BRIE-COMTE-ROBERT
la même localité que le Brade Ut , dont il est fait mention dans la vie de saint Germain de Paris : Robert de Dreux n’aurait donc que rétabli ou agrandi l'ancienne ville.. Quoi qu’il en puisse être, le château' de Brie fut construit, vers la fin du ni* siècle, ou au commencement du xur, par le Hls et successeur de Robert I", nommé Robert comme lui. C’est là que Philippe de Valois célébra ses noces avec Blanche de Navarre, petile-lllle de Louis-le-llutin (27 janvier 1349), et que mourut Jeanne d’Évreux, cousine germaine et troisième femme do Charlcs-le-Bel (4 mars 1370). Robert II légua Brie-Comte-Robert au cadet de ses cinq fils, Pierre de Dreux (1218), tige de la dernière branche des ducs de Bretagne. Les seigneurs de Brie -Comte -Robert étaient vassaux des évéques de Paris : le domaine était passé de la maison de Dreux à celle d’Èvreux , lorsque Jeanne épousa Charles-le-Be! (juillet 1324). Cette princesse eut en dot Brie- Cemte-Robert ; mais ne voulant point, en sa qualité de reine, prêter hommage à l'évêque de Paris, elle prétendit s’acquitter de ce devoir féodal par le ministère d’un fondé de pouvoir, Jean de Soisy, sire de Brunoy. L’évèque refusa longtemps d’accepter la transaction que lui proposait la nouvelle reine, et n’y consentit enfin qu’après avoir sauvegardé les droits de ses successeurs dans une protestation en règle contre cet acte de déférence.
L’histoire militaire de Brie-Comte-Robert se borne , comme on le pense bien , à quelques faits d’un ordre secondaire. D’Estafort, connétable de France pour le roi d’Angleterre, l’emporta d’assaut, le 6 septembre 1430 : la place n’avait pas même résisté deux jours. Jacques de MiUy.et Jean de La Haye, enfermés dans le château qui était très-fort, selon Monstrelct, firent une défense plus vigoureuse; mais ils furent obligés aussi de se rendre et mis durement à rançon. Brie-Comtc- Kobcrt resta aux Anglais jusqu’en 1434 : Charles I*', duc de Bourbon, réussit alors à s’en emparer, ainsi que de Corbeil , en corrompant le capitaine Ferrières, auquel ils en avaient confié la garde. A l’époque de la Praguerie, les princes révoltés se saisirent de la ville et du château, dont Charles Vil ordonna le siège et qu’il réduisit bientôt sous son obéissance (1440). La réforme religieuse recruta , de bonne heure, de nombreux prosélytes à Brie-Comte-Robert. Charles IX permit, d’abord, aux Calvinistes d’y avoir un prêche (1562), et leur retira ensuite cette autorisation (1564). La place essuya encore un siège, pendant la minorité de Louis XIV : les troupes y pénétrèrent par la brèche , le 24 février 1649. François I", en 1547, avait accordé au duc d’Atry la jouissance temporaire du château. L’évêque de Troyes, Antoine Carracioli, prince de Mciphe, parent du duc par alliance, y résidait, en 1563, lorsqu’il écrivit, le 26 février, aux ministres de l’église d’Orléans, une lettre dans laquelle il adhérait à tous les principes de la réforme. Le duc d’Atry avait, en outre, logé au château plusieurs familles italiennes, dont le séjour y occasionna des dégradations considérables, surtout dans la charpente et les planchers. L’édifice- entier n’est plus actuellement qu’une vaste ruine : l’enceinte seule a été conservée, et pas une des sept tours qui la flanquaient, une entre autres , de forme carrée , appelée la Tour de Brie, n’offre un pan de mur debout. Le château devait pourtant être encore en assez bon état , au commencement de la Révolution, puisque le baron de Bezenva! y fut enfermé. On éleva ensuite une guérite d’observation sur la tour principale, et l’an braqua plusieurs canons vi. . 100
dans la cour, afin de défendre la ville contre les brigands dont l'arrivée prochaine alarmait alors toute la France. La précaution n’était pas inutile , car, an mois de juillet 1789, une troupe de ces bandits dirigea une véritable attaque contre Brie -Comte- Robert et mit en fuite ses habitants.
