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TUftENVE.
L'histoire ne Y occupe de Brives que vers le nr siècle de l'ère chrétienne; encore n'est-ce point dans l'histoire proprement dite , raids bien seulement dans les chroniques plus ou moius suspectes de quelques couvents, qu'on trouve cette ville mentionnée. Il parait même , si l'on tient compte d'uu passage de Grégoire de Tours, que Brives n'était point encore une véritable ville au vi* siècle ; quant à son nom, la plupart des savants le font dériver du mol celtique Urira, pont, et les Komains l'appelèrent B rien Currrtia. Saint Martial , malgré le peu d'importance de ce lieu , y établit pourtant, l'an -250, le siège de scs prédications ; saint Ferréol y fut martyrisé, un peu plus tard : une chronique nous apprend qu'on y voyait alors un temple dédié à Priape , selon les uns, ou ii Saturne , selon les autres. Dans le v* sjècle , saint Martin vint à Brives; il y prêcha et fut également martyrisé. Quelque temps après, un certain A oust , perclus de tous ses membres, se l endit du pays des Riturigcs dans la ville naissaute pour y invoquer les reliques du
1. Commentaires de Ce*ar. — - Histoire Je France, par Michelet. — Baluze, Historia tütelensis. — Chroniques de Frois^grL — Üiithesue , Histoire <T Angleterre. — Moreri , Grand dictionnain historique — Delmas, Histoire de la viUed'Utsel. — l.obineau, Histoire de Bretagne,
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mari yr ; il guérit , et , dans sa reconnaissance, biltit au nord un oratoire où il Unit ses jours mec quelques cénobites. Brives, cependant ,'av ait fait des progrès remarquables, puisque, suivantes témoignages les plus authentiques, il y existait, antérieurement à l'année 685, un monastère, ainsi qu'une basilique fondée par Koricius, évêque de Limoges , et dédiée à saint Martin. Cette même année, au mois de décembre, Gondebaud, proclamé roi dans les- environs de Brives par l'aimée et le peuple, fui promené sur le pavois autour du camp; ses porteurs ayant fait un faux pas. il perdit l’équilibre, et les spectateurs tirèrent de cette chute un présage funeste qui ue tarda point, en effet, à se. réaliser. Les habitants de la ville avaient refusé d’en ouvrir les portes a Gondebaud ; les soldats du prétendant se vengèrent en brûlant la basilique de Saint-Martin. Sous les Carloviugiens , en 926, Brives repoussa les Normands, malgré leurs attaques acharnées : ces Barbares tournèrent alors leur rage contre le monastère construit par Aoust, et yluirent Je feu. ‘ . .
La ville de Brives fut constituée en commune dès le xu; siècle : elle avait .ses consuls, ses échcvins, scs assemblées municipales. Toujours énergiques, nous voyons les Brivistes-, cp-1171 ,- former, avec les populations environnantes, une sorte de croisade contre, les Brabauçons qui dévastaient les campagnes d' alentour ; en cinq heures de combat ils en firent un si grand carnage , qu'il n'en resta pas moins de deux mille cinq cents sur le champ de bataille. Les franchises de Brives furent plus d'une fois contestées par les vicomtes de Turenne; l'un d'eux assiégea même la ville, en 118V, et fut repoussé après un siège de huit jours. La suzeraineté prétendue- de ces seigneurs ne fut jamais d'ailleurs que nominale,et lorsque Jean-sans-Tcrre et Édouard III ratifièrent leurs privilèges, ils n’y comprirent point la ville de Brives. Les bourgeois obtinrent de saint Louis, en 1257, un arrêt par lequel ce prince leur permit de continuer à nommer leurs consuls, nonobstant les prétentions des Maleraort et des Turonnc. Leur commerce prit dès lors un grand essor, et la ville prospéra rapidement. Philippe* de Valois visita Brives, en 1335; il ordonna aux consuls de réparer Içs brèche! des murailles, et reçut des habitants un gros subside volontaire, destiné aux frais de la gueire contre les Anglais. Cependant , au milieu du chaos universel , les franchises de Brives avaient disparu; elles lui furent restituées, en 1349, par un arrêt du parlement. Neuf années auparavant , la ville axait été ravagée par la peste; les habitants , afin d'y échapper autant que possible , firent acte d'indépendance en fermant leurs sept portes et en braquant cinq canons sur les remparts.
