LE EU Y EN VELA Y
gnons ; il était au château d’Espalv, près do Puy , quand il apprit la mort de son père, et c'est là qu’il fut salué roi de France (1120-1422).
Pendant la guerre du Bien public, le Velav , malgré les efforts du comte de Polignac et de l'évéque du Puy , resta fidèle au roi ; les mesures habiles du gouverneur delà province empêchèrent la ville de se prononcer (1460). lui reine de France, Charlotte de Savoie, visita Le Puy, en 1470, et Louis Xt, six ans après, y vint lui-même en pèlerinage pour faire une neuvaine. En 1482, Le Puy fut affligé d’une lièvre pestilentielle , précédée d'une horrible tempêle, qui détruisit la récolte et engendra la famine. Le fléau moissonna dix-sept mille personnes, qu’on inhuma pêle-mêle au Clusel, sur la place du Martouret, à l'endroit même où s’élève maintenant l'hôtel de ville. La peste sévit de nouveau au Puy, en 1521, et y exerça encore ses ravages, en 1547. Les habitants épouvantés cherchèrent un refuge dans la campagne; les consuls eux-mêmes s’éloignèrent de la ville, où l'herbe ne tarda pas à croître dans les rues. Dans un intervalle de sécurité, la dévotion avait attiré au Puy trois illustres visiteurs : Charles VIH et François 1", rois de France ( 1495-1316) , et Jean Stuart, régent d'Écosse (1533 ). Henri II , en 1548 , convoqua dans cette ville la tenue des Grands Jours , avec commission d'extirper la malheureuse secte luthérienne. Quelques hérétiques y furent condamnés au feu.
La majorité de la population du Puy était catholique quand éclatèrent les guerres de religion. Le baron des Adrets ne pouvant s’y rendre en personne pour réduire la ville, détacha Blacons, son lieutenant, qu’il mit à la tête de sept à huit mille hommes ( 1562). Celui-ci arrive, à la pointe du jour, devant la place , défendue par l'élite de la noblesse du Velay. Repoussé vigoureusement, il pille le petit bourg d'Aiguilhc, les Cordeliers , les Jacobins, et va s’emparer d’Espaly , château de l'évêque du Puy, Sénectère; il en détruit les fortifications et les murs , puis il revient contre la ville , mais toutes ses attaques échouent et il est forcé de lever le siège avec, perte. Pour parer à de nouvelles agressions de la part des protestants , qui , par bonheur, ne les renouvelèrent pas , Antoine de la Tour de Saint-Vidal , gouverneur du Velay et du haut Vivarais, lit fortifier Le Puy , et convoqua le ban et l'arrière-ban de la noblesse. Plus tard , de nouvelles fortifications furent ajoutées au Puy. Les protestants complotèrent de livrer la place ; mais le sénéchal de Rochebonue découvrit et déjoua la conspiration ( 1568). A l’époque de la Saint-Barthélemy , l’évêque Sénectère refusa d’exécuter les ordres sanguinaires de la cour. Il réunit les protestants dans son palais , leur fit part des lettres du roi , et sut les toucher si bien par sa magnanimité , qu’ils abjurèrent sur-le-champ (1572). La ville adhéra bientôt à la Ligue, et François de Coligny essaya vainement de la surprendre ( 1585). La Tour de Saint-Vidal , partisan très-ardent des Guise, lit jurer ensuite aux habitants fa Sainte-Union contre Henri III. Une députation de la ville de Toulouse acheva de les entraîner : l'évêque donna l'exemple. Le roi , mécontent , nomma François de Chaste gouverneur du Velay ; mais les habitants du Puy persistèrent à ne reconnaître cette qualité qu’au baron de Saint-Vidal. En son absence, ils choisirent vingt-quatre d’entre eux, auxquels ils confièrent la principale autorité, en imitation du conseil des Seize de Paris et de celui des Dix-huit de Toulouse. A la mort de
LANGUEDOC
Henri III , Chaste et l’évêque reconnurent Henri IV , tandis que les habitants du Puy, dirigés par Saint-Vidal , faisaient des préparatifs de défense.
Les ligueurs de cette ville y publièrent un arrêté du parlement de Toulouse, prononçant la confiscation des biens des politique*, pour en affecter le produit aux frais de la guerre. Ils se mirent ensuite en campagne, prirent d’assaut le château de Polignac dont ils rasèrent les fortitications, et tentèrent un coup de main sur les châteaux de Ceyssac et d'Espaly (1589- 1590). Plus heureux , Saint-Vidal était *
revenu, avec le titre de gouverneur du Gévaudan , à la tête de cinq à six mille hommes ; il occupa , par capitulation , Espaly, dont il fit sauter les fnrtJlications.
Mais dans une entrevue d'accommodement, s'étant pris de querelle avec Chaste, il se battit en duel avec lui et fut tué. Les ligueurs du Puy lui firent de magnifiques funérailles , et renouvelèrent le serment de ne reconnaître ni Henri de Bourbon ni personne de son parti : l'effigie du Béarnais fut même brûlée publiquement.
Les royalistes voulurent alors surprendre le Puy, pendant la nuit; mais leur projet fut éventé, et ils perdirent beaucoup de inonde. Leurs principaux chefs, entre as
autres le sénéchal Chaste, périrent dans cette èchauffourée. Plusieurs habitant* soupçonnés de connivence furent emprisonnés, et les plus notables pendus sur la place du Martouret. Enfin, abandonnés de tous leurs alliés, obligés de monter la garde toutes les deux nuits, de terrasser pendant le jour, de payer les contributions par anticipation , ayant de plus à craindre l'irruption des Croquants, les habitants du Puy renoncèrent à guerroyer, et signèrent la paix avec Henri IV, qui leur accorda l'exemption de la taxe pendant cinq ans (1591-15961. Depuis cette époque, l’histoire du Puy ne présente plus que quelques événements secondaires. Le seul qui nous semble mériter une mention est l'entreprise audacieuse du fameux voleur Mandrin, qui, entré au Puy, malgré la vigilance des employés, pilla la maison du capitaine général des fermes , força les prisons d'où il enleva plusieurs détenus, et se retira tranquillement pour exercer ailleurs ses brigandages ( 1754).
Le Puy, capitale de l'ancien Velay, et siège des États particuliers de ce pays , était autrefois une place de guerre très-forte , et passait pour la sixième ville du Languedoc. Ses armoiries, qu'elle fut autorisée à reprendre sous la Restauration, par une ordonnance royale, sont semées de France à l’aigle if argent au vol abaissé, brochante sur le tout; Vécu accolé de deux palmes de sinople liées d'azur. Ces j
armes lui furent accordées sous Hugues Capet, vers l’an 9U2, à la sollicitation de Guy Foulques , évêque du Velay. Le Puy a aujourd’hui une société d'agriculture, sciences et arts, un musée de tableaux , de statues et d'antiquités , une bibliothèque, un collège, un tribunal de première instance et un tribunal de commerce. Cette ville est toujours le siège d'un évêché : on y compte plus de 15,000 éiues ; le département de la .Haute-Loire dont elle est le chef-lieu , renferme près de 299,000 habitants, et l'arrondissement 132,500. Espaly, dans le canton même du Puy, en a 1,200 environ. Outre les personuages célèbres que nous «
avons eu occasion de nommer dans le cours de cette notice, le Puy a vu naître le pape Clément IV, élu dans le xili* siècle; le littérateur Irait; le peintre Foyer; les Guy, père et fUs, peintres tous les deux, l'un surnommé le Grand , l'autre l’Ulustre, le premier, connu en Italie sous le nom de Guido Francisco, le second.