Brie-Comte-Robert était, sons l'ancien régime , le siège d'une justice royale , le chef-lieu d'une châtellenie , d'un bailliage et d'un grenier à sel ; on y remarquait le grand marché, un beau couvent de Minimes , et un Hôtel-Dieu fondé-, ainsi que le château et l'église paroissiale de Saint-Étienne, par le comte Robert II. Saint-Étienne a survécu seul à toutes les vicissitudes du temps : il eut, au xiv' siècle, deux curés qui le desservaient, l’un à dextre , l'autre à senestre. Pendant la Révolution, Brie-Comte-Robert, à cause de sa situation près la rive droite de la petite rivière d’Yèrcs, prit le nom de Brie-sur-Yères. Cette ville fait aujourd’hui partie du département de Seine-et-Marne : c’est un chef-lieu de canton compris dans l’arrondissement de Melun ; sa population atteint presque 3,000 âmes, et ses habitants font un assez grand commerce consistant en grains, fromages, draperie, bonneterie, colliers de chevaux, et plumes à écrire. 1
MELUN
A l’époque de' l'expédition de César dans les Gaules , Melun , déjà désigné sou» le nom de Melodunum , était une simple forteresse appartenant à la nation des Senones, et assise, comme la Lutetia des Barisii, dans une Ile de la Seine, oppidum Senonum, disent les Commentaires de César, in insulâ Sequanœ positum. En l'an 700 de Rome, et la cinquante-quatrième année avant notre ère, Lahienus, lieutenant de César, que les troupes gauloises avaient repoussé dans sa première attaque contre Lutèce, ae replia sur Melodunum avec ses quatre légions. Les habitants en avaient rompu les ponts : il fut dotre forcé, pour s’emparer de la place, d'embarquer ses troupes sur cinquante bateaux qu’iLavait saisis. La forteresse ne tint pas longtemps. Après avoir même capitulé, ses défenseurs s’unirent aux Romains pour tenter sur Lutèce une seconde entreprise. C’est en souvenir de ce siège de Melun par les troupes romaines, que, selon le vieil historien Rouillard, une antique tour située autrefois à l’occident de l'Ilc fut appelée tour de César. Rien ne prouve cependant qu'elle date de cette époque reculée. L'opinion qui place à Melun un temple de la déesse his, lequel aurait donné à la ville son premier nom, n'est pas mieux avérée; RouiHard.lui-m£me n’ose pas la soutenir en s'appuyant sur huit vers composés au moyen âge pour le blason de Melun. Les Ro-
I. Chronique! de Monslretet. — Lebcuf, Distoire du diocèse de Paris. — L'Art de réri fier les dûtes. — Dictionnaire d'EiptUy. — J. Dmz, Histoire de Louis XVI.
MELUN. 795
mains conservèrent dans cet endroit un poste militaire. C’était , en effet , un lieu de passage rendu important par sa position sur la route de Lillebonne à T rayes* entre Paris et Montereau ; nous l'apprenons par l'Itinéraire d'Antonin, qui nomme Melun Medetum, et par la carte de Pculinger, qui le désigne sous celui Je Uetegio. Toutefois, tant que dura la domination romaine , Melun, simple bourgade fortifiée, ne prit uucun accroissement. Au Nu* siècle, (Irégoire de Tours, qui rappelle lUiglidunum, la qualilie encore de cnstrum , forteresse.