En 1361, la guerre sourde des Turenne et des Malemort contre Brives continuant toujours, intervint entre eux et les habitants une transaction par laquelle un tiers de. la seigneurie de la cité fut alloué au vicomte de Turenne, nn autre au baron de Malemort, et le reste aux consuls qui, dès celte époque, se qualifièrent de barons et de seigneurs. La clause principale de ce traité,- demeuré en viguear jusqu’au xviii* siècle, consistait en ce que les officiers de justice devaient être élus par les seigneurs réunis de Brives, de Turenne et de Malemort ; seulement les consuls , après une sommation inutile , avaient le droit de procéder seuls à l'élection ; ils conservaient , en outre , toutes leurs prérogatives : les seigneurs de Turenne #t de Malemort ne s'étaient réservé que la faculté de confisquer, à leur
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profit , les biens (les criminels situés dans leurs fiefs. L'année précédente, Brives, comme tout le Limousin. a\ait été détachée du royaume de. France, par le traité de Brétigny ; mais ses habitants avaient sn sc faire respecter des Anglais, qui ne purent leur imposer ni garnisou ni impôts extraordinaires. Ce n'est qu'en 1374 , .qu'uprès avoir fermé ses portes au duc d’Anjou, qui se présentait en ennemi, la ville fut forcée de lès ouvrir aux tnmpes du dur de Lancastre. Celui-ci l'avait à peine quittée, que le duc d’Anjou se présenta de nouveau, le 22 juillet ; il entra de Vive force,- lit punir de mort le consul Baudron et quelques notables, et voulut se venger de la commune en la privant de ses franchises. Le gouverneur qu'il y laissa, Talleyrand-Périgord, exerça contre les habitants des rigueurs inouïes. Vers la fin du règne de Charles V, on élargit l'enceinte de la ville. La guerre toutefois lavait cruellement éprouvée, car Charles VI (1106-1408) leur fit -remise de tous impôts, pendaut cinq ans, afin qu'ils pussent se défendre' efficacement contre les agressions continuelles des seigneurs de Turenno et de Maleinort.
Le 23 juillet 1 462, Louis X I , venant de Itnramadpur, arriva à Brives. Après son départ , et sur les sollicitations du consul Pi'olhac, qui l'accompagnait, il transféra les assises du sénéchal du bas Limousin , de Tulle à Brives et à Lzcrche : quelques historiens font remonter à eette époque I antagonisme qui existe depuis si ' longtemps entre les deux premières villes. Sous Charles VIII, les seigneurs do Turenne et de Malemort ay ant exigé des marchands qui s'étaient rendus à la foire de. eetle ville les mêmes redevances que leurs prédécesseurs avaient coutume de percevoir, les consuls, assistés des bourgeois, chassèrent leurs collecteurs (1488).. Le traité de 1361 , dont nous avons parlé , avait reconnu aux vicomtes de Turenne le droit de suzeraineté sur Brives; l'un de ces seigneurs, fort de l'appui de François l", eu réclama l'exécution ; les consuls ne purent s'y refuser, et la seule clause qu'ils réussirent à y faire supprimer fut l’attitude d'un genouit en terre. La peste sévit de nouveau à Brives, de 1 523 à 1529 : etle y avait déjà reparu en 1478.
Pendant les guerres de religion, Brives demeura fidèle au catholicisme. Les calvinistes, fous la conduite du duc de Biron , pénétrèrent dans ses murs , le 24 juin 1577, incendièrent quelques maisons et pillèrent les couvents, ainsi que le trésor de Saint-Martin. Irrités de ces excès, les habitants se prononcèrent ouvertement pour la Ligue, et battirent en 1587 le vicomte de Turenne, leur éternel- adversaire ; mais iis ne tardèrent point à se ranger du parli d'Henri IV. Le dur de Mayenne essaya vainement de prendre leur ville par surprise, dans la nuit du 22 novembre 1589.; les troupes qu'il avait envoyées furent repoussées avec perte ; les Brivistes célébrèrent leur victoire, par un Te Deurn , et l'appelèrent la Saint- Pétard. parce que les ligueurs s'étaient introduits par la tour de la porte Corrèze, où ils avaiciB fait éclater un pétard énorme. En 1605, Henri IV se rendit luimôme à Brives, afin d'y surveiller de près les dispositions du vicomte de Turenne, Henri de La Tour, dont il soupçonnait avec raison la fidélité. Louis XIII y. vint aussi , ou 1634. A l'époque de la Fronde, le prince Thomas de Savoie entra dans ses murs, au nom du roi, avec ses gendarmes (1648 j; le duc de Bouillon marcha aussitôt contre la ville, et se fit livrer par les consuls cent cinquante chevaux du prince et un certain nombre de soldats. Le maréchal de Turenne rendit, en 1659, une visite aux Brivistes., et en reçut l'accueil le plus cordial et le plus flatteur ; Je
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gloire acquise déjè par le tria rérhal niait effaré de leur cœur le souvenir de tous • les griefs qu'ils pouvaient conserver encore contre ses ancêtres.
