre plate , sorte de lit de camp où il aimait à s’étendre, et où il déploya, dit-on , les cartes géographiques sur lesquelles il traça le plan de la campagne de Russie. C'est à Rambouillet que l’impératrice Marie- Louise se retira, le 28 mars 1814, pour attendre les ordres de l’Empereur. Le roi Joseph y arriva, le 29 au soir, et partit avec elle le lendemain. Marie-Louise revint, le 12 avril, à Rambouillet; mais escortée cette fois par les Cosaques. Elle reçut bientôt la visite de son père, qui se présenta au château, suivi seulement du prince de Metternich. L'empereur François était à peine descendu de sa calèche, que l’impératrice prenant le roi de Rome desinaius de la comtesse de Montesquieu, le mit vivement dans les bras de son grand-père. Cotte scène touchante remplit l'âme de François d'une émotion profonde. Quelques jours après , l'empereur de Russie et le roi de Prusse vinrent tour à tour saluer Marie-Louise, qui ne quitta Rambouillet que le 29, pour se rendre en Autriche.
En. 1815, Rambouillet revit Napoléon, accompagné de Savarv et du général Becker. L’empereur déchu partit Je lendemain de son arrivée, 30 juin, se dirigeant sur Rochefort. Pendant 1a Restauration, Louis XVIII et Charles X habi-