Mais sous les Mérovingiens. Melun commenta réellement a prendre rang entre les villes. Chlodwig, qui s'en était rendu maitre, en 4()’v , en donna la garde à son lieutenant Aurélien, avec le titre de duc du pays conquis. En 510, Cliildéric voulut, mais vainement, ériger Melun en évéebé. L'évêque de Sens, Léon, s’opposa à cette prétention royale. Melun et ses environs souffrirent beaucoup, en 583, des guerres de Chilpéric et de Contran , et (dus encore , trois siècles après , de l'invasion des Normands. En 8’»5, Bier-GoUe-de-Fer, l'un des chefs de ces pirates, s'en enqiara, la mit au pillage et ruina ses églises de Saint-Étienne et de Saint-Aspeüs , ainsi que l'abbaye de Saint-Pierre ou Saint-Père, qui s'y trouvait déjà. Le nom de Mère donné d'abord à la forêt de Fontainebleau, et aussi à l'une des portes de Melun, était, dit-on, un souvenir du Normand Hier. Les ravages de ces barbares se renouvelèrent, en- 848, contre Melun, puis encore, en 861-, 866 et 883 , malgré les soins de l'évêque de Sens, Wcnilou, qui avait fait relever ses murailles, en 859. Charles-le-Simple fut le premier à réparer ces désastres; mais Hugues Capct , qui rebâtit l'abbaye de Saint-Père, restée ruinée pendant cent soixante ans, et son fils, Robert-le-Pieux, firent plus encore pour le rétablissement de Melun. Sous ce dernier roi, la ville avait pour vicomte un seigneur nommé Bouchard , qui, s’étant laissé trahir par Gautier, l’un de ses hommes d'armes, se vit dépouiller de son domaine au profit d’Eudes, comte de Troyes. Robert -vint à son aide, et lui rendit Melun , qu'il reprit à Eudes, après quelques jours de siège (999). Dès lors celte ville, sa seule conquête, devint pour lui un séjour de prédilection. Il y tint presque toujours sa cour avec sa seconde épouse, la fumeuse reine Coustance. Tous deux y moururent, Robert en 1030, Constance en 193-2. « Robert, dit la Chronique de Saint-Denis, s’éteignit pour la vie éternelle, en copiant Tobiluaire de Melun. » Le 29 juillet 1108, Philippe I”', son petitfils, mourut dans la même ville, et, deux ans après, l'expédition du nouveau roi Louis VI contre Hugues du Puisct y fut résolue dans une assemblée d'évêques et de seigneurs.
Melun, comme on le voit, et ainsi que l’a écrit Dulaure, était réellement le Versailles des premiers Capétiens. Aussi Abailard , qui y tint ses premières écoles, en 1138, put-il appeler le château de Melun : « Insigne Melidunum castrutn et sedem regium. » Philippe-Auguste était né dans cette ville, le 22 août 1165, et souvent il y fit sa résidence. En 1200, il y rassembla ses barons, pour leur demander si, malgré l'excommunication que son divorce avec Ingeiburgc avait attirée sur sa tête, ils consentiraient à seconder ses desseins contre l'Angleterre Enfin nous l’y trouvons encore, en 1223, présidant un concile provincial. Saint Louis tint plus assidûment sa cour à Melun. C'est dans cette ville qu'il fit chevalier son frère Charles; à qui il donna en même temps l'investiture des comtés d'Anjou et
ILE DE FRANCE, du Maine (1246). Onze ans après, il y présida aux noces gratis et plenières de sa fille Isabelle avec Thibaut, roi de Navarre. En 1353, Melun et sa châtellenie furent donnés en douaire par le roi Jean à la reine Blanche de Navarre , veuve de Philippe de Valois. Cette princesse établit sa résidence dans le château , et de là , favorisa les entreprises de son frère Chnrles-le-Mauvais sur la ville de Melun. Le roi de Navarre la prit, en 1358, et y laissa le basque de Mareuil avec une forte garnison. Le régent Charles, voyant que cette importante prise, qui bouc toit la Seine, rendait Charlcs-le-Mauvais maître des approvisionnements de Paris, vint lui-même faire le siège de Melun. Du Guesclin , qui commandait après lui, jura que n par Dieu qui peina en croix et au tiers jour ressuscita, il irait aux créneaux parler à la barette du basque de Mareuil; » puis faisant sonner l'assaut, il monta le premier aux murailles. Renversé dans le fossé par un grand caque plein do cailloux que lui lança Mareuil , il n’en revint queplus furieux à la charge et combattit jusqu'à la nuit. Les assiégés n’attendirent pas un second assaut ; iis capitulèrent, et Melun fut rendu au roi et au régent, son fils ( 1359). Pour que cette ville ne courût plus de tels risques, Charles la rattacha au domaine royal, par lettres du 10 novembre 1360, où il déclare qu’il affectionne Melun plus qu'aucune autre maison royale, et qu'il s'y plait beaucoup. La reine Blanche reçut en échange le château de Nanteau, en Gatinais.