Brives vit contester son indépendance jusqu’en 1789 : il lui fallut soutenir, dans les dernières années de la monarchie absolue , scs privilèges contre le duc d'Aven , qui se disait représentant des seigneum de Turenne et de Malemort ; et quoiqu'elle eût pour défenseur l’un de ses plus illustres citoyens, l'avocat Jeanliaptiste Treilhard, néanmoins elle succomba dans la lutte. Ce n’est que dans le Xiv* siècle, sous le règne de Charlus V, qu’elle avait fait partie de la province du Limousin : détachée alors du diocèse de Périgueux , elle fut annexée à celui de Limoges par le pape Grégoire XL Cette ville disputa longtemps à Tulle le titre de capitale du bas Limousin. Elle jouissait . depuis 1186, de plusieurs établissements d'instruction publique : en l’*89, on y trouve un enseignement formé pour la grammaire , la logique et la philosopha1. L’érection de son collège petit remonter à l'année 1600; les Pères de la Doctrine chrétienne en avaient la directions l'abbé Dubois, neveu du célèbre cardinal, le fit doter d’une rente de quatre mille francs sur l' Hôtel-Dieu de Paris et d'une bibliothèque précieuse. Quand éclata la Révolution, Brives était le siège d'une sénéchaussée, d’un présidial, e( le chef-lieu d'une élection ; il y avait dans ses murs un petit séminaire , fondé en tli’i7 par la famille de Cosnac ; un hospice, dont la date était antérieure à 1388 : une église collégiale, et plusieurs communautés religieuses , entre autres des Ursulines qui s'occupaient de l'éducation des jeunes filles (1607 1 , et lin couvent de Carmélites (1660). "'
Brives est aujourd'hui l'un des cliefs-lleuv de sous-préfecture du département • de la Corrèïe; ou y compte plus de 8,000 limes , et l'arrondissement en renferme 113,600. La ville, proprement dite, a la fonni'’ circulaire; elle est embellie par des. jardins attenant aux maisons , et environnée de boulevards qu'ombragent de vieilles et magnifiques plantations d'ormeaux. L'intérieur ne mérite pas le surnom de gaillarde qu'on attribue il sa gaieté d'autrefois; aussi, pensons-nous que eette épithète, détournée maintenant de son sens primordial, signifiait plutôt brave , **oura<jense , qualification que l'histoire do cette ville justifie d'ailleurs pleinement. L’hôpital , le collège, le palais de jnsfiee , l'église de Saint-Martin, la bibliothèque et la maison gothique de M. de Verlhac, méritent une mention particulière. Il n'y a à Brives que deux établissements industriels qui aient de l'importance ; ce sont la filature de colon introduite par In famille Leclerc, et’la fabrique d’huiles due à In famille Sauvage. Les habitants finit le commerce des vins , des bois de construction , des laines , des marrons et châtaignes , de Ta moutarde violette , des truffes, des volailles et des bestiaux. -
Brives a donné le jour à plusieurs personnages célèbres ; nous nommerons les principaux: savoir, Daniel de Cosnac, qui- Louis XIV promut, en 1687, à l'archevêché d'Aix ; l'abbé dr l.ubersac, économiste el antiquaire dH xviil* siècle; le lieutenant-général baron rrEs/iat/nnc . auteur de plusieurs ouvrages de stratégie ; te médecin Cabanis; le jurisconsulte J. -U Treilhard; f infortuné maréchal Brune; notre collaborateur, M. l’amiral Grivel; et le vicomte de Marlignac, député et ministre sous la Restauration. Le cardinal Guillaume Dubois était né aussi à Brives-la-Tiaillarde. ' . "