Le château de Melun , que Charles V avait fait rebâtir, servit d’asile, au dire de Christine de Pisan, en 1406, à Isabeau de Bavière et au duc d'Orléans fuyant de Paris devant les menaces de Jean-sans-Peur. En 1408, Isabeau y vint seule, après l'assassinat du duc Louis d’Orléans; et dix ans plus tard, Paris étant livré aux Bourguignons, c’est encore à ce royal asile que Tanneguy Ouchâtel vintconfleMe Dauphin. Resté fidèle à ce prince, Melun eut à soutenir un- nouveau siège, en 1420. Le roi d’Angleterre et le duc de Bourgogne, traînant après eux Charles VI, vinrent y attaquer Barbazan , qui y tenait pour le Dauphin avec une garnison de sept cents hommes. Le siège , long et meurtrier, fut signalé par de beaux faits d'armes, tels que de terribles rencontres entre les chevaliers anglais et français dans les mines creusées sous le faubourg de Bière. Enfin, décimés par la famine, et n’espérant plus de secours du dauphin , les assiégés se rendirent, le 17 octobre 1420. Le seigneur de Barbazan a et cinq à six cents nobles hommes et gentilles femmes et grande partie des plus notables et plus puissants bourgeois de la dite ville, dit Monstrelet, furent conduits à Paris et emprisonnés au Châtelet, au Temple , à la Bastille et ailleurs. On poussa la barbarie jusqu’à les priver de nourriture. Plusieurs périrent de faim. » Deux moines du Jard, dont l'un nommé Simon, fort habile dans l'art de manier l'arbalète, avait tué plus de soixante assiégeants, furent décapités par ordre du roi d’Angleterre. ta garnison anglaise, qui prit dès lors possession de la ville, n’en fut chassée qu’en 1430, par surprise et avec l’aide de Charles VII , qui prit lui-mérae le château après douze jours de siège, ta ville de Melun , qu'une ordonnance du même roi , du 4 février 1432, avait gratiQée de plusieurs beaux privilèges, était régie par une coutume particulière que rédigèrent, en 1506, les membres des trois États de la province, réunis dans le couvent des Carmes, et que Christophe de Thou revit en 1558,
Melun joua encore un râle assez important dans les guerres de religion. Le
MELUN
duc d'Alençon et Itendelot furent enfermés dans le château, l'un en I56t, l’autre en 1558. Les calvinistes y tinrent des prêches séditieux, prohibés par arrêt du parlement du 7 mars 1561 ; et en 1588, après la journée des barricades, le due de Guise tenta vainement d'en faire le siège. Toutefois, l'année suivante, les ligueurs s'en emparèrent , mais pour la rendre moins d'un an après, le 11 avril 1590, à Henri IV, qui était venu l'attaquer du côté de la Brie. Le couvent des Cannes de Saint-l.iesne et l'abbaye de Saint-Père, dont un furieux ligueur, Robert de l>risson, était abbé , furent ruinés par ce dernier siège. C’est au commencement de ce siècle de troubles religieux et de guerres civiles, que Melun avait vu naître dans ses murs Jacques Amyot , le plus illustre de ses enfants (15 octobre 1514). Amyot était issu de parents pauvres, car son père était boucher à Melun, selon Brantôme et de Thou, ou cordonnier, selon Saint-Réal, ou suivant Sébastien Rouillard, « fabricant et marchand de bourses et d’aiguillettes. » Il partit presque en mendiant de sa ville natale; après une jeunesse pleine d'angoisses et de misères, dont les biographes ont fait un roman, il panint au grade de maître èsarts, puis à celui de précepteur du fils du roi Henri II. Plus tard, il fut Tait grand aumônier, évêque d'Auxerre, et, comblé de richesses et d'honneurs, il mourut, le 6 février 1593, laissant une œuvre immortelle, la traduction des Œuvres île Plutarque.
La Fronde ruina Melun et ses environs; la misère fut au comble dans la ville. • J'ai vu sur le pont de Melun, dit Laporte, trois enfants sur leur mère morte, l'un desquels la tétoit encore. » C'est dans cette ville, ainsi désolée par les maladies et la famine, que le jeune roi Louis XIV chercha un refuge avec Mazarin, en juin 1652. Le château, qui n’avait été que rarement visité par les princes, depuis qu’Isabeau de Bavière et plus tard Charles IX l’avaient momentanément occupé, fut alors jugé inhabitable; et le jeune roi fut obligé de prendre ses logements dans une maison de Fouquet, alors vicomte de Melun. Ce fut la dernière visite des rois dans cette ville : Fontainebleau l'avait remplacée dans leurs préférences. Jusqu'au xvnr siècle, Melun était resté commune franche, sous le protectorat de ses vicomtes, dont Salon, qui vivait en 991 , avait été le premier, et Jean II , seigneur de Tanearville, le dix-neuvième. En 1709, Louis XIV érigea la vicomté en duchépairie, en faveur de Louis-Hector de Villars, qui en avait fait l’acquisition. C’est h Melun qu’en 1719, le fameux Law abjura le calvinisme, afin de pouvoir occuper la place de contrôleur général des finances que lui destinait le régent. En 1740, le château de Melun menaçant ruine, fut entièrement démoli. Il n’en reste plus que le bas d'une tour occupée par le bureau de l'administration des Coches. Pendant la Révolution, le célèbre mathématicien Laplacc habitait Melun ; Sylvain Bailly, redoutant les suites de la révolution du 10 août, vint chercher un refuge près de lui; mais découvert et trahi par un soldat, il fut traîné devant le maire, M. Barba des Sablons, gardé prisonnier pendant quelques jours, et enfin ramené à Paris, où il périt sur l’échafaud (novembre 1793). Melun n’eut pas à souffrir de l’invasion étrangère, en 1814, et se rendit sans résistance à l’empereur Alexandre qui s’était logé, non loin de là, au château de Vaux-le-Pcny.
Aujourd’hui cette ville est très-florissante : chef-lieu du département de Seinect-Marne, elle ne compte pas moins de 7,500 habitants, le double de sa popula-
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le
lion sous Louis XV. On évalue celle du département à plus de 333,000 Ames, et celle de l'arrondissement à environ 60,000. La Seine divise Melun en trois parties : la première se nomme la cité, et ne compreod que l'ile au milieu du fleuve ; la seconde, qu'on appelle la ville, était autrefois située dans la Brie française; enfin la troisième, jadis toute; remplie d'hôtelleries , h cause du grand passage et de l'abord des coches , comprenait la paroisse Saint-Ambroise , et faisait partie du Gatinais. Les deux grandes routes de Genève et d’Italie, qui se croisent à Melun, en font aujourd'hui un centre commercial très-important. L’industrie, d’ailleurs, y est fort active : on y trouve des fabriques de percale, de toiles peintes, une filature de coton, une manufacture de verres à vitre et une raffinerie de sucre de betterave ; l'établissement le plus important est la maison centrale de détention, qui a été bâtie sur l’emplacement de I hôpital Saint-Nicolas et du couvent des Annonciades. Melun possède deux églises : Notre-Dame et Saint-Aspeüs; deux ponts sur la Seine ; le Pont au fruit et le l'ont aux Meuniers; une belle préfecture , ancienne abbaye des bénédictins de Saint-Père, et un tribunal qui a pris la place du couvent des Carmes. Cette ville a vu naître filme Mallet, savant professeur; et madame (lait, compositeur de musique distinguée sous l’Empire '.